Burkina Faso: «Affaire charbon fin» - Le procès renvoyé en octobre 2019

Deux causes justifient le renvoi du dossier en octobre prochain selon Me Rodrigue Bayala, avocat de la partie civile. « D'abord, la juridiction n'est pas régulièrement composée.

En fait, il s'agit d'une juridiction spécialisée chargée de connaitre des infractions en matière économique et financière des crimes organisées donc, les magistrats qui composent cette chambre ont été désignés nommément et ont suivi une formation à cet effet.

Il y a un des membres qui est en vacance et c'est ce qui fait que la juridiction n'est pas régulièrement composée.

La deuxième cause, c'est la demande de renvoi des avocats des prévenus. Ils ont souhaité un renvoi pour prendre suffisamment connaissance du dossier» a fait savoir Me Bayala.

Notons que la société Essakane SA a toujours rejeté toutes les accusations qui sont formulées contre elle.

Pour Me Moumouni Kopiho, avocat de la défense, ladite société est une société « hautement » citoyenne : « Essakane est le premier employeur privé au Burkina Faso avec 2500 emplois permanents et qui a reversé au titre de l'année 2018 près de 45 milliards de FCFA au trésor public. C'est une société qui produit 15 tonnes des 50 tonnes de production annuelle du Burkina.

Lorsqu'on vient dire qu'une telle société a fraudé pour moins de 100 kilos d'or, voyez vous qu'il y a de quoi se défendre. Il ne faut pas laisser lyncher des sociétés qui ont une vocation à travailler normalement pour se faire de l'argent ».

Il a aussi fait savoir que ce n'est pas la première fois qu'Essakane exploite du charbon fin. « La première opération a eu lieu sous la transition, il y a eu trois ministres des mines qui ont connu ce dossier.

Nous sommes assez surpris que cette fois, cela prenne cette ampleur et qu'au lieu de chercher les véritables coupables d'une fraude s'il y en a , on essaie de monter la population et l'opinion publique contre la société » a-t-il ajouté.

La partie civile et le parquet ont quant à eux protesté contre l'absence de certains prévenus comme la société minière.

D'après Me Bayala, le principe de droit et l'obligation légale veulent, que lorsqu'un individu reçoit une cotation pour comparaître devant un tribunal, sauf excuse valable, il a l'obligation de se présenter le jour, à l'heure et au lieu indiqué. A cet effet, le procureur a « promis » prendre ses responsabilités.

En rappel, le 31 décembre 2018, l'opinion publique a été informée de la saisie et de la mise sous scellée judiciaire à Bobo- Dioulasso d'une trentaine de conteneurs de charbon fin contenant de l'or, de l'argent et d'autres minerais sur le point d'être exportés vers le Canada.

Les informations rapportées faisaient état d'une « tentative d'exportation frauduleuse d'or, maquillée en exportation de déchets de charbon ».

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