Congo-Kinshasa: Corruption et évasion fiscale en RDC - Saleh Assi dans le viseur d'Interpol

En République démocratique du Congo, la corruption est une gangrène qui exerce un effet d'apesanteur sur l'effort national de développement. Conscient de cet enjeu, le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s'est engagé à tout mettre en œuvre pour venir à bout de ce fléau.

Un plan national de lutte contre la corruption devait être mis en œuvre pour anéantir tous les réseaux mafieux qui prolifèrent en RDC. L'un d'entre eux, alimenté par M. Saleh Assi, un ressortissant libanais, est dans le viseur d'Interpol. De graves soupçons de corruption et d'évasion fiscale pèsent sur lui.

Au moment où les autorités congolaises ont mis le cap sur la recherche de solutions pour mettre un terme à la corruption, à l'évasion fiscale et à tous les autres maux qui rongent l'économie congolaise, certains citoyens congolais et leurs affidés expatriés jurent sur tous les toits d'annihiler tous les efforts du gouvernement allant dans le sens de la lutte contre la corruption. C'est un défi qui est lancé au pouvoir public.

Si, dans le secteur public, la corruption s'est presqu'institutionnalisée, le secteur privé n'échappe pas à la règle. Les privés sont généralement au centre de vastes réseaux mafieux, d'où s'échappent des millions de dollars américains, censés servir au financement de l'économie nationale.

Dans le lot de fossoyeurs de l'économie congolaise, des langues citent un certain M. Saleh Assi, sujet libanais, dont les ramifications s'étendent jusque dans une entreprise exerçant en RDC et spécialisée dans l'importation de la farine de froment ainsi que dans la fabrication du pain. Ardemment recherché au Liban par Interpol, des langues affirment que la Police des polices avait émis à partir de Beyrouth, capitale du Liban, un avis de recherche au mois de février 2019, lui reprochant ses frasques économiques en RDC.

L'arbre qui cache la forêt

Présenté comme un investisseur en RDC, le parcours de ce sujet libanais est parsemé de zones d'ombre. Des sources judiciaires congolaises affirment que Saleh aurait eu des démêlés avec un ancien officier supérieur des Forces armées de la RDC avec qui il s'était associé pour l'implantation à Kinshasa d'une minoterie. Par un coup de magie, dont il est le seul à avoir le secret, Saleh a fini par neutraliser cet officier supérieur de l'armée, devenant par la ruse le seul propriétaire de la Mino Congo. Cette affaire, qui avait pourtant soulevé des vagues à l'époque, a été mise au placard pour des raisons qui restent encore inconnues. Une fois de plus, le vaste réseau qui le couvre à partir de Kinshasa a vite étouffée cette affaire devant la Justice.

Un autre fait, non de moindre, sur lequel enquête Interpol/Liban, est celui qui remonterait en 2017 où le même sujet libanais a non seulement menacé de mort des paisibles citoyens congolais, mais aussi fait séquestrer un autre partenaire avec qui il devrait monter une compagnie de vente des ustensiles, des fours et ses dérivés. L'affaire a été depuis lors portée devant les autorités libanaises, notamment à Interpol/Liban, à en croire l'avis de recherche lancé depuis Beyrouth.

Pendant ce temps, à Kinshasa, M. Saleh se la coule douce, couvert par ses solides parapluies dans les Cours et Tribunaux de la RDC. Pour qui roule Saleh Assi ? Pourquoi la Justice congolaise peine-t-elle à le neutraliser ? Quelle est la portée réelle de sa contribution à l'économie congolaise en tant qu'investisseur? Des questions qui taraudent les esprits les plus lucides.

Alors qu'un nouveau pouvoir s'est établi à Kinshasa depuis janvier 2019, il y a bien des dossiers sales pour lesquels on attend voir la Justice dire véritablement le droit. La portée de la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale passe également par là. Le temps est à l'action pour mettre hors d'état de nuire des hors-la-loi qui ont pendant longtemps profité des faiblesses de la RDC pour saigner à blanc l'économie congolaise. M. Saleh en est juste un échantillon. D'autres sont tapis dans l'ombre.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.