Guinée: L'écrivaine Maimouna Marlee sur son roman qui dénonce les problématiques des violences faites aux femmes

Après son entrée officielle dans la cour des écrivains guinéens à travers son roman "Tant que le Soleil Brillera... " qu'elle a dédicacé en juillet dernier dans un réceptif hôtelier de Conakry, Maimouna Marlee Camara est revenue sur le contenu essentiel de son œuvre lors d'une interview qu'elle a accordée à notre rédaction, le mardi, 6 août.

Comme constaté, en Guinée très rare des femmes qui se lancent dans la littérature. Quant à Maimouna Marlee Camara, elle a décidé de goûter cet univers à travers son tout premier essai "Tant que le Soleil... " édité par la maison d'édition Jets d'Encre.

C'est un livre qui relate des faits de société et par la même occasion qui dénonce des violences faites aux femmes dont l'excision.

Lors de notre entretien, l'écrivaine nous a précisé que c'est un livre qui traite les problématiques des violences faites aux femmes dont l'excision à travers l'histoire de deux sœurs.

« J'ai relaté un peu leur parcours et dans cette trajectoire, il y a des drames qui se dessinent dont l'excision. Donc, les personnages de mon livre vont justement amener leur vision de cette problématique qui touche notre pays aujourd'hui ».

De nos jours, force est de constaté que la Guinée est parmi les pays qui sont les plus touchés par ce fléau et à travers cette fiction, la jeune dame a relaté ce drame dans son roman.

« C'est une façon pour moi de sensibiliser les personnes sur ce problème qui touche notre pays et l'examiner d'une certaine manière à avoir le courage de renoncer à cette tradition qui est néfaste ».

Parlant du choix du titre de son roman "Tant que le soleil brillera... "

« Je voudrai à travers ce titre dire que quel que soit les difficultés qu'on traverse ou les drames qu'on puisse traverser, il y a toujours de l'espoir. Je ne voulais pas m'arrêter le côté sombre de ce problème qui concerne l'excision. Je voulais d'une certaine manière dire qu'on peut y arriver au bout du tunnel.

On peut voir la lumière de l'autre côté du tunnel et aussi dire aux jeunes de mon âge et moins âgés que moi qu'il y a en fait une solution à toute problématique.

Donc, de ne pas baisser les bras. Avoir le courage de regarder aux choses qui sont un petit peu moins flatteurs pour notre pays et avoir le courage de renoncer », a souligné l'auteur.

Contrairement aux autres femmes qui ont du mal à s'en sortir malgré leur talent et qui ne se consacrent juste à leur genre, Maimouna pense que le problème de genre ne doit pas empêcher une personne à évoluer ou à réaliser ses rêves. Il suffit juste d'être courageux et persévérant.

« Souvent les gens m'identifie en disant vous êtes une jeune femme vous avez fait ceci... en fait je ne conçois pas les choses comme ça.

Dans ma famille, particulièrement, on est vu comme un individu avant tout. Le fait de mettre un genre sur la personne, c'est comme-ci on le mettait dans une espèce de moule.

Donc, on dit comme tu es une jeune femme c'est un mérite où un exploit de la richesse, non ça n'a rien à voir. On peut être une jeune femme ou un jeune homme et accomplir les mêmes choses.

Aujourd'hui, je dirai aux femmes avant toute choses considérez-vous comme des individus et ne vous limitez pas à votre genre féminin pour dire, puisse que je suis une femme, je dois à ma charme.

La notion du féministe, je n'adhère pas totalement. C'est vrai que mon discours peut assimiler au féminisme mais je considère qu'il faut aller au-delà de ça ».

Parcours de l'écrivaine

Maimouna Marlee Camara est née à Conakry en 1982. Elle est partie pour la France à l'âge de 15 ans où elle a effectué ses études secondaires universitaires.

Elle a un double Master en communication et en relation internationale et elle a exercé en tant que journaliste pendant 11 ans en France avant d'être dans la communication institutionnelle qu'elle jumelle de nos jours avec l'écriture qui est sa passion depuis ses 6 ans.

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