Cameroun: Monnaie - Le désamour des petites pièces

Commerçants et usagers utilisent divers prétextes pour refuser l'argent sous cette forme, à cause de son caractère encombrant et sa faible valeur.

Si les pièces de monnaie se font rares ces derniers temps à Yaoundé, celles de 1F, 5F et 10F semblent être disponibles en quantité. Sauf que les Camerounais ne semblent pas particulièrement les affectionner. Comme ce conducteur de taxi qui a préféré laisser partir ce client qu'il avait transporté du lieudit Carrefour Tam-tam pour le quartier Mvan, au lieu de percevoir les 50 pièces de 5f que lui remettait ce dernier. Comme lui, de nombreux commerçants refusent ces pièces de monnaie. Les usagers non plus n'accueillent pas cette monnaie à bras ouverts. « Nous refusons ces pièces parce que nous savons qu'il nous sera difficile de les utiliser plus tard. Lorsque vous allez chez les commerçants au quartier, ils refusent, vous allez au marché, les vendeurs refusent.

La solution, c'est de les ramener dans une grande surface, ce qui n'est pas toujours évident », confie Thérèse Manga, enseignante. En effet, plusieurs raisons peuvent expliquer cette aversion pour ces pièces. Déjà leur taille. Les uns et les autres estiment qu'elles sont trop petites. Elles font surtout peser le porte-monnaie, comme l'indique cette consommatrice. « C'est très encombrant. Même à la maison, on ne sait pas où les ranger. Je préfère refuser quand on me rembourse cela ou je complète mes achats », poursuit- elle.

Ainsi, pour l'économiste Fabien Ntonga Efoua, « le fait de ne pas accepter les pièces de valeur inférieure ou égale à 10F crée un besoin que ne peuvent satisfaire les seules pièces de 100F, 50F et 25F ; d'où la raréfaction de ces dernières. D'autre part, ces nouvelles pièces - dont la fabrication s'arrime aux standards internationaux en termes de dimensions et de poids - contribuent à contenir la hausse des prix », explique-t-il.

L'importance des petites pièces dans le circuit de consommation n'est donc plus à démontrer. En plus de la préservation du pouvoir d'achat, « ces pièces servent au règlement des transactions de faible montant notamment à l'achat d'articles tels que les friandises, le pain, les journaux, etc. Leur importance au quotidien est indéniable », renchérit l'économiste. Pour l'heure, ces pièces sont acceptées sans problème dans les grandes surfaces, les points de paiement des factures d'électricité et d'eau, les pharmacies, les boulangeries. D'après Fabien Ntonga Efoua, une campagne de sensibilisation des usagers s'impose sur les avantages de l'utilisation de cette monnaie. Il faut rappeler que d'après le Code pénal camerounais, est passible d'un emprisonnement de 10 jours à trois mois et/ou d'une amende de 1000 à 100 000F, toute personne qui refuse une monnaie ayant un cours légal.

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