Congo-Brazzaville: Couleurs de chez nous - Ressortissants de...

Les Congolais ont tendance à dire qu'ils se sentent à l'aise chez eux au Congo. Ils n'ont pas tort car il suffit de visiter les villes et localités de ce pays pour constater que les autres ethnies ont leur place à côté de la principale qui est censée régner sur la localité. Si Djambala est présenté comme le fief des Nzikou, les Kongos ou Mbochis y sont présents tout comme à Mossaka où l'on peut croiser un Bembé de même qu'à Pokola où Mbetis et Akouas se bousculent avec les Bomitaba et les Vilis alors que les originaires de la cité sont des Sanga-Sanga auxquels s'étaient joints des Bongili. Ce tableau laisse voir combien le Congo est intégré sur le plan national par ses populations.

Pourtant quelques velléités identitaires ne manquent pas ainsi que nous le vivons à travers les banderoles et affiches sur lesquelles on peut lire des messages qui appellent les « ressortissants de » à des réunions ou assemblées pour le développement de leurs districts et villages. Un prétexte pour fédérer tous ceux des leurs qui vivent à Brazzaville, à Pointe-Noire ou à Ouesso.

Ici, ce n'est plus l'ethnie qui commande. C'est le village ou le district. On ne dit pas « Tous les Batékés, Mbochis, Gangoulou, Laris, Bembé ou Dondo, etc. sont invités à... ». On dit plutôt « les ressortissants de Mbé, Kindamba, Ewo ou Sibiti... »

Comme quoi, l'évocation de l'ethnie sur la place publique peut choquer les autres communautés ! Ainsi, bien que Kongo, ce citoyen ne peut se présenter à la rencontre des ressortissants de Boko s'il n'en pas originaire. Pareille pour ce natif d'Ollombo qui n'est pas le bienvenu à une réunion des ressortissants de Tchikapika ou d'Ongogni bien que partageant la langue parlée.

C'est pour les mêmes raisons qu'un natif d'Oniamva pourrait susciter des mécontents chez lui s'il construisait une maison à Kébara. Sauf son épouse y est ressortissante. On ne pardonnerait pas non plus à ce Congolais originaire de Divénié qui choisit d'aller construire à Bambama. Cependant, chaque Congolais est libre d'élever sa case à Ouesso, Owando ou Nkayi sans que l'acte ne soulève l'ire des siens. À quelques exceptions près ! Parce que ce sont des villes déjà affranchies.

C'est ainsi que l'arrivée d'un leader politique de Gamboma à Mossendjo avait provoqué la polémique au sein de la population lorsque les ressortissants de chez lui se sont organisés avec des affiches pour lui réserver un accueil particulier. Pour les autres, ce leader avait un message national à l'endroit des citoyens de Mossendjo et ils voyaient de mauvais œil que ceux de la localité du Nord du pays citée s'approprient cet acteur politique.

Cette anecdote montre à suffisance les contradictions et autres paradoxes que les Congolais produisent. Car, une fois à l'étranger, aux côtés d'autres communautés, le rapprochement est d'abord national, sous-régional et parfois continental. Comme pour le football : on supporte d'abord le pays, le pays voisin puis n'importe quel pays africain quand celui-ci joue avec celui d'un autre continent.

Véritable jeu de balançoire pour le cœur !

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