Niger: Le GIEC invite à une gestion plus responsable des ressources naturelles

Lydia Ekeno et sa petite fille âgée de sept mois à qui on a diagnostiqué une malnutrition aiguë sévère en janvier 2019.

Dans le rapport publié ce 08 août, les experts onusiens recommandent une gestion durable des terres et eaux. C'est le cas dans l'est du Niger où l'aridité du sol est un handicap majeur pour l'agriculture.

A Sargadji, dans la région de Dosso, dans l'est du Niger, le sol est totalement asséché sous l'effet de la chaleur. Certains paysans n'ont d'autres choix que de quitter le village pour une autre localité. Moussa Sounna lui, est resté. "C'est un travail rémunérateur. Donc ca empêche les jeunes de rentrer dans des groupes terroristes ou à faire l'exode. Parce que avant l'exode était développé. Maintenant avec ce travail, on a réduit les départs et le coût,"explique Moussa.

L'aridité du sol est un handicap majeur pour l'agriculture. Le sol est lessivé et fendu à des endroits mais cela ne décourage pas Sounna Moussa. Un compas géant fabriqué par le forgeron du village, une pioche et une pelle et pour lui, le tour est joué. "Ca permet de récupérer de l'eau, ca évite le ruissellement qui crée l'érosion. Maintenant, l'érosion n'aura plus lieu," explique-t-il.

Moussa et ses enfants construisent des canaux d'irrigation en forme de demi-cercle afin de pouvoir retenir les eaux de pluie. Dans la région, il pleut rarement. La technique aide à faire pénétrer l'eau dans la terre plutôt que de la laisser s'écouler en surface. Ceci permet de maintenir la terre humide et ainsi faciliter la régénération de la végétation et des terres agricoles. "La limite de ce travail, il y a le manque de moyen. On ne peut pas venir faire ce travail, le ventre creux," confie l'agriculteur.

Aujourd'hui, le sol est très dur et le travail est ardu. Dans les demi-cercles, Moussa plante des arbres de petites tailles qui résistent au climat hostile. Et entre les arbres, des produits vivriers tels que le haricot, le maïs ou encore le millet sont cultivés. Cette technique, très rependue au Niger, a permis à Moussa de régénérer un peu plus de 50 hectares de terre ces quatre dernières années.

A Sargadji, Moussa est nommé le " champion ". Et ceux qui ont le courage de Moussa sont rares dans la région.

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