Ile Maurice: Boisson nationale - Pearona prend un coup de jeune

«C'était un incontournable. Il n'y avait pas d'anniversaire sans Pearona. J'ai célébré plusieurs fêtes pour mes enfants avec Pearona», se souvient Mirella, 53 ans, secrétaire administrative. La nouvelle identité visuelle de cette boisson a été dévoilée le 7 août par PhoenixBev.

Doté d'une bouteille plus moderne et misant sur le vert, ce breuvage pétillant à la poire était surtout privilégié par les familles lors des célébrations depuis environ 40 ans. «À mon époque, la bouteille se vendait à environ Rs 15. Ma mère me disait toujours d'en acheter à la boutique pour accueillir le nouvel an», raconte Hanslall Seebaruth, président du Senior Citizens Council.

Dans ces célébrations, les mariages ne sont pas en reste, confie Philippe Boudou, directeur de Philippe Catering depuis 30 ans. «Quand le champagne sans alcool est arrivé, il y avait un craze. Mais le Pearona est toujours apprécié et même mieux vendu. En assurant le service pour les mariages, on voit nettement les Mauriciens qui en sont toujours friands, jusqu'à aujourd'hui. Son goût est frais et son apparence rappelle le champagne justement.» Selon lui, pour une réception de 100 personnes, une douzaine de bouteilles suffit pour arroser l'événement.

Fabriqué en brasserie

Comme le souligne Gervais Rambert, maître brasseur chez PhoenixBev, ce breuvage s'est fait une place de choix dans les habitudes festives des Mauriciens : «C'est une boisson de partage avant tout. Elle est née du savoir-faire mauricien et a été lancée à la fin des années 1980 pour son côté rafraîchissant et sans alcool, qui rappelle un vin blanc mousseux.»

Fabriquée en brasserie, la production annuelle se situe entre 15 000 et 20 000 hectolitres. Au fil du temps, le processus s'est modernisé, proposant des bouteilles, chopines et cannettes. Du coup, la jeune génération aussi y prend goût. «C'est une boisson légère et désaltérante qu'on consomme à tout moment de la journée. On a l'habitude de la boire entre amis avant les cours», explique Sophie, étudiante de 22 ans. D'ailleurs, comme le souligne Hanslall Seebaruth, même ses petits-enfants s'y mettent : «Ils me disent toujours de ne pas oublier de leur en acheter. Et pas juste pour leur anniversaire.»

Où est passé le Cidona ?

Si le Pearona est toujours une bonne poire, le Cidona semble être tombé dans les pommes. Cette boisson a disparu des rayons depuis plusieurs années. Celle-ci était aussi servie lors des célébrations, indiquent nos interlocuteurs. Mais d'après Philippe Boudou, le Cidona a moins bien marché que le Pearona. «Je crois que le goût était trop prononcé. La boisson à la poire était plus légère et passait mieux.» La cannette jaune à la pomme a ainsi tiré sa révérence.

Patrice Sheik Bajeet: «Nous étudions les possibilités d'exportation»

Qu'est-ce qui change avec le rebranding ?

C'est avant tout un rafraîchissement de la marque. Les nouvelles bouteilles et le nouveau slogan ont été lancés pour donner un coup de jeune à ce produit 100 % mauricien. Même si la recette reste intacte. Il y avait un besoin d'apporter du peps et de la modernité à cette boisson mythique pour que la nouvelle génération puisse s'y identifier.

Nous voulions, aussi, mettre en avant le côté naturel de Pearona et montrer que même sans alcool, on peut faire la fête. Nous voulions rappeler ces valeurs tellement mauriciennes que sont la joie de se rassembler et la célébration de grands moments ensemble.

Quel est le profil de la clientèle ciblée par cette boisson ?

Un vrai Mauricien ne peut y résister. La cible est donc tous les Mauriciens de 7 à 77 ans. On parle ici plus de cible d'occasion : c'est quand le bon moment pour un Pearona ? C'est lors de fêtes en famille, entre collègues. Mais vous allez aussi en trouver dans les «baz minn» car c'est l'accompagnement par excellence des mines bouillis !

Qu'en est-il de la présence de Pearona dans la région ?

Cette boisson est unique et populaire grâce à son histoire. Ceci dit, nous avons eu pas mal de demandes d'autres marchés de l'océan Indien et de l'Afrique pour sa distribution. Nous étudions actuellement les possibilités d'exportation.

Mais il fallait d'abord harmoniser le packaging, d'où le rebranding actuel, et trouver des axes de communication universels avant de pouvoir s'exporter. Cette catégorie de boisson, fruitée et pétillante, doit aussi se décliner en d'autres parfums pour être crédible ailleurs. Nous y travaillons.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.