Sénégal: Fermeture de Sandaga - Avis partagés de commerçants et d'usagers

Dakar — La fermeture annoncée du marché Sandaga, grande place marchande du centre-ville dakarois, ne fait pas l'unanimité chez les marchands ambulants dont certains redoutent cette perspective, d'autres plus en accord avec les riverains et les usagers, la jugeant au contraire salutaire.

Dans le cadre des opérations de désencombrement entreprises par les pouvoirs publics sénégalais, les autorités ont annoncé avoir décidé de fermer le marché Sandaga dont les bâtiments mal entretenus et menaçant ruine, représentent un danger pour les populations.

Papa Ndiaye, tailleur installé au marché Sandaga, parle de la fermeture de cette célèbre place marchande comme d'un "réel problème car le marché Sandaga est un lieu d'échanges et sa fermeture anticipée à la veille de la Tabaski pourrait créer une révolte des marchands".

Les autorités "pouvaient attendre après la fête de la Tabaski pour fermer le marché, car nous sommes toujours en train d'écouler nos marchandises pour la Tabaski et nous ne pouvons pas fermer boutique parce que les charges sont nombreuses", dit Alassane Doumbia, trouvé devant sa cantine.

Il juge pourtant que cette réserve mise à part, les commerçants devraient être contents de cette décision de l'Etat, "car c'est pour notre propre intérêt, nous serons plus en sécurité et nous ne serons pas tout le temps inquiets des risques d'un effondrement ou d'un incendie".

Moussa Ly, un marchand ambulant, fait observer que beaucoup de commerçants "ont déjà quitté le bâtiment", manière de balayer d'un revers de la main les risques sécurités mis en avant par les autorités.

Il renseigne que certains commerçants "sont aux alentours pour vendre, ils n'ont pas le choix", avant d'ajouter que les autorités "ne peuvent pas fermer le marché ce samedi, car c'est la période de la Tabaski, les clients viennent nombreux et nous en profitons pour écouler nos marchandises".

Amadou Wagne, un usager, semble plutôt réservé sur la question, invoquant les conséquences d'une éventuelle fermeture de Sandaga.

"C'est à l'Etat du Sénégal de leur apporter son soutien, car fermer le marché Sandaga peut s'avérer difficile pour certains pères de famille", souligne-t-il, avant d'insister sur la nécessité de mettre des cantines neuves le plutôt possible en cas de fermeture du marché.

Sinon, prévient Amadou Wagne, les commerçants "risquent de hausser les prix", ce qui serait selon lui préjudiciable pour les citoyens et consommateurs.

Selon Birane Diop, le bâtiment principal du marché Sandaga "devait être démoli depuis longtemps car il constitue un danger, le bâtiment ne tient plus et les circuits électriques ne sont pas dans les normes".

"Il peut s'effondrer à n'importe quel moment, alors c'est bien que l'Etat prenne les devants", mais une fois le marché fermé, il doit être reconstruit "dans les meilleurs délais afin que les commerçants puissent accéder aux cantines et travailler dans de bonnes conditions", ajoute Birane Diop.

Le seul hic, c'est que cette décision pourrait ne pas être au goût de tout le monde au risque d'inciter les mécontents à se frotter aux forces de l'ordre, souligne le marchand ambulant.

"Le marché est enclavé, la circulation est difficile, je pense que c'est une bonne initiative" de le fermer, "car cela permettrait de moderniser le marché Sandaga et de mettre en place un bon dispositif de sécurité", fait valoir Aïssatou Fall, une étudiante.

"Lorsqu'on voit ce bâtiment, nous pouvons remarquer qu'il n'est pas dans un bon état, du jour au lendemain il peut s'effondrer et causer des dégâts matériels mais aussi des pertes en vie humaine", soutient l'étudiante.

Babacar Fall, presque excédé par la situation, est du même avis, mais en plus tranché : "Il y a trop d'embouteillages actuellement à cause des marchands ambulants et des vendeurs qui occupent la chaussée, étaler leurs marchandises sur le trottoir empêchent les passants de circuler et de vaquer à leurs occupations", déplore-t-il.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Sénégal

Plus de: APS

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.