Sénégal: Les vendeurs de moutons maliens en habitués du marché dakarois

Dakar — Les nombreux éleveurs maliens qui exposent leurs moutons aux abords du stade Léopold Sédar Senghor et dans d'autres points de vente réputés de Dakar, contribuent au bon approvisionnement du marché national en moutons à l'approche de la fête de Tabaski.

Les vendeurs maliens, qui ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres pour rallier la capitale sénégalaise, ont pour la plupart pris quartier aux alentours du plus grand temple de football au Sénégal.

Ils sont installés là le temps d'écouler les milliers de moutons transportés par camions depuis leur pays, en réponse à l'appel du gouvernement sénégalais.

Vêtu d'un "bogolan", une tenue traditionnelle autrefois portée par des guerriers et féticheurs maliens, Ismaïla Diarra, qui fait le décompte de son troupeau arrivé dans la nuit, fait partie de ces vendeurs maliens qui squattent ces lieux depuis plusieurs années.

"Je suis revendeur de moutons. Et c'est une activité que je pratique depuis plusieurs années au Sénégal, où je viens vendre également en dehors de la période de Tabaski des tissus en bazin et des teintures du Mali", explique-t-il.

Revenant sur leur long périple, il déclare que lui et ses compatriotes n'ont rencontré aucune difficulté sur le chemin.

Le convoyage du bétail s'est fait sans heurts, comme l'avaient promis les autorités sénégalaises, lesquelles, a-t-il dit, s'étaient rendues récemment au Mali pour discuter avec eux des conditions et facilités de leur déplacement.

"J'ai acheminé 288 moutons, que j'ai embarqués dans deux camions. Et pendant les trois jours qu'a duré le trajet, nous n'avons pas eu de difficulté, ni avec les gendarmes encore moins les douaniers", a témoigné ainsi ce revendeur originaire de la région de Bandiagara.

Les seuls contrôles qu'ils ont subis, dit-il, ce sont les consultations vétérinaires effectuées par les services de l'élevage, à la frontière entre les deux pays, pour s'assurer de la bonne santé des moutons.

Ama Dicko, autre éleveur malien, fustige pour sa part l'attitude de présumés agents municipaux qui viennent régulièrement leur réclamer de payer des taxes.

"L'Etat du Sénégal nous avait promis qu'on allait rien payer pour occuper ces lieux. Maintenant, depuis une semaine que je suis ici, chaque jour, il y a de soi-disant agents de la municipalité qui viennent exiger de nous le paiement de taxes sans aucun document à l'appui", s'offusque-t-il.

Le sexagénaire, qui capitalise plus de 20 ans d'expérience, se dit satisfait du marché sénégalais qui lui permet d'écouler chaque année tous ses moutons.

Trouvé sous une tente en train de fumer une pipe, à côté de moutons blancs et d'autres tachetés de marron blanc, Amadou Dicko déplore lui les difficultés d'accès à l'eau et à l'électricité.

Venu de Ségou, il confie que le fut d'eau coûte 1000 francs et dénonce l'absence de l'éclairage public.

A cause de l'obscurité, déclare-t-il, ils sont obligés de monter la garde à tour de rôle pour empêcher toute infiltration des voleurs rôdant dans les parages.

Amadou Dicko, qui en est à sa quarantaine "opération Tabaski" au Sénégal, reste nostalgique du règne de l'ancien président de la République, Abdou Diouf, qu'il qualifie de "belle époque".

"Durant cette époque, on écoulait facilement nos moutons, car il y avait des gens qui venaient régulièrement en acheter des dizaines pour les redistribuer ensuite", explique-t-il.

Variant entre 75.000 et 500.000 FCFA, ces moutons venus du Mali sont presque tous vendus au Sénégal, les éleveurs évitant en général au maximum de ramener des invendus pour éviter des frais de transport supplémentaires.

Ils devraient libérer les lieux au plus tard cinq jours après la Tabaski, selon les vœux des autorités municipales.

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Plus de: APS

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