Congo-Brazzaville: Mutanda Mining - Aucune vente des actions en perspective

L'exploitant du site, en l'occurrence le suisse Glencore, n'est pas prêt de vendre la société ou d'arrêter définitivement ses activités. Au fait, sa toute dernière communication ressemble davantage à un recadrage du débat après la controverse suscitée par la lettre de la direction aux employés annonçant l'arrêt prochain des activités de production sur le site.

La compagnie suisse Glencore ne disparaîtra pas de sitôt du paysage minier de la RDC. Elle chercherait même, selon son dernier communiqué, à rebondir. En effet, dans ce document, la direction fait une série d'annonces pour tenter de décrisper une tension provoquée par la prochaine fermeture de Muatanda Mining. De prime abord, il n'est pas question de fermer définitivement ses portes en RDC, mais plutôt d'interrompre les activités sur le site pendant une période de deux ans. Cette précision manquait cruellement dans la publication des grandes lignes de la lettre qui a déclenché beaucoup de réactions à divers niveaux de la vie nationale. La compagnie va plus loin en annihilant les derniers doutes possibles : « Glencore ne vendra jamais ses actions et ne fermera pas non plus ».

La deuxième annonce forte est la raison de la fermeture du site de Mutanda Mining qui reste effective. Officiellement, il n'est plus question non plus d'une décision consécutive à un environnement international plus morose pour le cuivre et surtout le cobalt. Le Lualaba, province d'origine du site Mutanda Mining, est présentée comme la capitale mondiale du cobalt. Explicitant le sens de sa démarche, la direction de la compagnie parle d'une fermeture de deux ans pour « procéder aux travaux d'entretien et organiser des formations pour renforcer les compétences de son personnel ».

Enfin, la grande annonce qui brule sur toutes les lèvres : le sort des travailleurs. Avec la fermeture « même temporaire », la question est de connaître l'incidence exacte sur l'emploi. Il n'y en aura visiblement aucun :« Aucun autochtone ne perdra son boulot ». Par ailleurs, la direction va plus loin en anticipant une réponse sur une question cruciale qui s'ensuivait naturellement : « Nous allons garder notre boulot durant les vingt-quatre mois d'arrêt avec tous les avantages ».

Pour l'heure, aucune perturbation des activités n'est à l'ordre du jour : « La production va continuer jusqu'au mois de décembre 2019 ». Et après la fermeture de vingt-quatre mois, la vie reprendra son cours normal dans ce site, avec quelques projets à réaliser dont la construction d'un concentrateur. La compagnie suisse souhaite ainsi ne plus dépendre autant d'un autre site proche. L'objectif est d'arriver à traiter des minerais disposant de fortes teneurs en sulfure.

La nouvelle même rassurante effectivement peine à convaincre tout le monde d'autant que les esprits restent marqués encore par la dernière lettre attribuée à la direction de la compagnie et adressée aux employés. Il est difficile de croire en un processus accéléré de viabilisation seulement quelques jours après. Au-delà, les tendances sur le marché international n'ont pas évolué depuis la première annonce. Nous y reviendrons.

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