Libye: Reprise des combats entre les belligérants

Malgré la trêve proposée par l'ONU pour la période de l'aïd el-Kébir (fête du sacrifice), les affrontements ont repris entre les forces fidèles au Gouvernement d'union nationale (GNA) et celles du maréchal Khalifa Haftar, qui s'affrontent depuis quatre mois.

Selon des témoins, des tirs de roquettes ont visé, le 11 août, l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne, en violation de la trêve temporaire, réclamée à cor et à cri par la communauté internationale. Quant à l'aéroport de Tripoli, gravement endommagé en 2014 par des combats, il est toujours fermé.

L'aéroport de Mitiga, situé à quelques kilomètres à l'est de la capitale libyenne, située dans la zone contrôlée par le GNA « a été la cible de tirs au matin du premier jour de l'Aïd al-Adha », a indiqué la direction de l'aéroport sur Facebook. Et le trafic aérien a été suspendu « jusqu'à nouvel ordre », a ajouté la direction, qui a diffusé des photos montrant des colonnes de fumée à quelques mètres du tarmac, précisant que trois personnes qui se trouvaient dans un abattoir ont été blessées. Mais il n'y a eu aucune confirmation sur l'origine des tirs.

Le porte-parole du GNA, Moustafa al-Mejii, a aussitôt réagi à cette situation. « Les milices de Haftar ont violé la trêve à deux reprises », a-t-il dit. « La première fois en visant une habitation à Soug al-Jomaa (est de Tripoli), blessant trois civils, et la deuxième en touchant l'aéroport de Mitiga », a accusé le porte-parole.

Moustafa al-Mejii a ajouté que les forces du GNA ont effectivement « relevé les coordonnées des tirs de roquettes depuis les zones contrôlées par les milices de Haftar au sud de la capitale » et les ont transmises à la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul). « Les forces du GNA respectent jusqu'à présent la trêve mais elles détiennent tous les moyens de riposte à tout moment », a-t-il signalé.

Des tirs sur l'aéroport de Mitiga, ancienne plateforme militaire utilisée pour le trafic civil en remplacement de l'aéroport international de Tripoli, interviennent alors que le GNA avait accepté « une trêve humanitaire pour les jours de fête d'Al-Adha ». Les forces pro-Haftar avaient également souscrit à « l'arrêt de toutes les opérations militaires dans la banlieue de Tripoli ».

Notons à titre de rappel que l'opération des forces pro-GNA « Volcan de la colère » avait déjà accusé plus tôt les troupes du maréchal Khalifa Haftar de « violation de la trêve (...) après la chute de roquettes dans le quartier de Soug al-Jomaa ».

Les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont, quant à eux, appelé au respect de la trêve et exhorté les belligérants à « cesser effectivement les hostilités sur l'ensemble du territoire libyen ». Dans un communiqué commun rendu public le même jour, les cinq pays ont invité de nouveau « toutes les parties à œuvrer sans délais en faveur d'un accord de cessez-le-feu ».

Signalons que selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé, les combats aux abords de Tripoli ont fait millequatre vingt-treize morts et cinq mille sept cent cinquante-deux blessés, depuis le 4 avril, ainsi que plus de cent vingt mille déplacés.

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