Afrique: Aider les jeunes à être responsables de leur corps, de leur vie et du monde

NATIONS UNIES, New York - Le 12 août, chaque année, les dirigeant·e·s du monde entier publient des déclarations pour la Journée internationale de la jeunesse. À cette occasion, des personnalités importantes ont appelé à inclure davantage les jeunes dans les processus décisionnels. Elles ont rendu hommage aux actions des jeunes... puis ont finalement continué à diriger les choses.

La jeunesse est pourtant prête à passer à l'étape suivante.

La génération actuelle de jeunes (ce qui correspond à la tranche 10-24 ans) compte 1,8 million de personnes. C'est donc un quart de la population mondiale qui va devenir majeure dans un monde politique, social et économique en rapide mutation. Cette jeunesse exige plus d'écoute de la part de ses gouvernements et dirigeant·e·s : elle veut une place dans les discussions.

L'UNFPA partage ce point de vue. Ce lundi, l'UNFPA lance « Mon corps, ma vie, mon monde », une stratégie visant à émanciper les jeunes et leur permettre de faire leurs propres choix, pour décider eux-mêmes de leur avenir. La jeunesse pourra ainsi à son tour transformer le monde qui l'entoure et l'améliorer.

Cette année, à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse, l'UNFPA donne à entendre les voix de huit jeunes d'origines diverses. L'ensemble de leurs expériences démontre le lien qui existe entre leurs droits, leur corps, leur vie et notre monde.

Mon corps

Les dirigeant·e·s s'accordent à dire que la santé sexuelle et procréative et les droits qui s'y rapportent sont nécessaires au développement durable. Trop souvent, pourtant, les jeunes ne bénéficient pas des informations et des soins dont ils ont besoin.

« Je suis tombée enceinte à 14 ans. Je ne connaissais pas les méthodes de contraception. Je suis arrivée jusqu'au lycée sans qu'on ne m'ait parlé de ces choses-là ». Angie, Pérou

Les seules informations d'Angie sur la planification familiale sont venues des personnes de son âge. « Je n'ai jamais eu d'information à l'école. Je n'ai jamais parlé de cela avec ma mère non plus », explique-t-elle.

De l'autre côté de l'Atlantique, Takhona a fait face aux mêmes problèmes.

« Sans éducation, ce monde n'est rien » - Takhona, Eswatini

Comme Angie, on ne lui a pas parlé de la santé sexuelle et reproductive à l'école. « Je ne savais pas ce qu'était une grossesse, ni le VIH, ni les [infections sexuellement transmissibles] », se souvient-elle. Elle a cependant appris à se protéger grâce au programme Safeguard Young People, financé par l'UNFPA.

De la même façon, des informations fiables sur la santé procréative ont aidé Elizabeth Ayumpou Balang à prendre des décisions éclairées sur la maternité.

« Je fais mes propres choix » - Elizabeth, Soudan du Sud

« Si je respecte les normes culturelles, je ne suis pas censée avoir recours à la planification familiale », précise-t-elle à l'UNFPA. Après avoir eu un enfant alors qu'elle était encore adolescente, cependant, elle a voulu retourner à l'école. Son mari l'a soutenue.

Elizabeth est aujourd'hui enseignante, et partage ces leçons apprises avec sa classe : « Nous enseignons ces thèmes aux enfants pour qu'ils prennent conscience des problèmes liés au genre et de leurs droits, notamment les filles. »

Ma vie

Lorsque les jeunes ont la possibilité de préserver leur santé et lorsqu'ils bénéficient d'une scolarité ou de formations, ils peuvent surmonter de nombreux obstacles.

« Les jeunes filles comme moi évoluent malgré les difficultés que nous rencontrons au quotidien, car nous sommes poussées par nos aspirations. » - Shaina, Philippines

Ils sont également mieux à même de faire valoir leurs droits. « Pour moi et beaucoup d'autres filles, le fait que nos voix soient entendues est très important », déclare Shaina à l'UNFPA.

Les études ont aussi renforcé la capacité de résilience de Ghalia*. Elle a quitté l'école quand sa famille a fui les violences en Syrie, mais lorsqu'elle s'est inscrite à un cours d'alphabétisation, elle a senti que sa vie allait changer.

« Je me sens plus forte et plus indépendante maintenant que je sais que je vais apprendre à lire et à écrire. J'ai de l'espoir pour mon avenir, à présent » - Ghalia*, Syrie

En Éthiopie, Salia aussi a vu son horizon s'éclairer, grâce à une formation professionnelle. Grâce à un programme d'émancipation des filles, elle a pu commencer à élever du bétail. Son revenu l'a aidée à éviter d'être mariée à un âge précoce.

« Je suis devenue autonome. » - Salia, Éthiopie

Mon monde

Une jeunesse en bonne santé, bien informée et soutenue est capable de produire des changements positifs au sein de sa communauté ou de son pays.

Après avoir participé à un atelier de leadership au Népal, Sangita a mis en place un groupe de filles, qu'elle dirige et qui milite contre la violence basée sur le genre et le mariage d'enfants.

« Les connaissances que j'ai acquises lors de cette formation m'ont aidée à donner une voix à d'autres filles, pour qu'elles puissent reprendre le contrôle de leur vie et développer leurs compétences et leur leadership. - Sangita, Nepal

Enfin, en Ouganda, Matovu Badru Kasozi a participé à un programme jeunesse où il a appris ce qu'étaient des comportements sains et acquis des compétences commerciales. Aujourd'hui, il dispense à d'autres jeunes des formations sur leur santé et leurs droits.

Il dirige également sa propre petite entreprise, ce qui lui permet d'employer d'autres jeunes.

« J'ai la possibilité d'utiliser mon capital pour payer mes employés et investir le reste dans mon entreprise. » - Matovu, Uganda

Il souhaite que tous les jeunes puissent se sentir assez forts pour choisir leur propre voie. « Il faut savoir comment préparer sa vie, comment se battre pour elle. »

*Le prénom a été changé pour préserver l'anonymat

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