Burkina Faso: Dialogue social - L'UAS dénonce le mépris du gouvernement

La rencontre gouvernement-syndicats pour le titre de l'année 2017 avait débuté le 21 mai 2019. Mais Cette réunion s'était terminée en "queue de poisson" parce que les organisations syndicales avaient posé un préalable concernant la généralisation ou non de l'impôt unique sur le traitement des salaires (l'IUTS) sur les indemnités et les primes des travailleurs.

A l'époque, le chef du gouvernement, Christophe Dabiré avait pris l'engagement de recontacter les organisations syndicales après avoir fait des investigations sur l'existence de ce dossier. Ce qui sera fait le 5 juillet dernier à la Primature.

Pour Yamba Georges Kouanda, président du mois de l'UAS, au cours de cette audience, le Premier ministre « s'est engagé à fournir à l'UAS le rapport d'étude ayant porté, sur notre revendication relative à la suppression du prélèvement de l'IUTS, sur les primes et indemnités servies aux travailleurs du privé et du parapublic.

Il s'était également engagé, à mettre en place un comité bipartite pour examiner ces conclusions. Il avait aussi signifié, qu'à l'issue de l'examen du rapport de ce comité bipartite, par les parties gouvernementale et syndicale, la reprise de la rencontre était envisagée, suivant le chronogramme du Gouvernement, pour le 22 juillet 2019 ».

Les syndicalistes disent avoir été surpris de la volte-face gouvernementale au cours de la rencontre bipartite.

M. Kouanda a estimé que cette commission bipartite devait permettre aux parties de discuter sur les propositions du gouvernement mais cela a été l'occasion pour l'exécutif d'affirmer sa même position, qui est la généralisation de l'application de l'IUTS sur les primes et indemnités.

Chose qu'a refusé la partie syndicale : « Suite à une mise au point par les représentants de l'UAS, sur l'ordre du jour des travaux du comité bipartite, la partie gouvernementale proposera finalement, de faire parvenir à celle syndicale, d'autres propositions au plus tard le 17 juillet 2019, à 18 heures 00. Ces propositions ne sont jamais venues.

En lieu et place, l'UAS a plutôt reçu le 21 juillet 2019, une correspondance du Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection Sociale, annonçant le report de la reprise de la rencontre Gouvernement/Syndicat, initialement prévue débuter le 22 juillet, au 23 juillet 2019, avec un ordre du jour qui n'évoque, ni les travaux de ce comité bipartite, ni aucune des revendications transmis par correspondance au Premier Ministre le 5 juillet 2019 ».

Aussi, Yamba Georges Kouanda a précisé que ladite correspondance annonçait un 3e point dans l'ordre du jour à savoir l'analyse des revendications sectorielles sans autres précisions alors que l'UAS n'a pas les prérogatives pour gérer ce type de revendication.

Pis, le président du mois a ajouté que les deux points contenus dans leur correspondance le 5 juillet dernier n'ont jamais été abordés par le gouvernement.

Il s'agit du respect des conventions internationales dont celles N°87 de 1948 portant liberté syndicale et du droit syndical, et N°98 de 1949 portant sur le droit d'organisation et de négociation collective et la lumière sur l'assassinat des deux membres de l'Organisation Démocratique de la Jeunesse (ODJ) le 31 mai 2019, et sur les 11 victimes de juillet 2019, au sein des locaux de l'Unité de lutte contre la drogue à Ouagadougou.

« Face au mépris continue du gouvernement, qui chante à tue-tête le dialogue social tout en foulant au pied, le simple principe du respect de la parole donnée aux partenaires sociaux, l'UAS a adressé des lettres circulaires à ses structures de base pour les appeler à se mobiliser afin de contraindre le gouvernement et le patronat à traiter avec plus de sérieux, les organisations des travailleurs, ainsi que leurs préoccupations et d'exiger du gouvernement la fin des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales » a laissé entendre M. Kouanda.

Dans cette optique, l'UAS tiendra une rencontre nationale ce samedi 17 août 2019 avec l'ensemble des secrétaires généraux des centrales syndicales et syndicats autonomes pour envisager les actions à venir.

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