Afrique: Chine-Etats-Unis - Washington contre-attaque avec le lancement de la DFC en afrique

Les Etats-Unis annoncent le lancement, le 1er octobre 2019, de la U.S International Development Finance Corporation (DFC), la nouvelle agence américaine de financement du développement destinée à l'Afrique et à d'autres pays en développement, a-t-on appris.

Le président directeur général par intérim de l'Overseas Private Investment Corporation (Opic), David Bohigian, a confirmé l'information. Fruit de la Build, loi américaine pour " une meilleure utilisation des investissements au service du développement", la DFC est présentée comme un « outil de diplomatie économique destiné à contrecarrer l'influence de Pékin en Afrique". Sa création "fait suite à l'annonce du Parti communiste chinois de consacrer soixante milliards de dollars au financement de l'Afrique. C'est d'ailleurs le même montant (sur sept ans) qui sera consacré à la nouvelle agence par Washington", a expliqué le géoéconomiste Maurice Simo Djom.

La nouvelle agence regroupe les capacités de l'Opic et de la Development Credit Authority de l'Agence américaine pour le développement international (Usaid). Elle envisage de proposer " des produits financiers innovants permettant de mettre des capitaux privés à la disposition des pays en développement ". Le recours aux financements privés vise à réduire le contrôle du parlement américain en vue de proposer "une formule assez allégée qui permettra aux Africains de répondre plus aisément à leur besoin de financement de développement ", d'après l'analyste des questions géopolitiques, Joseph Lea Ngoula.

"Grâce à cette nouvelle agence, les États-Unis bénéficieront d'une plus grande souplesse pour promouvoir l'investissement dans les pays en développement " précise le gouvernement américain, conscient, semble-t-il, des erreurs stratégiques des occidentaux, suivies de "contraintes imposées", obligeant l'Afrique vers les financements chinois. La nouvelle proposition américaine, alliant flexibilité, et nouveau choix stratégique, compte se démarquer de l'offre chinoise, "prédatrice". " Le modèle américain se voudra plus responsable en ce sens qu'il y aura une attention plus importante portée sur l'empreinte écologique des projets qui bénéficieront de ces financements. Il y aura aussi une volonté chez les Américains de montrer que les projets soutenus ont un impact sur l'emploi local et favoriseront l'émergence des industriels locaux", indique le cofondateur d'Orin Consulting, spécialisé dans le conseil en intelligence, stratégie et influence en Afrique.

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