Madagascar: Formation des jeunes journalistes - Le béaba du journalisme collaboratif

La 7e édition de la formation des jeunes journalistes, organisée par Friedrich Ebert Stifung, a réuni de nombreux journalistes locaux le mardi 13 août au Sunny Garden Hôtel à Ankorondrano. Un rendez-vous où tous les participants pouvaient découvrir ou s'exprimer sur le « journalisme collaboratif ».

A 10 heures tapantes, divers journalistes issus de différents organes de presse avaient déjà pris place dans la grande salle du Sunny Garden hôtel. Ce qui n'est pas étonnant puisque la majorité des organes de presse malgaches sont localisés à Ankorondrano et les environs. Quant à la table des intervenants, on y a vu trois journalistes : madame Leila Minano, journaliste correspondante de Consortium Investigate Europe également reporter à Zero Impunity et fondatrice de Youpress ; madame Hilda Hasinjo Ravelonahina, journaliste économie à Expansion Magazine- Politikà et monsieur Iloniaina Alain Rakotondravony, journaliste freelance. Ce sont ces trois professionnels du métier qui ont assuré l'animation de la conférence.

Introduction au concept de journalisme collaboratif. Pour sa part, l'intervenante principale Leila Minano a tenu avant tout à exposer son introduction dans le milieu du journalisme collaboratif mais également, à partager son expérience et ses connaissances en tant que journaliste d'investigation. Au menu donc, l'historique de ce système de collaboration entre journalistes qui, selon cette auteure de La Guerre invisible- Grasset 2016 serait né il y a plus de quarante ans maintenant. Elle a également parlé de l'importance du réseau et de la collaboration transfrontalière des médias en s'appuyant sur des exemples comme les Panama Papers qui sont parvenus à dévoiler des secrets bancaires comme preuves d'évasion fiscale perpétrée par des ressortissants de nombreux pays du monde en 2016. « Je ne connaîtrais jamais mieux Madagascar qu'un journaliste malgache tout comme un journaliste malgache ne traitera jamais mieux de l'actualité en France qu'un journaliste français », a-t-elle expliqué. C'est donc une des raisons pour laquelle, la collaboration est essentielle entre les journalistes du monde entier. De plus, cela permet selon les intervenants de gagner du temps, de réduire les frais d'investigation et surtout de livrer un produit fini ultra-qualitatif grâce à un travail collectif.

Dans le contexte. La deuxième partie du programme était dédiée aux questions et aux remarques de l'assistance. Et ces derniers n'ont pas manqué d'exprimer leurs opinions sur le sujet du journalisme collaboratif. Comment faire dans un pays où les patrons de presse et les organes sont affiliés de près ou de loin à une entité politique ? Qu'en est-il du respect de la loi de la communication médiatique en vigueur à Madagascar ? Ne faut-il pas prendre en compte les moyens financiers des journalistes malgaches ? Est-ce que le journalisme collaboratif ne peut traiter que des scandales socio-financiers ? Quelles sont les limites de ce système ? Peut-on collaborer ensemble entre deux organes de presse ne partageant pas les mêmes idéologies ? Autant de questions auxquelles, madame Leila Minano a essayé de répondre. Pour elle, « publier un article comprend toujours des risques partout dans le monde, et l'organe de presse lui-même peut être poursuivi en justice par les organismes dénoncés dans l'article. Cependant, le fait de se regrouper ne peut que compliquer la tâche de ceux qui souhaitent mener l'affaire devant les tribunaux car attaquer 220 journalistes est bien plus compliqué ». Le journalisme collaboratif offre donc une certaine force aux journalistes. Elle a également ajouté que « vous n'êtes pas forcés de collaborer avec tout le monde, il faut juste choisir les bons correspondants! » au sujet des idées divergentes des organes de presse.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Midi Madagasikara

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.