Sénégal: Moustapha Diakhaté - «En tolérant le droit à l'insulte nous risquons d'instaurer rien de moins qu'un système de terreur»

L'ancien président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar (Bby) s'insurge contre ceux qui utilisent l'insulte pour discréditer la première institution de la République, au nom de la liberté d'expression. Sur sa page Facebook, Moustapha Diakhaté alerte sur le risque de promouvoir le système de terreur, si l'irrespect et l'insulte sont tolérés dans le pays.

De plus en plus, le phénomène de l'insulte contre le chef de l'Etat, Macky Sall semble prendre de l'ampleur avec comme corolaires, les interpellations d'activistes très acerbes contre son régime.

Ce fût le cas, de l'arrestation puis de la libération du jeune Idrissa Fall Cissé, pour ses post sur Facebook très virulents à l'endroit du Président Macky Sall et son régime.

D'ailleurs, il doit répondre à la DIC, ce jour, après que son passeport lui a été confisqué. Il en est de même pour le journaliste-homme d'affaires Adama Gaye devenu un opposant très critique vis-à-vis du pouvoir du président actuel, qui a été placé en garde à vue le 29 juillet, puis déféré le lendemain devant le parquet pour "diffusion d'écrits contraires aux bonnes mœurs" et "offense au chef de l'Etat".

Des arrestations pour offense au chef de l'Etat qui font couler beaucoup d'encre et de salive.

Réagissant sur sa page Facebook à ses nombreuses sorties qui dénoncent une tentative d'oppression de la liberté d'expression dans le pays, l'ancien président du groupe parlementaire Bby, Moustapha Diakhaté a tant soit peu tiré la sonnette d'alarme.

L'ancien parlementaire a marqué sa désapprobation contre cette pratique de l'insulte considérée par certains «comme moyens légitimes pour s'opposer à sa politique».

Il estime qu'«en tolérant le droit à l'irrespect, à l'insulte nous risquons d'instaurer, dans notre pays, rien de moins qu'un système de terreur».

De l'avis de l'ancien député, une telle pratique révèle du «peu de considération portée à la première Institution de la République».

Parce que, pour lui, «au-delà de la personne de Macky Sall, il faut voir dans cette pratique un travail de sape et de démolition de la démocratie représentative».

Rejetant la thèse de la liberté d'expression souvent brandie par les souteneurs d'auteurs de telles pratiques, Moustapha Diakhaté soutiendra «qu'aucune liberté d'expression ne peut cautionner des discours où le Président de la République est nommément insulté, lui et parfois sa famille».

Mieux, il est d'avis que «dans une saine démocratie, l'argumentation ne peut pas céder le pas à l'insulte». Se voulant neutre, il indiquera que ladite remarque et alerte «est valable aussi bien pour l'opposition que pour les partisans de notre majorité».

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