Sénégal: Imposition de Karim Wade comme n°2 du PDS - L'égoïsme suicidaire de Gorgui

analyse

S'il y a un évènement qui fait des gorges chaudes au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS), c'est bien le renouvellement de son bureau politique, la semaine dernière, qui a consacré Karim Wade, fils de l'ancien président Abdoulaye Wade, numéro 2 du parti.

Toute chose qui a irrité plusieurs ténors du parti tels Babacar Gaye, Amadou Sall, Cheikh Tidiane Sech, qui ont refusé d'intégrer ce bureau politique imposé par Abdoulaye Wade, leur compagnon de longue date.

En effet, depuis de longues années, le PDS a été considéré comme un patrimoine familial par celui-là qu'on surnomme Gorgui. C'est dire donc que l'entêtement de Wade à vouloir à tout prix imposer son fils Karim, risque de faire imploser le PDS qui, on le sait, n'était déjà pas au mieux de sa forme depuis le départ de certains de ses cadres.

En tout cas, l'un des responsables du parti ne va pas avec le dos de la cuillère pour affirmer ceci : « C'est un testament au profit de Karim ! Nous sommes dans une gestion népotique d'un parti qui implose ».La question que l'on peut se poser est la suivante : pourquoi vouloir coûte que coûte imposer Karim ?

Un parti politique n'est pas un champ avec un propriétaire

Jamais, dans l'histoire politique du Sénégal, l'on n'avait vu pareille situation où le père ne jure que par le fils, s'il n'en fait pas un demi- Dieu.Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf avaient pourtant montré l'exemple, en tenant éloignées leurs progénitures respectives du cercle du pouvoir.

Mais Abdoulaye Wade, lui, en fait à sa tête, oubliant qu'un parti politique n'est pas un champ avec un propriétaire qui en dispose à sa guise. Un parti politique est un regroupement de personnes partageant les mêmes idéaux, qui fonctionne avec des instances, des règles édictées et connues de tous les membres.

Mais tout se passe, en effet, comme si Abdoulaye Wade ne sait pas que le leadership est une valeur qui ne se décrète pas, mais s'acquiert ou se construit au fil des ans.Et Karim Wade, dans ce cas de figure, peut se forger une personnalité s'il a la ferme volonté de travailler pour l'intérêt supérieur des Sénégalais.

Vouloir coûte que coûte, emprunter la courte échelle, est pour le moins contre-productif. Car, dit-on, « la voie de la justice et de la droiture est pleine d'embûches » mais elle reste la meilleure pour tout homme politique qui veut se construire une personnalité.

En tout cas, l'implosion du parti peut toujours être évitée si, au lieu d'imposer son fils, Wade reconsidère sa position en choisissant un cadre qui fasse consensus et qui pourra conduire le parti vers des lendemains meilleurs.

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