Burkina Faso: Marchés structurés de Bobo - Des commerçants tirent à boulets rouges sur le maire

Le bras de fer entre le maire de la commune de Bobo-Dioulasso et son responsable des affaires économiques dans le cadre de la gestion des marchés structurés de Bobo est encore loin de connaître son dénouement.

Hier jeudi des commerçants étaient de nouveau face à la presse pour dénoncer, disent-ils, les « blocages » de la Structure de gestion des marchés (SGM) par le maire et sa tentative de « mainmise » sur les affaires du marché par la création d'un nouvel organe.

Les positions sont de plus en plus tranchées entre le maire de la commune, Boureima Fabéré Sanou, et le responsable des affaires économiques du conseil municipal, Braima Traoré. A l'origine de cette crise, la gestion du marché central de Bobo, qui fait rentrer plus de 300 millions de francs CFA annuellement.

Pour le maire de la commune, sa responsabilité et son implication, en tant que premier magistrat de la ville, dans le fonctionnement des marchés structurés ne doivent souffrir aucune ambigüité. Un point de vue que ne partage guère Braima Traoré qui dénonce une immixtion et une usurpation de pouvoir du maire dans cette affaire.

Car pour lui « le marché central est placé sous la responsabilité directe d'un comité de gestion majoritairement composé par les commerçants (12 sur 17) et qui demeure l'organe suprême dirigeant et de décision du marché. Dans ce comité, il y a deux représentants du maire, des conseillers municipaux qui lui rendent régulièrement compte.

Et en plus, c'est un contrat d'occupation qui lie la mairie à la structure de gestion des marchés. Ce contrat finit le 30 mars 2026, et le maire doit patienter jusqu'à cette date pour prendre intégralement la gestion du marché».

Toujours est-il que le bras de fer, engagé entre les deux responsables municipaux, a fini par rejaillir sur les commerçants. Lesquels sont en train de s'affronter par conférences de presse interposées.

Hier encore, des membres du comité de gestion, conduits par le secrétaire général Moustapha Léga ont de nouveau rencontré la presse avec comme principale information le projet de dissolution par le maire de la SGM et son remplacement par la SGEIM (Structure de gestion des équipements et des infrastructures marchands).

Une grosse bourde de la part de l'édile de Sya selon les conférenciers. Car, selon eux, Boureima Fabéré Sanou ne sait visiblement plus à quel sain se vouer. « on se souvient que le maire de la commune, concernant le dossier du marché central, a pris quatre arrêtés qui ont été purement et simplement annulés par la justice...

Nous nous posons aujourd'hui des questions sur les réelles motivations du maire, qui tente contre toute logique de démanteler la SGM », dira Moustapha Léga. Le moins que l'on puisse dire est que plus rien ne va au niveau de la SGM dont les comptes bancaires, selon les conférenciers, ont été bloqués par le maire.

Cela n'est pas sans conséquence, selon le secrétaire général du comité de gestion, qui déplore les arriérés de salaires des vigiles, des balayeuses et du personnel de la SGM. « Nous avons fait partir le directeur de la SGM, Hamadou Barry, qui était à la solde du maire, pour installer un autre directeur.

Et depuis le maire ne cesse d'étouffer la SGM. Je pense qu'il a plus à faire dans cette ville, qui se dégrade continuellement, que de jeter son dévolu sur le marché », se sont indignés les conférenciers.

Visiblement très remontés contre l'édile de Sya, Moustapha Léga et ses compagnons affirment que « si cette forfaiture qui consacre la dissolution de la SGM au profit de la SGEIM est mise à exécution, le maire Boureima Sanou et son conseil municipal prendront l'entière responsabilité de ce qui découlera de cette énième tentative, disent-ils, de saper l'activité commerciale ». Ils invitent, par conséquent, les plus hautes autorités à prendre les mesures idoines pour éviter des troubles au sein du marché central de Bobo.

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