Congo-Brazzaville: L'opposition déçue par le discours de Sassou-Nguesso

L'opposition est restée sur sa faim après le message à la nation du président Denis Sassou-Nguesso prononcé mercredi 14 août, à la veille de la fête de l'indépendance ce jeudi. Le discours présidentiel a porté pour l'essentiel sur l'économie et l'environnement, alors que les opposants espéraient entendre parler de gouvernance électorale, de lutte contre la corruption ou encore de la libération des détenus politiques.

« Je m'attendais à rien », concède Anguios Nganguia Engambé. Pour le président du Parti pour l'action de la République (PAR), la raison est simple : « C'est parce que nous sommes à deux ans de l'élection présidentielle de 2021. »

Aux yeux du candidat malheureux aux élections présidentielles de 2009 et 2016, Denis Sassou-NguessoIl « devrait logiquement nous parler du dialogue politique, de la gouvernance électorale et des détenus politiques qui sont toujours [en prison]. Il a parlé de l'accord [conclu avec le FMI le 11 juillet, NDLR]. Mais, lorsqu'on rentre dans un programme avec une telle institution, c'est qu'on a mal géré le pays. Un pays bien géré ne peut pas rentrer dans un programme. Le pays est mal géré. »

Déception partagée par Clément Miérassa. « Nous sommes restés sur notre soif, lâche le président du Parti social-démocrate congolais (PSDC). On aurait souhaité, au vu de la gravité de la situation que traverse le pays, qu'il y ait l'annonce d'un certain nombre de mesures fortes, notamment la lutte contre la corruption. »

Le leader du parti de l'opposition congolaise veut insister sur le contexte : « Avant qu'on arrive à la célébration de la fête de l'indépendance, nous avons encore connu des scandales économico-financiers », une allusion aux récentes dénonciations de Global Witness qui a accusé le fils cadet du président Sassou, Denis Christel Sassou-Nguesso, d'avoir détourné plus de 50 millions de dollars du Trésor congolais en 2014.

« Nous pensons que sur cet aspect le président n'a pas du tout insisté, déplore Clément Miérassa. Déjà au plan interne, beaucoup de cas ont été dénoncés. Des cas qui touchent même des membres du gouvernement, des dignitaires du pouvoir et même la famille présidentielle. Et, nous sommes toujours surpris du silence qui est observé. »

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