Congo-Kinshasa: « Mystère autour d'une dette de 100 millions Usd » - Quand un conseiller du président de la République humilie le « 4ème pouvoir »

Notre article sur le « mystère » qui entoure une dette de 100 millions Usd contractée dans le cadre du programme d'urgence du chef de l'État a mis un conseiller du président de la République dans tous ses états.

La presse, c'est ce garde-fou pour la sauvegarde de la démocratie. Le chef de l'État, Félix Tshisekedi, l'a d'ailleurs reconnu dans son discours d'investiture, prononcé le 24 janvier 2019, à l'esplanade du Palais de la nation. Félix Tshisekedi s'est lancé le défi d'en faire réellement le « 4ème pouvoir ».

Au journal Le Potentiel, on s'est totalement approprié le vœu du chef de l'État d'aider la République démocratique du Congo à se hisser véritablement au rang d'un « État de droit » où les dirigeants, à quelque niveau que ce soit, sont astreints au devoir de redevabilité.

Dans un État démocratique, comme c'est le cas pour la RDC, le pouvoir est exercé par délégation. À ce titre, la reddition est une obligation pour les dirigeants politiques. En tout cas, c'est ce que notre rédaction - se faisant le porte-voix d'une grande majorité silencieuse - a fait, en exigeant de la présidence de la République le devoir d'éclairer l'opinion sur les 100 millions Usd de dette contractés dans le cadre du programme d'urgence du chef de l'État.

Malheureusement, notre souci d'informer nous a valu de vives critiques de la part de ceux-là qui ont le mandat de travailler au nom et pour le compte du peuple congolais.

Dans une communication téléphonique avec notre rédaction, l'ambassadeur itinérant du chef de l'État chargé de suivi du Plan quinquennal, Nicolas Kazadi, n'a pas eu des mots tendres envers nous. S'il a refusé formellement de nous faire parvenir un droit de réponse - comme l'exige la loi - il a néanmoins réagi via Whatsapp.

Sa réaction s'apparente à une leçon de journalisme à un quotidien qui a traversé, depuis sa création en 1982, toutes les péripéties de l'histoire politique de la RDC. Le Potentiel, c'est une marque. C'est la preuve vivante de la démocratie congolaise.

Et lorsque l'ambassadeur itinérant du chef de l'État nous traite d'« incompétent », de « paresseux » et animé d'« intention de nuire », jusqu'à remettre en cause notre professionnalisme, nous ne pouvons que le lui concéder. Il a une excuse : il n'a pas vécu trop longtemps dans ce pays pour comprendre ce que Le Potentiel a fait dans la longue marche vers la démocratie.

La presse congolaise est certes pauvre - c'est fait du reste à dessein par le pouvoir pour limiter son rayon d'action - mais ce n'est pas « 1 Usd » qui manque au journal Le Potentiel pour activer ses sources.

Le plus évident est que, dans l'article paru en manchette de notre édition du mercredi 14 août 2019, Le Potentiel s'est totalement rabattu sur les déclarations de l'ambassadeur itinérant du chef de l'État, invité, samedi dernier, de l'émission « Face-à-face » sur Top Congo FM. Sans doute, le conseiller du chef de l'État pensait s'adresser à un auditoire d'analphabètes qui ne pouvaient pas aller au-delà de ses déclarations. Il s'est trompé éperdument. Au Potentiel, nous savons lire les faits entre les lignes. Même les non-dits d'un discours teinté de sophisme comme celui-là.

Pour l'avoir fait - sans jamais s'écarter ni de la déontologie ni de l'éthique - Le Potentiel a été accusé d'avoir relayé « n'importe quoi ». Nous nous plions volontiers à cette sentence qui frise l'injure.

Néanmoins, nous restons convaincu que la présidence de la République a le devoir de nous dire ce qui se cache derrière les 100 millions Usd de dette inscrits subitement dans le programme d'urgence du chef de l'État. Tout comme, l'opinion publique a le droit de savoir pourquoi l'enveloppe totale de ce programme est passée curieusement de 488.145.306 Usd à 600 millions Usd. Ce sont, entre autres, les exigences d'un État de droit pour lequel le président Félix Tshisekedi a été porté à la magistrature suprême, le 24 janvier 2019.

Réaction de l'ambassadeur itinérant du chef de l'État chargé de Suivi du plan quinquennal

« Absence totale de déontologie et d'éthique. Mauvaise foi caractérisée.

Vous manque-t-il même 1 $ pour m'appeler et vous informer ?

Un journaliste sérieux va à la recherche de l'information. Sinon il est soit paresseux, soit incompétent, soit tout simplement animé d'intention de nuire.

S'agissant du sujet, j'en ai pourtant bien parlé dans l'émission.

Il s'agit d'un emprunt en cours auprès de Exim Bank India pour financer une centrale solaire. Il n'est pas repris dans le récapitulatif présenté car le processus de finalisation de l'emprunt est assez long.

Cet emprunt a été négocié et conclu par les ministères des affaires étrangères et des finances.

Si vous étiez réellement de bonne foi, vous auriez pu au moins vous adresser à la DGDP (EX OGEDEP) ».

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