Ile Maurice: Bilan financier avril-juin - Air Mauritius réduit ses dettes de plus de 70 %

Les dettes de MK sont passées de 14,9 millions d'euros à la fin du premier trimestre 2018 à 4,1 millions d'euros pour la période correspondante en 2019. Soit une baisse de plus de 10 millions d'euros (Rs 438,6 M).

Ce n'est pas dans toutes les circonstances que les pertes constituent une mauvaise nouvelle pour les finances d'une société. Elles sont de mauvais augure lorsqu'elles sanctionnent une année d'opération où il n'y a pas eu de profits. Mais, quand ces dettes ont été réduites dans une situation où les choses auraient pu s'aggraver, cela représente une véritable bouffée d'oxygène. C'est l'expérience qu'a enregistrée Air Mauritius (MK), la compagnie d'aviation nationale, au niveau de sa performance financière pour le trimestre qui s'étend du 1er avril au 30 juin. À la présentation de son bilan financier, hier, le management de MK affiche une réduction des pertes de 72,5 %, comparée à la même période en 2018. Soit une baisse de plus de Rs 438,6 millions.

La période avril à juin est une période qui, généralement, correspond à la basse saison dans le jargon du monde touristique. Les résultats pour ce trimestre sont certes négatifs, avec des pertes de 4,1 millions d'euros, l'équivalent de Rs 166,5 millions. Mais ils représentent une nette progression par rapport aux résultats financiers pour la période correspondante en 2018, qui a été sanctionnée par des pertes de 14,9 millions d'euros (Rs 605,1 millions). Les chiffres rendus publics hier montrent ainsi une réduction des pertes de l'ordre de 10,8 millions d'euros en un an.

À titre de comparaison, les pertes encourues par Air Mauritius pour le trimestre qui s'étend du 1er avril au 30 juin pour 2015, 2016 et 2017 ont été de 9,8 millions d'euros, 2 millions d'euros et de 5,4 millions d'euros respectivement. Au niveau de l'administration de MK, on souligne que la réduction des pertes de la société est le résultat de tout un ensemble de mesures. Parmi elles, figure le redimensionnement de la capacité de la compagnie. Cela, dans le but de s'adapter aux changements qui se sont manifestés et qui exigent une adaptation des opérations. Il y a aussi la mise en place d'une stratégie de réduction des coûts ou encore la renégociation des contrats avec les fournisseurs de services.

Le recours à deux autres initiatives devrait permettre à Air Mauritius d'améliorer son mode d'opération. La première initiative concerne la révision du Business Model de la société. Une initiative qui a été mise en place avec le concours de la CAPA, une référence mondiale en matière de connaissance et d'intelligence du marché de l'aviation et de l'industrie du voyage. Les recommandations de la CAPA invitent Air Mauritius à diversifier ses services, à créer un écosystème susceptible d'absorber les pertes associées à la volatilité du prix du carburant. L'investissement de MK à hauteur de 20 % dans l'actionnariat de Mauritius Duty Free Paradise est une mesure qui va dans le sens d'une révision de son Business Model.

L'autre initiative sur laquelle compte Air Mauritius pour sortir des griffes des pertes courantes concerne la mise en place d'une stratégie financière ayant pour objectif de consolider sa base du capital. Les travaux de cette opération ont été confiés à la firme d'audit PricewaterhouseCoopers. Les mesures arrêtées pour tant soit peu stopper l'hémorragie des pertes ont jusqu'ici porté leur fruit. Les résultats financiers pour avril-juin montrent une réduction des coûts, qui sont passés de 130,9 millions d'euros à 121,3 millions d'euros, soit une baisse équivalente à Rs 389,9 millions.

Dans une note relative à la présentation des états financiers de la société à la fin du premier trimestre de ses opérations, la direction d'Air Mauritius évoque les éléments qui sont à l'étude et qui justifient son optimisme que les choses, sauf imprévu, iront en s'améliorant. Ce sont le recours à un réseau plus soutenu, assorti de plus de fréquences vers des destinations à fort potentiel, la dotation d'une flotte d'appareils plus adaptés à son mode de fonctionnement et aux circonstances du marché, et une accélération du processus de l'intégration de MK à l'écosystème de l'aviation.

Huit gros-porteurs modernes en service

D'ici octobre, les huit gros-porteurs de la compagnie d'aviation nationale seront tous dotés des mêmes facilités. Soit, des options pour un éclairage d'appoint (mood lighting cabin), de l'espace additionnel pour les jambes, un système de divertissement state of the art grâce à des écrans hautes définitions, la connexion Wi-Fi dans les différentes classes, l'audio-vidéo à la demande, entre autres. Ce sont là des facilités qui existent déjà dans les quatre avions de nouvelle génération, à savoir les deux Airbus A330-900neo baptisés «Aapravasi Ghat» et «Chagos Archipelago», ainsi que les deux Airbus A350-900 appelés «Le Morne Brabant» et «Pieter Both». Si les deux A330-200 «Trochetia» et «Nénuphar» et l'A340-300C «Pailleen-Queue» ont déjà été remis à niveau, le «Parakeet», rénové, est attendu au mois d'octobre. «Air Mauritius est classée troisième en Afrique, et la compagnie figure parmi les dix meilleures lignes aériennes au monde à s'être améliorée», fait-on ressortir.

MK: l'A320neo et un Embraer 190-E2 privilégiés pour la flotte régionale

Cette proposition est à l'étude. Deux nouveaux avions devraient rejoindre la flotte régionale d'Air Mauritius à la fin de cette année. La presse internationale évoque l'Airbus A320neo et un Embraer 190-ER comme étant les deux «remplaçants idéals» des deux Airbus A319 livrés il y a 15 et 17 ans.

«Rien n'est encore confirmé mais cette option est effectivement à l'étude», explique-t-on du côté de la compagnie d'aviation nationale. Il s'agit d'un exercice en ligne avec les recommandations faites lors de l'assemblée générale de ses actionnaires le 25 juillet. Renforcer le réseau régional tout en réadaptant la flotte régionale demeure l'une des priorités d'Air Mauritius selon le nouveau Business Model de la compagnie.

Comment se fait-il donc qu'Air Mauritius louera deux A350 à South African Airways si la compagnie compte en commander d'autres ? D'autant plus que les milliards investis dans l'achat des nouveaux appareils sont cités comme étant la raison principale de la fragilité financière d'Air Mauritius. «Il ne faut pas faire d'amalgame entre la flotte long-courrier et la flotte régionale. Et les pertes essuyées par la compagnie ne sont pas un argument pour ne pas diversifier les appareils. On ne peut pas faire l'impasse sur une refonte de la flotte. Air Mauritius doit intégrer des appareils plus performants tout en offrant plus de flexibilité aux clients. Les conditions du marché évoluent tout le temps.»

Air Mauritius utilise actuellement deux Airbus A319 et trois ATR72 pour son réseau régional. Le remplacement de ces deux Airbus demeure la priorité dans l'immédiat. Le constructeur du Bré- sil l'Embraer Commercial Aviation avait déjà commencé une opération de séduction en juillet 2018 avec un vol de démonstration de l'Embraer 190ER. La compagnie d'aviation nationale a écarté le Boeing 737max comme un potentiel remplaçant suite au crash de l'Ethiopian Airlines le 10 mars.

Le plan de transformation d'Air Mauritius a été recommandé, entre autres, par la firme spécialisée Centre for Asia Pacific Aviation India.

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