Cote d'Ivoire: Logements sociaux, débats sur la Cei et la dette - Bruno Nabagné Koné fait des mises au point

Dans une interview accordée à la Radio de la Paix, le 9 août dernier, le ministre de la Construction a passé en revue l'actualité sociale et politique.

La nouvelle est doublement bonne pour la Côte d'Ivoire dans sa lutte en faveur de la redistribution des ressources, en cette année du social.

D'une part, la Côte d'Ivoire a fait son entrée au conseil d'administration de Shelter Afrique. D'autre part, une convention a été signée avec Shelter Afrique pour la construction en Côte d'Ivoire de 3000 logements sociaux. Les logements sociaux de ce programme ne dépasseront pas 12 millions et demi. Les standings économiques seront dans l'ordre de 23 millions. Les constructions auront surtout, un caractère socioéconomique. Et bientôt, les travaux devraient commencer. C'est ce que nous apprend le ministre de la Construction, du Logement et de l'Urbanisme, Bruno Nabagné Koné. La demande, de 600 mille logements sur toute l'étendue du territoire, est encore loin d'être satisfaite. Mais c'est déjà « extrêmement important » selon Nabagné Bruno Koné qui entend frapper à « toutes les portes » pour réaliser l'ambition du Président la République de faire en sorte que les Ivoiriens puissent se loger facilement.

Depuis sa prise en main de ce vaste chantier, il y a un an, il est à pied d'œuvre, « avec acharnement », pour corriger les faiblesses du passé.

Et déjà, une embellie. La cité Ado à Yopougon, partiellement habitée, est en train d'être mise en forme pour être totalement habitable. Dans deux mois, l'électricité sera disponible, l'eau distribuée dans tous les logements, l'assainissement réalisé partout et il restera la station d'épuration qui continuera d'être construite. Cela n'empêchera pas que les acquéreurs puissent commencer à entrer dans leur logement. « La Cité Ado, c'est bon, Bingerville c'est bon, Bassam nous y travaillons ça devrait être terminé dans quelques mois et Songon qui est le plus gros projet nous y travaillons », assure le ministre qui espère rendre habitables certaines portions de Songon d'ici la fin de l'année.

Les financements désormais acquis, on ira, cette fois-ci, « jusqu'au bout ».

Qu'en sera-t-il des acd ? Du fait que les documents n'étaient plus signés, il y a eu une accumulation de dossiers. Le ministère veut aller vite. Mais il faut tirer les leçons des 30, voire 40 dernières années. Pour ne pas confondre vitesse et précipitation, les dossiers passeront à la loupe.

Ce qui suppose de s'assurer que la parcelle est la bonne et que les relevés topographiques sont conformes à ceux qui sont effectués par le cadastre et la conservation foncière, s'il n'y pas de conflit sur l'acquisition ni sur la personne de l'acquéreur ou du vendeur du terrain...

Bref, tout le processus est remis sur la table. « Nous allons numériser ce qui peut l'être, nous allons réduire tous les délais. Notre objectif étant, et j'espère pouvoir annoncer dans quelques temps, pouvoir nous engager sur la délivrance de l'ACD en quelques mois, trois ou quatre mois », assure Bruno Nabagné Koné, qui entend « sécuriser » chaque étape. Aller vite, mais en garantissant une sécurité parfaite et éviter les sorties de route : voilà le défi.

Quand il s'agit de terre, il faut bien avoir le pied sur terre. Et savoir apprécier le chemin parcouru.

Pour l'ancien porte-parole du gouvernement, la célébration de ce 59e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire a permis à la Nation toute entière de s'arrêter pour apprécier tout le long le chemin parcouru. Non pas sur le seul plan social, mais aussi sur le front institutionnel. « Nous avons pu voir surtout un pays rassemblé autour de ce qui constitue la notion de nation. La notion d'armée. Le drapeau national, etc. Nous avons pu voir une armée qui est totalement rassemblée aujourd'hui, une armée qui revient de loin, mais qui aujourd'hui a des bases beaucoup plus solides que par le passé, une armée qui est beaucoup plus forte », s'en réjouit-il.

59 ans d'indépendance et huit ans de paix, huit ans de sérénité, huit ans de sécurité, huit ans de construction, de développement, dans un pays qui continue à avancer, peut-on résumer.

C'est tout le mérite du leadership retrouvé de la Côte d'Ivoire sous la houlette du Président Alassane Ouattara, « une personnalité reconnue », « une personnalité respectée dans le monde entier » et « une personnalité qui a pu créer le climat de confiance ». Ça n'a l'air de rien. Mais c'est comme l'air. On ne le sent pas, mais sans lui, le corps s'effondre. Si la performance que tout le monde salue, tient, c'est en grande partie grâce au Ppte mais aussi à ce climat de confiance. Elle tient surtout à la maîtrise de la dette, contrairement, n'en déplaise aux détracteurs du gouvernement.

Faire croire, comme Mamadou Coulibaly, que la Côte d'Ivoire s'endette trop rapidement, c'est faire une mauvaise lecture.

Car les chiffres disent le contraire.

Le ratio dette-PIB est loin en deçà de la moyenne 70 % en vigueur dans l'espace CEDEAO. La Côte d'Ivoire est seulement à 48 %. Ce qui laisse des marges importantes de progression. D'ailleurs, les grandes nations plus développées, les États-Unis et le Japon, les pays européens de tous sont au-delà de 100 % par rapport à ce ratio dette-Pib.

Encore, que selon, le ministre, ce qui importe, c'est que l'on fait des emprunts qui sont autant de routes, d'écoles, d'hôpitaux, etc.

A entendre Bruno Nabagné Koné, toutes les crises sont derrières les Ivoiriens.

La situation étant revenue à la normale depuis 2011. Sauf que c'est quand tout va bien, qu'on assiste à une inflation des critiques.

Et tout sujet enflamme les crispations. Comme c'est le cas de la polémique sur la Commission électorale indépendante (Cei). De quoi agacer le ministre qui, à 14 mois de la présidentielle d'octobre 2020, estime qu'il faut « savoir raison garder ».

D'autant que tout a été mis en œuvre pour que « le maximum de places soit accordé à l'opposition ». En effet, sur les 17 membres de la commission centrale de la nouvelle Cei, les deux tiers sont des personnalités issues de l'opposition et de la société civile. A moins de se servir de la Cei comme monture pour une aventure inconnue.

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