Ile Maurice: Allégations de blanchiment - L'ascension fulgurante de Johurdassing et Augustin

Leur interrogatoire par la brigade anticorruption terminée, Jonathan Augustin et Yuvrajsingh Johurdassing attendent le rapport officiel de l'enquête. Ils ont demandé la levée de l'ordre de saisie sur leurs avoirs.

Ils ont fait l'objet d'une enquête de l'Independent Commission against Corruption (ICAC) durant les deux semaines écoulées. Un ordre de saisie a été émis sur leurs avoirs - chevaux, yacht, motos de valeur, berlines et terrains. Leur passage à l'ICAC les a certes marqués. Pourtant ces deux jeunes entrepreneurs, partenaires d'affaires, assurent que leurs biens ont été acquis à la force de leurs poignets et qu'ils ont justifié toutes leurs acquisitions à l'ICAC. Jonathan Augustin et Yuvrasingh Johurdassingh racontent chacun leur parcours professionnel.

Jonathan Augustin: «Je suis un jeune de la Cité La Caverne qui a gravi les échelons»

Jonathan Augustin, gérant d'une douzaine de boîtes, s'explique : «Nos institutions sont mal informées, aujourd'hui Yuvrasingh et moi nous rigolons de notre passage à l'ICAC. En fait, ses officiers disent avoir reçu des appels anonymes de personnes qui arguaient ne pas comprendre comment des jeunes comme nous ont eu une ascension fulgurante et sont des propriétaires de chevaux. C'est juste que nous avons de bonnes idées. Je viens d'une cité à La Caverne et j'ai voulu persévérer. Je ne fais pas de blanchiment d'argent car il n'y a que des transferts bancaires à travers mes comptes et je n'ai jamais payé mes fournisseurs en cash.»

Sponsoriser une course hippique

En 2014, il découvre sa passion pour les chevaux et il approche l'écurie Rousset. «Vu que je représente Vocalcom sur l'océan Indien, il fallait faire du marketing pour cette marque de prestige. On décide avec le client de sponsoriser une course hippique par an. C'est là que j'achète des chevaux qui sont entraînés par les écuries Jean Michel Henry et Raj Ramdin.» Son yacht d'une valeur de Rs 5,3 millions a été acheté à un Français par virement bancaire en 2019. «Tous les paiements de mes avoirs ont été justifiés à l'ICAC et la clé du bateau est avec moi.»

Jonathan Augustin démarre sa première société à l'âge de 22 ans et il en a 33 aujourd'hui. «J'ai financé moi-même mes études dès l'âge de 16 ans. J'ai un bac professionnel en aéronautique de La Réunion et six mois de pilotage professionnel. Faute de moyens, je rentre à Maurice.»

Il commence à travailler au Global Data Centre. À 20 ans, il lui trouve des clients. En 2008, il démarre Expert Call avec une associée. «J'ai tout appris sur le tas sur la gestion d'un centre d'appels. Je me demande pourquoi les centres d'appels travaillent avec la France et pas avec La Réunion. Je débarque à l'île sœur en 2009 à 22 ans et ma cousine, une conseillère municipale, me présente un contact. Je lui explique ce que je peux faire au niveau marketing et commercial. Il payait un salarié 2 200 euros et je lui dis qu'à Maurice un salarié coûtait bien moins.»

Proxycom, sa première compagnie, son premier centre d'appels, va naître en 2009. «J'apprends comment incorporer une société. Je commence avec la location de position qui est devenue aujourd'hui mon métier. Prophony m'explique que la location de position, c'est se payer une chaise, une table et un software à 300 euros. Je lui paie un dépôt car cela me permet de ne pas investir dans les affaires.»

Le jeune homme démarre avec quatre personnes et le client est satisfait du service. «En 2011, je propose aux clients de venir à 50 % dans la société et en retour ils me mettent un commercial à La Réunion et un bureau pour me ramener des clients.» Il fait aussi une fusion avec Appletree, une société anglaise pour gérer la partie francophone. «Je négocie en 2014 le contrat de Vocalcom, numéro 1 en Europe des softwares internationaux. Je bouge sur tout ce qui est du système de téléphonie sur site. J'ouvre ensuite PLC, une société de subcontracting, où on signe des contrats avec des clients étrangers et on sous-traite avec des centres d'appels. J'ai une douzaine de sociétés dans plusieurs secteurs d'activité, dont le whitening kit pour les dents et les briquets homologués Clipper. On représente les casques informatiques pour call centres, entre autres. Je suis un provider pour les locations de centre d'appels maintenant.»

Yuvrasingh Johurdassing : «Je n'étais pas la bonne personne à cibler»

Yuvrasingh Johurdassing a fait l'objet d'une arrestation dans le passé pour possession de graines de cannabis. Il ne le cache pas. «J'avais 18 ans et c'était chez moi. C'est pour cela que j'ai eu une très forte amende. Mais j'ai appris de mes erreurs. Cela ne fait pas de moi une mauvaise personne.»

Il a aujourd'hui 31 ans. Jonathan Augustin et lui se sont toujours connus. C'est en 2014 que leurs chemins se croisent à nouveau. «Nous décidons de ramener les produits de nettoyage à vapeur Eco-Steam, d'Afrique du Sud. On devient le représentant de cette marque pour l'océan Indien. Nous représentons la marque du briquet Clipper. Ce sont des projets que nous avons lancés ensemble. Notre partenariat est basé sur la confiance. Je perçois Rs 200 000 comme salaire car nous avons des sociétés qui tournent. Les motos que j'ai achetées ont été justifiées à l'ICAC.»

Il est, dit-il, un sportif né passionné de motos. «J'ai été plusieurs fois champion de courses de moto à Maurice et j'ai roulé à La Réunion dans différentes catégories. Je fais du motocross depuis plus de dix ans. Je fais du para-moteur depuis plus de quatre ans et du parapente. Je représente la marque Red Bull car il y a des sessions d'entraînements de deux à trois mois qui me prennent mon temps.»

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