Congo-Kinshasa: [Face aux aveux du comptable public] Affaire Minembwe - Bernard Biando lavé !

L'on voit désormais un peu plus clair sur le dossier de l'assistance humanitaire d'urgence en faveur des populations de hauts Plateaux de Minembwe, victimes des attaques meurtrières des groupes armés terroristes, dans la province du Sud-Kivu.

La disparition abracadabrantesque des fonds destinés à cette intervention pressante, n'est visiblement que l'œuvre d'un groupe d'individus épris d'intentions lucifériennes. Il s'avère, cependant, que le Ministre de la Solidarité et Actions humanitaires, Bernard Biando, à qui l'on a voulu faire porter le chapeau de ce sombre scénario n'est, en réalité, que l'ordonnateur victime des malversations d'un agent public. Le comptable seul avait la charge de garder l'argent de l'Etat lui confié et ce en lieu sûr. De l'obscurité à la lumière, le ministre est lavé de tout soupçon. Mais, au juste, où est réellement passé cet argent ?

Les faits

Des maisons sont incendiées, les habitants sont tués ou obligés de fuir les affrontements entre les différents groupes impliqués dans les violences. Oui, dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, la situation sécuritaire est très instable. Pour venir en aide aux victimes de ces attaques meurtrières, le gouvernement de la République avait non seulement misé sur la réconciliation entre les communautés, mais également débloqué, il y a un bon bout de temps, plus de USD 500.000 destinés notamment, à l'achat et à la distribution de la nourriture pour des milliers de déplacés internes. Le Ministère de la Solidarité et Actions humanitaires, dirigé par Bernard Biando Sango, était naturellement celui qui devait gérer ce fonds d'intervention d'urgence. Cependant, plusieurs sources ont affirmé que ce dernier était interpellé au niveau de l'Agence nationale des renseignements, le jeudi 15 août dernier, reproché de « détournement » desdits fonds.

Déjà, il sied de marteler sur le fait que l'argent mis à la disposition du Ministère était gardé par M. Bondeli Esow, Comptable Public Principal affecté au Ministère de la Solidarité et Actions Humanitaires. Et, la gestion de ce fonds était faite en cogérance avec le Ministre d'Etat Azarias Ruberwa, en sa qualité de notable originaire des hauts plateaux de Minembwe et pour sa connaissance du lieu.

Après avoir décaissé 55.000 USD pour l'achat et la distribution des vivres, 4.500 USD au profit de l'équipe mixte déployée sur place pour couvrir certains frais d'hôtels et autres ainsi que la somme de 1.600 USD pour paiement et motivation des militaires et policiers qui ont aidé à l'encadrement de l'équipe lors de la distribution desdits vivres, le comptable avait reçu l'ordre de libérer un montant de 8.500 USD pour couvrir certains frais sur place, à la demande de l'équipe sur terrain. A partir de ce moment, le comptable a perdu sa langue...

De l'argent volatilisé

L'on tient des sources sûres que dans la matinée du lundi 29 juillet 2019, le comptable Bondeli avait rassuré le Ministre de tutelle que l'argent était entre ses mains et qu'il attendait le conseiller financier à qui il devait le remettre. Ce, après avoir tergiversé sur ce dossier deux jours avant.

Le même lundi, cette fois en début de soirée, le comptable et le conseiller financier ont atterri au domicile du Ministre Biando, pour annoncer le vol des fonds d'assistance humanitaire et expliquer les péripéties de la disparition de cet argent.

Ce jour-là, rassure ces mêmes sources, M. Bondeli a affirmé que les faits ont été constatés depuis le jeudi 25 juillet et qu'ils auraient déjà procédé à l'arrestation, au Parquet de Matete, du gérant du bureau de change où il gardait de l'argent. Ceci, avant de demander au Ministre une faveur, celle de lui accorder 12 heures pour rassembler les fonds avec l'aide de son pasteur.

Par reflexe et par expérience, Bernard Biando lui a exigé un écrit. Il a également alerté la police pour des investigations autour de cette affaire et mis à sa disposition toutes les personnes impliquées dans ce coup. Une plainte a été, en plus, déposée auprès du Directeur des Renseignements Généraux de la Police Nationale à charge du comptable BONDELI.

Ordonnateur avant tout

Il est important, à ce niveau, d'indiquer que l'affectation d'un comptable dans un cabinet ministériel se fait conformément aux prescrits du Règlement Général sur la Comptabilité Publique et de l'éthique professionnelle que seul, le comptable maîtrise. A cet effet, il est également le seul à gérer le bureau comptable portant son code. Autant reconnaître que le ministre reste, à tout le moins, l'ordonnateur des dépenses et non de le commis à la garde des fonds. Surtout que lors d'un entretien téléphonique avec le comptable devant le Ministre d'Etat, ce dernier avait rassuré que les fonds sont gardés en lieu sûr.

Par ailleurs, lors de l'audition à la Direction des renseignements généraux et Services spéciaux de la Police, le tenancier du coffre-fort, à savoir, le gérant du Bureau de change avait déclaré que : "le comptable Bondeli avait, plusieurs fois, eu à retirer de l'argent consigné par lui à ma présence et aussi auprès de mes collaborateurs".

Il y a lieu de rappeler, toutefois, que l'argent a été gardé longtemps alors que l'assistance avait un caractère urgent parce que le deuxième volet de l'assistance humanitaire, ayant trait à la disponibilisation des non-vivres et, particulièrement, l'appui à la réhabilitation des habitations détruites, passait par l'achat des tôles ainsi que d'autres matériaux de construction. A ce sujet, il sied de souligner que Minembwe ne disposant pas d'un aéroport pouvant accueillir des avions de gros tonnage, tout devrait être acheminé par voie routière.

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