Cote d'Ivoire: Contestation de la réforme de la CEI - Pourquoi l'opposition perd son temps

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Ua

En politique, il y a des combats sont perdus d'avance. Celui que l'opposition ivoirienne que mène actuellement au sujet de la réforme de la CEI (Commission électorale indépendante) en fait partie.

Voilà des gens qui ont décidé délibérément de fuir la table des négociations, alors que le gouvernement leur avait montré patte blanche, et une fois que tout est fini, que le processus est bouclé, ils crient au loup.

Que veulent-ils au juste ? Aujourd'hui, la loi portant réforme de la CEI a été adoptée par les deux chambres du Parlement bicaméral, à savoir l'Assemblée nationale et le Sénat, puis promulguée par le chef de l'Etat sous le No 2019-905 du 5 août 2019, et publiée au journal officiel du 6 août 2019.

Et au moment où les décrets d'application sont en train d'être finalisés, ces opposants d'un autre genre, qui s'opposent pour s'opposer, remettent le couvert sur la question de la réforme de la CEI. Comme si la vie de la Nation était suspendue à leurs desiderata.

Après avoir été débouté par le Conseil constitutionnel qu'elle avait saisi en contestant la conformité de la loi sur la CEI avec la constitution ivoirienne, l'opposition entend saisir la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

Pour exiger la reprise du processus. Bien plus, l'un de ses opposants, Henri Konan Bédié pour ne pas le nommer, a même martelé, dans une interview à un média français, que « cette loi est nulle et de nul effet».

Naturellement ces propos maladroits ont fait sourire plus d'un, et achèvent de convaincre une bonne partie de l'opinion nationale de l'inconséquence de son auteur, bien coutumier des sorties de route, depuis qu'il rêve de redevenir président de la République de Côte d'Ivoire.

Pourtant, on sait tout le mal qu'il a fait à ce pays, le plongeant dans un cycle infernal de violence politique. Bref, ça, c'est un autre débat... Si l'opposition, notamment le PDCI et ses alliés, n'est donc pas contente de la nouvelle CEI, c'est son droit. D'ailleurs, en démocratie, la liberté d'expression est un principe sacro-saint.

L'opposition peut dire tout ce qu'elle pense de la réforme de la CEI, mais l'Etat a aussi la responsabilité de lui signifier que le débat est clos. Et il l'est vraiment, car les discussions sont allées à leur terme.

Et une nouvelle architecture de la CEI a été élaborée, conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples ; laquelle rencontre l'assentiment de tous les acteurs du processus, à l'exception, bien entendu, de ceux qui ont pratiqué la politique de la chaise vide. Les absents, dit-on, ont toujours tort.

L'opposition a donc eu tort de boycotter les discussions sur la réforme de la CEI. Et puis, entre nous, dans une démocratie, c'est la majorité qui décide.

Comme l'a si bien rappelé le président Alassane Ouattara, lors de son interview télévisée à la veille de la célébration du 59ème anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, le 6 août dernier. Et c'est cette majorité qui a défini la nouvelle configuration de la CEI.

Pour rappel, la promulgation de cette loi est l'épilogue d'un long processus enclenché au mois de janvier dernier par le gouvernement qui, conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, avait ouvert un dialogue avec l'opposition et les organisations de la société civile.

Des discussions sanctionnées par un rapport final paraphé par tous ceux qui ont bien voulu participer aux débats. Disons-le tout net, l'opposition, singulièrement le PDCI, perd son temps, en menant un faux combat, qui, de toute évidence, n'aboutira pas.

Bédié et ses suiveurs feraient donc mieux de se préparer pour les échéances électorales de 2020, et surtout de concentrer leurs énergies sur la conception de leur programme de gouvernement pour l'amélioration des conditions de vie des Ivoiriens.

C'est sur ce terrain qu'on les attend, non celui des batailles puériles qui étalent au grand jour leur incohérence. La politique de la chaise vide, on le sait tous, n'a jamais payé. Le RDR l'a appris à ses dépens, lorsqu'il a boycotté les législatives de décembre 2000.

Pendant dix ans, il était totalement absent à l'Hémicycle. Cela n'a pas empêché le pays de vivre. La nouvelle CEI sera mise sur pied, et le ciel ne tombera pas non plus sur la tête de la Côte d'Ivoire.

La vie du pays ne saurait être suspendue aux jérémiades d'opposants en panne totale de stratégie qui naviguent à vue. Sans savoir ils vont vraiment. Ce n'est ni plus ni moins le signe avant-coureur de leur naufrage... en 2020 !

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