Afrique: Changements climatiques en Afrique - Dégradation des conditions de l'agriculture et de la qualité de vie, connaissance limitée (Afrobarometer)

communiqué de presse

Accra, Ghana — L'enquête la plus vaste jamais organisée sur les perceptions des Africains par rapport aux changements climatiques révèle des rapports répandus de la dégradation de la qualité de vie et des conditions de la production agricole, ainsi qu'une connaissance limitée des changements climatiques parmi les citoyens lambda.

Dans son 9ème Pan-Africa Profile basée sur les enquêtes d'opinion publique, Afrobarometer signale que dans 30 sur 34 pays africains enquêtés, des pluralités affirment que les conditions climatiques en ce qui concerne la production agricole ont empiré au cours de la décennie passée, le plus souvent à cause de la sécheresse.

Et parmi les Africains qui ont entendu parler des « changements climatiques », une grande majorité - dont neuf sur 10 habitants d'Afrique de l'Est - affirment qu'ils empirent la qualité de vie dans leur pays.

Mais moins de trois Africains sur 10 sont « avertis des changements climatiques » en ce sens qu'ils ont entendu parler des changements climatiques, l'associent aux changements néfastes des régimes climatiques, et savent que l'activité humaine en est une cause importante.

Le nouveau numéro des Pan-Africa Profiles, disponible à www.afrobarometer.org, explore une diversité d'expériences et de perceptions des changements climatiques d'un pays et d'une région à l'autre. Il met en lumière la nécessité pour les décideurs et activistes d'informer les populations et les rendre aptes à comprendre les menaces et soutenir les actions de riposte coordonnées au plan tant gouvernemental qu'international.

Résultats clés

- Par une marge de plus de 2 contre 1, l'Africain lambda affirme que les conditions climatiques en ce qui concerne la production agricole ont empiré dans leur région au cours de la décennie écoulée. Des majorités écrasantes en Ouganda (85%), au Malawi (81%), et au Lesotho (79%) perçoivent les pires conditions météorologiques pour l'agriculture (Figure 1).

- Principal accusé dans la plupart des pays, la sécheresse aggravée. Mais la plupart des citoyens au Malawi, à Madagascar, et en eSwatini affirment qu'aussi bien les sécheresses que les inondations ont empiré.

- Presque six Africains sur 10 (58%) ont entendu parler des changements climatiques, dont plus de trois-quarts des Mauriciens (83%), des Malawites (78%), et des Ougandais (78%). L'Afrique du Sud (41%) est l'un des quelques cinq pays où moins de la moitié des citoyens ont entendu parler des changements climatiques.

- On retrouve parmi les groupes les moins familiers du concept de changements climatiques les résidents ruraux, les femmes, les pauvres, les moins instruits, et les travailleurs du secteur agricole.

Parmi les Africains qui ont entendu parler des changements climatiques:

- Environ deux-tiers (63%) associent le concept aux changements pervers des régimes climatiques, contre un tiers environ qui les associent à des changements positifs (17%) ou autres (15%).

- Environ deux-tiers en attribuent la responsabilité à l'activité humaine (52%) ou à l'activité humaine combinée aux procédés naturels (16%). Plus d'un sur quatre (27%) pensent que les changements climatiques sont provoqués uniquement par les procédés naturels.

- Environ un sur quatre Africains (28%) sont « avertis des changements climatiques », c'est-à-dire qu'ils ont entendu parler des changements climatiques, qu'ils comprennent qu'ils entrainent des conséquences néfastes, et qu'ils reconnaissent que l'activité humaine en est responsable tout au moins en partie. Les Mauriciens viennent en tête avec 57% - le seul pays où la majorité est averti des changements climatiques. Moins d'un sur cinq sont avertis des changements climatiques dans six pays (Libéria, Mozambique, Namibie, Niger, Afrique du Sud, et Tunisie) (Graphic 1).

- Deux-tiers (67%) affirment que les changements climatiques rendent la vie pire dans leurs pays, atteignant un pic à 89% en Afrique de l'Est, presque deux fois plus qu'en Afrique du Nord (46%) (Figure 2).

- Sept sur 10 (71%) affirment qu'il faut mettre fin aux changements climatiques, et la moitié environ (51%) pensent que les personnes lambda peuvent y contribuer au moins « un peu ». Mais au Libéria (26%), au Soudan (28%), et au Niger (33%), un tiers seulement ou moins pensent que les gens ordinaires peuvent faire évoluer les choses.

Enquêtes Afrobarometer

Afrobarometer dirige un réseau de recherche panafricain et non-partisan qui mène des enquêtes d'opinion publique sur la démocratie, la gouvernance, les conditions économiques, et d'autres questions connexes dans les pays d'Afrique. Sept rounds d'enquêtes étendus à 38 pays ont été menés entre 1999 et 2018. Les enquêtes au titre du Round 8 devraient couvrir au moins 35 pays. Les lecteurs intéressés peuvent suivre nos publications, y compris les Pan-Africa Profiles, notre série d'analyses transnationales au titre du Round 7, à #VoicesAfrica et s'inscrire dans notre liste de distribution à www.afrobarometer.org.

Afrobarometer mène des entretiens face-à-face dans la langue du répondant avec des échantillons représentatifs à l'échelle nationale qui produisent des résultats nationaux avec des marges d'erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%.

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