Sénégal: Guéreo - Boulimie foncière avec la rive droite de la Somone déclassée

Le collectif des riverains de la lagune de la Somone faisant face à Guéréo (Commune de Sindia, dans le département de Mbour) a demandé hier de manière ferme, lors d'un forum, l'annulation d'un décret octroyant 52 hectares à un établissement hôtelier de la place et à des promoteurs privés. Il n'a pas été tendre avec les promoteurs bénéficiaires de la boulimie foncière qui sévit dans la zone.

«Non à l'expropriation des terres de Guéréo», «De Cameroon dégage», «Non à la privatisation de la Somone».

C'est le collectif des riverains de la lagune de la Somone, face à Guéréo (Commune de Sindia, dans le département de Mbour) qui demande ainsi l'annulation d'un décret octroyant 52 hectares à un établissement hôtelier de la place et à des promoteurs privés. C'était hier lors d'forum.

Selon le collectif, la mesure concerne un lot de 800 parcelles, sans épargner des terres de culture, suite à une déclassification du domaine fluvial et du domaine maritime en domaine national le long de la rive droite de la Somone.

Certaines sont habitées ou connaissent un début de mise en valeur avec des clôtures en dur. Sous un autre angle, la rive gauche de la Somone est aussi visée dans son intégralité de même que le plan d'eau. Les conséquences de la mise en application de ce décret aura comme effet, la perte de centaines d'emplois dans la restauration.

La réserve naturelle d'intérêt communautaire de la Somone va disparaître avec ses retombées pour les localités de la Somone, de Kignabour, de Thiafoura et de Guéréo.

Ousmane Thiam, le président du collectif a décrié la mesure affectant à De Cameroon «une surface comprise entre 42 et 52 hectares» de la rive droite de la Somone.

A l'en croire, la mesure est d'autant plus suspecte avec une absence de délibération de la commune de Sindia d'une part et, de l'autre, le silence inquiétant des élus locaux sur la question.

Ousmane Thiam prend aux mots le président Macky Sall à qui il rappelle ses propos tenus à Bambylor et demandant de laisser la terre aux paysans. A l'en croire, Guéréo et ses habitants se trouvent aujourd'hui dans la même situation.

En outre, il a déploré la sourde oreille des autorités suite à leurs appels. Selon lui, des demandes d'audience, ou gracieuse à l'endroit du président de la République sont sans suite.

Par conséquent, le président du collectif se désole de constater avec la persistance de la mesure n'entrant pas en droite ligne avec la préférence nationale et privilégiant des promoteurs étrangers.

Demba Ndiaye, un autre membre du Collectif se demande comment peut-on déposséder des exploitants, des cultivateurs, des femmes élevant des huîtres, des restaurateurs au profit d'un étranger, un colombien ? Il démonte les motivations d'intérêt public avancées du décret. Pour lui, les arguments déjà brandis restent plus pertinents.

Les motifs de rejet, pour lui, doivent être cherchés aussi dans une interrogation autour des retombées et effets induits de la lagune sur les populations locales.

Il n'a pas été tendre avec les services techniques et certaines stations de l'administration pour leurs rôles dans la procédure ayant conduit à la signature de ce décret aux effets dévastateurs.

Il appelle à la résistance pour une conservation des richesses du terroir, en laissant les 800 parcelles citées plus haut à leurs propriétaires légitimes.

Il a rappelé l'origine de ces parcelles que certaines ont acquis honnêtement suite à des économies pendant des décennies alors que d'autres ont fait des prêts bancaires pour les avoir.

Souleymane Faye, un habitant de Guéréo, plus radical, demande l'annulation pure et simple du décret octroyant autant d'hectares au De Cameroon et exposant les paysans et des propriétaires à l'expropriation et au déguerpissement sur des terres acquises honnêtement.

Selon lui, le décret devait avoir un autre goût, celui d'un retour de l'ascenseur car la coalition Bennoo Bokk Yaakaar de Guéréo a toujours répondu favorablement aux attentes lors des consultations électorales en participant à l'élection du président Macky Sall.

Il a dénoncé l'arrêt ou la lenteur des travaux de construction de la route désenclavant Guéréo. Amadou Ndione s'est déchargé sur le ministre Omar Youm qui leur avait fait une promesse électorale en insistant sur une annulation prochaine de décret.

Mouhamed Ba dit Rasta, avec son restaurant jouxtant la rive droite ne réalise pas ce qui s'est tramé. Il pense à ses 35 employés et aux familles polarisées.

Selon lui, toute une économie locale se développe autour de la lagune et il se désole que des promoteurs comme lui vont laisser la place à un étranger.

Pour rappel, le De Cameroon ou ex-hôtel Baobab est à couteaux tirés avec les riverains de la Somone, les propriétaires de villas et même les villages de la Rnics.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Sénégal

Plus de: Sud Quotidien

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.