Burkina Faso: Attaque d'un détachement militaire dans le Soum - Aube sanglante à Koutougou

Photo: fasozine
Un détachement militaire

Un responsable politique burkinabè de premier ordre, qui aurait dû se taire, brandissait, il n'y a pas longtemps de cela, comme preuve du recul du terrorisme le fait que depuis un certain temps, les fameux «individus armés non identifiés» ne s'en prenaient plus aux Forces de défense et de sécurité (FDS), mais aux pauvres populations civiles qui semblent, il est vrai, laissées à elles-mêmes.

Depuis plusieurs mois en effet, quand ce ne sont pas des pasteurs, des prêtres et leurs « brebis » qui sont liquidés en plein office, ce sont des paysans qui sont assaillis, entraînant à ce jour plus de 270 000 déplacés internes. Eh bien, il faut croire que les propos de Clément Pengdwendé Sawadogo, ancien ministre de la Sécurité ont été démentis.

Au petit matin du lundi 19 août 2019, le détachement militaire de Koutougou, dans la province du Soum, a été la cible d'une attaque de grande envergure. Le bilan officiel, selon un communiqué de l'état-major, fait état de plus d'une dizaine de militaires tombés et de plusieurs blessés. Mais il faut craindre que ce bilan, déjà catastrophique, ne s'alourdisse puisque certaines sources évoquaient dans la soirée plus de 20 morts et de nombreux disparus.

Si ces derniers chiffres devaient s'avérer, ce serait de loin l'attaque la plus meurtrière enregistrée par nos FDS depuis le début de cette guerre asymétrique qu'elles mènent contre de prétendus djihadistes. Pour mémoire, l'assaut terroriste contre le camp du Groupement des forces antiterroristes (GFAT) à Nassoumbou, le plus sanglant jusqu'alors, avait fait 12 victimes dans les rangs des FDS.

Cette tragédie de Koutougou intervient quelques jours seulement après que quatre militaires sont tombés à Toéni dans le Sourou. Le lendemain jeudi, c'est trois policiers en poste à Mentao qui ont perdu la vie dans une embuscade.

Il faut donc croire que nos militaires et policiers sont de nouveau dans la ligne de mire de ces renégats. Comme pour faire un pied de nez à Pengdwendé Clément Sawadogo, ils se sont ainsi attaqués à nos FDS de la plus sanglante des manières.

En attendant, les profanes de la chose militaire que nous sommes se posent beaucoup de questions : qu'est-ce qui a bien pu se passer pour qu'on enregistre une telle hécatombe ? Nos soldats ont-ils été cueillis au pied du lit aux aurores au point qu'ils n'ont pu organiser une riposte conséquente ? Le dénuement logistique de nos militaires est-il si criard que la puissance de feu de l'ennemi a été supérieure ? Autant d'interrogations qui restent pour le moment sans réponses mais qui montrent combien ceux qui nous protègent, aussi paradoxal que cela puisse paraître, sont... désarmés face à une invisible bête immonde qui frappe toujours sans crier gare.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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