Congo-Kinshasa: Rougeole - 2 758 morts depuis le début de l'année

communiqué de presse

L'épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier en République démocratique du Congo est la plus meurtrière que le pays ait connue depuis 2011. Entre janvier et août 2019, plus de 145 000 personnes ont été infectées et 2 758 en sont mortes. Les équipes d'urgence de MSF interviennent dans les zones isolées du pays pour limiter la propagation du virus.

Malgré l'ampleur de l'épidémie, il existe un manque alarmant d'acteurs et de fonds pour répondre à l'épidémie de rougeole en cours en RDC.

Avec seulement 2,5 millions de dollars mobilisés sur les 8,9 millions requis pour financer la réponse humanitaire, le contraste est frappant avec l'épidémie d'Ebola dans l'est du pays qui attire de nombreuses organisations et des centaines de millions de dollars.

« Alors qu'une réponse rapide et adaptée est cruciale pour contenir l'épidémie, notamment chez les enfants, on constate surtout l'absence d'acteurs sur le terrain et un manque flagrant d'assistance », alerte Karel Janssens, chef de mission MSF en RDC.

Les équipes MSF luttent contre l'épidémie de rougeole dans 13 provinces du pays. Depuis le début de l'année, elles ont vacciné près de 475 000 enfants et pris en charge plus de 27 000 patients, en collaboration avec le ministère de la Santé.

Plus récemment, MSF a déployé ses équipes dans de nouvelles zones, comme la province du Mai-Ndombe, dans l'ouest du pays, où une équipe d'urgence intervient pour limiter la propagation de l'épidémie dans les aires de santé situées le long de la rivière Kasaï, notamment Kwamouth, Bolobo et Nioki.

L'équipe d'urgence se déplace continuellement, ce qui permet d'adapter la réponse et d'atteindre les personnes vivant dans des zones difficiles d'accès. « Le simple fait d'acheminer les vaccins jusqu'au point de vaccination est une tâche énorme.

Nous devons les garder au frais, et pour cela, il faut des frigos, des générateurs, du carburant, des moyens de transport rapides, ainsi qu'un système de maintenance, explique Pierre Van Heddegem, coordinateur de l'équipe d'urgence. Plusieurs aires de santé ne bénéficient d'aucun soutien de la part d'autres organisations, malgré des besoins évidents. »

Sans une mobilisation massive de fonds et le déploiement d'acteurs sur le terrain, cette crise risque d'empirer. « Deux mois après avoir été déclarée officiellement, et quelques semaines avant la rentrée scolaire, l'épidémie ne montre pas de signe de ralentissement.

La situation s'aggrave depuis juillet, avec une hausse des nouveaux cas de rougeole enregistrée dans plusieurs provinces. Si nous voulons maîtriser cette épidémie, il est impératif de renforcer la réponse dès maintenant », conclut Karel Janssens.

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