Sénégal: Le Ndande Maayoo étale ses maux, à travers une marche populaire

Enclavement, obscurité, insécurité et absence d'infrastructures socio-économiques de base, les populations du Ndandé Maayoo, dans la région de Matam, qui fléchissent sous le poids des urgences manifestent leur désarroi.

Des chefs de village du «Ndande Maayoo» dans la région de Matam, accompagnés de plusieurs habitants venant des 37 villages de la contrée, regroupés au sein du mouvement «Ndande Maayoo Emergent», ont marché hier lundi dans la capitale régionale (Matam) sous le soleil pour dénoncer toutes les difficultés auxquelles leurs localités sont confrontées.

C'est en arborant des brassards rouges et en brandissant des pancartes et des banderoles sur lesquels ils ont fait part de leur désarroi, envers les autorités gouvernementales, que les manifestants ont expliqué les multiples problèmes auxquels ils sont confrontés.

Parmi lesquels l'enclavement, l'insécurité et le manque d'électrification, aux quels maux s'ajoute le manque d'infrastructures socio-économiques de base notamment en matière de santé et d'éducation.

Une situation qui a fini de mettre en colère ces populations qui ont décidé, finalement, d'organiser une marche pour interpeller directement le Chef de l'Etat sur leur condition de vie, en remettant un mémorandum au gouverneur de la région.

Pour les manifestants, le bitumage de l'axe de cette zone frontalière du Dandé Maayoo, de Navel à Dembancané, s'inscrit comme une priorité à satisfaire.

Rappelant, à cet effet, que l'actuelle piste latéritique reliant quarante-trois (43) villages sur un linéaire de 140 km, classifiée RN42, réalisée en 2003 par l'ancien régime, en l'absence d'aucune réhabilitation, se trouve dans un état de dégradation totale, à l'origine de plusieurs accidents mortels.

«Audelà des enjeux liés à une plus grande mobilité des populations, le désenclavement de cette partie du pays, présente des enjeux sécuritaires évidents (proximité avec la Mauritanie, lutte contre les trafics de toutes sortes, rapidité des éventuelles interventions des Forces de défense et de sécurité), sans oublier les enjeux économiques relatifs à la vocation agricole de la zone... », expliquent-ils.

REPENSER LE DECOUPAGE TERRITORIAL POUR UNE MEILLEURE PRISE EN CHARGE DES SPECIFICITES DU NDANDE MAAYOO

La zone du Ndandé Maayoo qui couvre le département de Matam et en grande partie le département de Kanel, compte 37 villages répartis entre 10 communes et trois (3) arrondissements que sont: Ogo (département de Matam), Wouro Sidi et Orkadiéré dans le département de Kanel.

Fort de l'actuel découpage territorial, les populations sont obligées de faire de longs détours pour régler de banales questions administratives.

Par exemple, les habitants de Thiemping sont obligés de faire un détour de 50 km pour rallier la capitale départementale Kanel et 56 km pour atteindre le chef-lieu de l'arrondissement qui est Wouro Sidi; alors qu'à vol d'oiseau, la distance ne dépasserait point 15 km.

En plus de ces entraves, le mouvement se rechigne contre l'insécurité, la non protection des berges et le désenclavement.

Comme du reste, la faiblesse de la qualité des services qui motive d'ailleurs l'une de leur demande qui a trait «au relèvement du plateau technique, à la construction de lycées, de Commissariat de Police, de Brigade de Gendarmerie et de Caserne de Sapeurs-pompiers».

Pour une meilleure prise en charge des spécificités de la zone, les membres du mouvement émettent ainsi l'ardent vœu de pouvoir disposer d'une administration plus rapprochée par l'érection d'un arrondissement dans le Ndandé Mayoo.

Pour expliquent- ils « une réduction de l'enclavement administratif et celle de la souffrance des populations en quête de papier administratif, le renforcement de la sécurité et le relèvement du plateau technique ».

PRISE EN CHARGE DE LA DEMANDE SOCIALE

Dans le mémorandum adressé au Chef de l'Etat, les doléances formulées par le mouvement, sous forme d'urgentes attentes à satisfaire, interpellent aussi l'autorité suprême sur la santé, l'agriculture, l'éducation et l'électrification.

En ce qui concerne le volet agricole, c'est une meilleure qualité des aménagements qui est demandée. Après avoir jugé que «les aménagements qui existent sont insuffisants, ne couvrent pas les besoins des populations et ne garantissent pas la sécurité alimentaire».

Sans parler, selon eux, «des coûts élevés d'exploitation durant une campagne et qui mettent les producteurs dans une précarité sans commune mesure vis-à-vis des institutions financières et conduisent certains à abandonner leurs parcelles d'exploitation agricole».

S'agissant de la santé, les demandes des populations portent sur «l'achèvement du centre de santé de Waoundé et aussi sur l'ouverture d'autres centres secondaires».

Mettant à profit les multiples efforts consentis par les émigrés dans le domaine de l'éducation, les populations sollicitent que l'Etat procède à l'ouverture d'autres lycées et du centre de formation de Thiemping, annoncé voilà plusieurs années.

Sur la grande liste des urgences en attente de solution, l'électrification occupe une place nodale dans les différentes doléances des populations. Tout comme l'accès à l'eau potable, s'il reste annoncé que dans certains villages, les populations continuent de s'abreuver à partir des mares ou de l'eau du fleuve...

Considérant que les «exigences politiques et financières de leurs revendications ne relèvent exclusivement que de la compétence de la plus haute autorité de l'Etat», les populations des trente-sept (37) villages du Ndandé Maayoo, invitent ainsi le Chef de l'État, Macky Sall, à intercéder en leur faveur pour que des solutions soient apportées, afin que la zone du Ndandé Maayoo puisse sortir de cette situation d'attente qui la caractérise.

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