Togo: Sénanu Alipui - 'Le Togo de 2006 n'est pas celui de 2019'

20 Août 2019
interview

Ce mardi 20 août marque le 13e anniversaire de l'Accord politique global (APG). Le texte signé entre le pouvoir et la majorité était une feuille de route destinée à renforcer le fonctionnement de la démocratie.

Il prévoyait, notamment, la formation d'un gouvernement d'union nationale, la recomposition de la Commission électorale ou encore l'accès libre des partis politiques aux médias d'Etat.

Pour Sénanu Alipui, le président du groupe parlementaire UFC (opposition), cet accord 'a fait son temps' et il faut passer à autre chose.

Quels ont été les acquis de cet APG ?

En premier lieu, le retour à la paix après les tensions qui avaient émaillé la succession du Président Gnassingbé Eyadema (décédé en février 2005, ndlr).

Cet accord a permis de faire retomber les tensions et de mener un processus électoral consensuel qui a débouché sur les législatives de 2007.

De la réforme de la Céni et passant par le mode de scrutin, le recensement et les conditions d'éligibilité, cet accord, s'il avait été exécuté de bonne foi par l'ensemble des parties, aurait fait gagner une décennie sur la voie du développement.

Mais dix ans après, tout ça date un peu

Cet accord a fait son temps. Hormis l'épineuse question de l'alternance, les préoccupations des Togolais ont changé.

La politique laisse progressivement sa place à l'économie, à la sécurité et au social. La population fait face à d'autres défis comme le chômage, l'insécurité, l'insalubrité sur fonds d'incivisme.

Le Togo de 2006 n'est pas le Togo de 2019. Il y a aujourd'hui une forte volonté de structurer le pays pour le développement, mais reste le plus dur, le changement des mentalités.

Sur l'APG, certains aspects peuvent être améliorés. Je pense au financement des partis, au quota des candidatures féminines, au vote de la Diaspora, au découpage électoral ...

Le Togo a connu une nouvelle crise politique il y a deux ans. Quels enseignements tirez-vous de ces évènements ?

Une crise de cette nature et de cet impact met forcément du temps à se résorber d'autant que les Togolais continuent de gérer les conséquences économiques, sociales et politiques désastreuses de cette instabilité.

Le gouvernement doit poursuivre les mesures d'apaisement et permettre à tous les acteurs politiques à l'intérieur et à l'extérieur de participer au jeu politique sans entraves. C'est le prix de la paix et du vivre ensemble.

Il y a un mécontentement justifié lié aux mesures concernant l'encadrement des manifestations publiques. Comme enfants de l'Ablodé, de la liberté, c'est vrai que la pilule est amère. Mais la sécurité et la paix sont des conditions indispensables.

Pour éviter que la rue soit perçue comme une alternative, il faut un dialogue permanent au sein de la classe politique et une action concertée sur les grandes questions d'intérêt national.

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