Burkina Faso: Situation nationale - « La malchance du Burkina, c'est d'avoir Roch à la tête du pays »

Ablassé Ouédraogo, le président de Le Faso Autrement ne partage pas les conclusions du dialogue politique tenu en juillet dernier. Il considère d'ailleurs que c'était une rencontre de l'exclusion, car elle s'est tenue en l'absence d'une importante partie de l'opposition. Pour lui, tout ce que le Burkina Faso connaît comme difficultés actuellement sur le plan sécuritaire est imputable au président Roch Marc Christian Kaboré. C'était au cours d'une conférence de presse le mardi 20 août 2019 au siège de son parti à Ouaga 2000.

Une conférence de presse avec Ablassé Ouédraogo comme principal animateur, cela remontait à des mois. C'est ce qui, peut-être, pourrait justifier la forte affluence des hommes de médias à la rencontre du 20 août dernier.

« Simulacre de dialogue politique : que retenir de cette nouvelle mascarade du président Roch Marc Christian Kaboré ?», c'est le thème retenu par le président de Le Faso Autrement pour s'entretenir avec les hommes de médias. Le président du Faso, ayant voulu que les décisions prises lors de la grande rencontre majorité/opposition soient consensuelles afin qu'il puisse les soumettre au gouvernement et à l'Assemblée nationale, a oublié, selon Ablassé Ouédraogo, que celles-ci sont biaisées. Car, a-t-il affirmé, toutes les composantes de la société, à savoir la société civile, les syndicats, les religieux, les coutumiers et les autres acteurs politiques, ont été éloignées de la concertation. En lieu et place d'un dialogue politique, Le Faso Autrement préconise un dialogue national. Pour ceux qui reprochent à l'économiste de réagir après coup, il dit ceci : « Je ne suis pas un va-t-en-guerre. Il fallait attendre les conclusions et les recommandations du dialogue pour réagir. Le Faso Autrement réagit comme il se doit pour être utile dans le débat politique ».

A cette conférence de presse, le chef de file de l'opposition, Zéphirin Diabré, qui a conduit les partis de l'opposition au dialogue, n'a pas été épargné. Le tenant du crachoir doute de la légitimité de ce dernier, car, dit-il, il œuvre à contenir l'opposition afin d'asseoir et de consolider le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré. Certes, a-t-il indiqué, au sortir des élections législatives de novembre 2015, c'est parce que le parti de Diabré, l'UPC, a obtenu le plus grand nombre de députés, soit 33, que le poste de CFOP lui revient. Mais depuis lors, a-t-il indiqué, la situation a évolué. « Diabré n'a plus de légitimité. Pour qu'il soit légitime, il doit exclure immédiatement les 14 députés qui forment le groupe parlementaire Renouveau démocratique. Ainsi, il lui restera 19 députés qui sont de vrais opposants. C'est vrai que c'est le chef du parti qui a le plus grand nombre de députés qui est le chef de file de l'opposition, mais si vous dégringolez de 33 à 19, il y a une érosion dans votre parti qui joue sur votre crédibilité. Si j'étais Zéphirin, j'allais prendre mes responsabilités : faire savoir que je ne peux plus diriger le CFOP », a affirmé celui qui dit n'avoir jamais été associé à une réunion du CFOP dont pourtant il est membre.

La dégradation continue de la situation sécuritaire amène Ablassé Ouédraogo, membre de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER),à conclure que c'est dans la poisse qu'est le Burkina Faso. Et la malchance du pays, selon lui, c'est d'avoir Roch Kaboré, premier des Burkinabè, et Zéphirin Diabré à la tête de l'opposition. Le salut du pays, pour lui, viendrait de la démission de Roch. « Je le dis avec beaucoup de peine, le Burkina Faso va très mal. Nous pouvons mieux faire. La dégradation de la situation sécuritaire doit nous amener tous à nous poser des questions sur l'avenir de notre pays. Il n'y a plus d'investissement. L'économie est à terre. La carte de notre pays est peinte en rouge. Tous les jours des hommes meurent. Il faut que chacun mette de côté son intérêt personnel au profit de l'intérêt général. Je n'ai rien contre le président Kaboré. Je demande sa démission afin que le Burkina Faso ait un meilleur avenir».

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