Madagascar: Restrictions budgétaires - Vive tension entre sénateurs

Face à cette situation, la démission du Questeur numéro 1 est même réclamée du côté du Palais de verre d'Anosikely.

Le face-à-face entre le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Ntsay Christian et les sénateurs s'est déroulé hier. Une occasion pour le locataire de Mahazoarivo de présenter aux membres de la Chambre haute la Politique Générale de l'Etat. La séance s'est déroulée sous le signe du respect mutuel. Et ce, même si au début de la rencontre, le président du Sénat, Rivo Rakotovao a annoncé que le Sénat n'a reçu le document que ce jour (ndlr : hier matin). En général, les sénateurs sont convaincus et ont exprimé leur satisfaction par rapport aux programmes inscrits dans la PGE. « Nous allons désormais veiller à la réalisation de tous ces projets », a déclaré le président du Sénat Rivo Rakotovao à la fin de la séance.

Composé majoritairement de partisans du « Kravaty manga », le Sénat semble vouloir accordé un délai de grâce au Gouvernement Ntsay Christian. D'ailleurs, dans son discours de fermeture de la rencontre, Rivo Rakotovao, président du Sénat a déclaré qu' « il faut laisser de côté la divergence de points de vue, il convient de se donner la main pour songer aux intérêts supérieurs du peuple malgache ». En quelque sorte, le numéro Un du parti « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara » tend la main au régime en place. Toutefois, la sincérité de cette déclaration est à vérifier car nul n'ignore que le HVM se rallie au « Tiako i Madagasikara » de Marc Ravalomanana au sein du « Rodoben'ny Mpanohitra hoan'ny Demokrasia eto Madagasikara ».

Démission. En tout cas, les sénateurs ont profité de la séance plénière d'hier pour interpeller le Premier ministre Ntsay Christian par rapport, entre autres, au Plan Sectoriel de l'Education qui fait débat actuellement, la lenteur du traitement des dossiers au niveau de la Justice et la lutte contre l'insécurité. Mais la rencontre était surtout une occasion pour les membres de la Chambre haute de réclamer leurs avantages. Aussi, ont-ils haussé le ton contre leurs indemnités de session impayées, mais aussi et surtout contre les restrictions budgétaires prévues dans la Loi de Finances. Certains sénateurs accusent même le gouvernement de « prendre en otage le Sénat ».

Cette situation provoque de vive tension entre sénateurs. A l'exemple de l'intervention du Sénateur Randrianandrasana Auguste Philippe qui a pointé du doigt publiquement le Questeur numéro 1, Abdirassoul Mohamed Mourad. Selon ses dires, c'est l'incompétence du Questeur 1 qui est à l'origine des problèmes de budget auxquels le Sénat fait face actuellement. Suite à cette affaire, ce sénateur indépendant issu de la Région Atsimo Atsinanana réclame la démission du Questeur 1 du Sénat. Quant à lui, le Premier ministre Ntsay Christian a expliqué que le Sénat n'est pas la seule Institution faisant face à des restrictions budgétaires. « Cette mesure s'applique à tous les Ministères et à toutes les Institutions », a-t-il fait savoir. Et de poursuivre que l'argent sera utilisé pour la réalisation de tous les projets inscrits dans la Politique Générale de l'Etat. Ce jour, le Sénat convoque les partis politiques, la Société civile et toutes les entités qui souhaitent apporter leur point de vue concernant le projet de loi sur l'opposition.

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