Guinée: RSF dénonce le harcèlement judiciaire de la radio Lynx FM

Vue de Conakry, en Guinée (image d'illustration).
communiqué de presse

Les journalistes guinéens Souleymane Diallo et Boubacar Alghassimou Diallo, de la radio Lynx FM, ont été placés sous contrôle judiciaire pour des propos tenus par une auditrice. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un harcèlement illégal et réclame l'abandon des poursuites à leur encontre.

Boubacar Alghassimou Diallo, animateur de l'émission interactive « Œil du lynx » sur Lynx FM, a été entendu par la justice et placé sous contrôle judiciaire, le 21 août 2019 à Conakry, pour « complicité de diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique ».

Selon l'avocat du journaliste, maître Salifou Béavogui, « il est interdit à notre client de sortir du territoire de Conakry sans autorisation du juge. Il doit se présenter au tribunal lundi, mercredi et vendredi. Il ne doit pas animer l'émission jusqu'à nouvel ordre. »

Le président-directeur général du groupe de presse Lynx/ Lance/ Lynx FM, Souleymane Diallo, avait lui aussi été placé sous contrôle judiciaire deux jours plus tôt. L'ancien correspondant de RSF est tenu de se présenter au tribunal tous les mercredis et vendredis.

Les deux journalistes sont mis en cause pour une émission interactive diffusée deux semaines plus tôt, au cours de laquelle une auditrice a accusé un responsable guinéen d'avoir détourné les primes de militaires de son pays en mission dans le Nord du Mali.

« Nous sommes vivement préoccupés par cette nouvelle forme de censure, qui viole la loi de façon flagrante dans un pays où les délits de presse sont dépénalisés depuis 2010, déclare Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l'Ouest de RSF. La loi sur la cybercriminalité, invoquée pour inculper les journalistes, n'est qu'un subterfuge pour pouvoir continuer de harceler les médias libres ».

Les autorités guinéennes font régulièrement fi de la dépénalisation des délits de presse. L'administrateur général du site conackrylive.info, Lansana Camara, est resté en garde à vue une semaine, en mars 2019, pour avoir publié un article mettant en cause le gouvernement dans une affaire de détournement de fonds.

La Guinée occupe la 107e place sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2019 par RSF.

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