Sénégal: "Le Kankourang ne rime pas avec violence", précise le préfet de Mbour

Mbour — Le préfet du département de Mbour (ouest), Saër Ndao, a rejeté mercredi l'idée tendant à associer les activités du Kankourang (masque et rituel de la circoncision chez les mandingues) à la violence.

"Kankourang ne rime pas avec violence, et c'est ce qu'il faut enlever de la tête des gens. Kankourang n'est pas forcément violence, ce sont des gens qui ont voulu le transformer en quelque chose de violent, ce que nous refusons", a martelé Saër Ndao.

Il présidait mercredi une réunion de préparation des activités socioculturelles de la collectivité mandingue de Mbour, en présence, entre autres, de plusieurs chefs de services de l'Etat.

"Le Kankourang est un évènement culturel qui (... ) fait appel à la paix, à la sérénité, mais aussi à une certaine responsabilité auprès des organisateurs. La responsabilité revient toujours aux organisateurs. Et si nous parvenons à assumer les responsabilités, nous pouvons assurer la sécurité des populations", a promis M. Ndao.

Il s'est engagé à tout faire afin que la violence puisse disparaître "totalement" à l'occasion des sorties du Kankourang. "Nous allons prévenir l'insécurité durant ces activités culturelles. Et nous pensons qu'avec des échanges et une bonne collaboration, nous y parviendrons", a-t-il insisté.

Pour le préfet de Mbour, le Kankourang peut certes sortir, mais faudrait-il encore que cela se fasse dans le respect des populations qui, elles aussi, ont besoin de liberté de mouvement et de quiétude.

Les responsables de la collectivité mandingue, par la voix de leur secrétaire général adjoint, Kadialy Seydi, ont rappelé que la sauvegarde du patrimoine de leur communauté est fondée sur une éducation traditionnelle basée sur les valeurs morales et sociales, comme le respect de la hiérarchie et le sens de la solidarité.

Ils estiment que le Kankourang, symbole du rite d'initiation mandingue élevé au rang de patrimoine culturel immatériel de l'humanité, ne mérite pas le sort qui lui a été réservé durant ces dernières années.

"Toute incompréhension, tous comportements et malentendus savamment entretenus constituent un frein à la valorisation de la culture mandingue nécessaire pour sa sauvegarde. Nous sommes tous des parents, des amis. Et les amitiés vivent plus de l'intelligence que du cœur, et toute force réside plus dans la pondération que dans l'agitation", a dit M. Seydi.

Pour les sorties du Kankourang prévues à partir de dimanche 1er septembre, il estime qu'il faudra "un fort esprit de dépassement, de tolérance, de respect de la légalité et de maîtrise de toute situation".

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Plus de: APS

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