Congo-Kinshasa: Gouvernance - L'IGF instruite d'auditer les dépenses ministérielles depuis Janvier

Dans une lettre datée du 17 août adressée à l'Inspecteur général des finances, l'administrateur-général de l'Agence nationale de renseignements (ANR) lui demande d'auditer « tous les décaissements de fonds du Trésor public en faveur de tous les ministères du gouvernement depuis l'investiture de Félix Tshisekedi ».

Le gouvernement sortant est de nouveau sur des braises ardentes. Alors que le nouvel exécutif national est en instance de publication, l'ex-Premier ministre Bruno Tshibala et ses ministres se retrouvent déjà dans le collimateur de l'ANR qui veut en savoir plus sur les dépenses effectuées dans les différents cabinets ministériels depuis l'avènement au pouvoir de Félix Tshisekedi.

Une correspondance postée sur la toile estampillée « ANR » datée du 17 août signée par l'administrateur-général adjoint, Jean-Hervé Mbelu Biosha, en lieu et place de son titulaire en mission, constitue la source de cette information qui fait jaser. Loin de s'interroger sur l'authenticité de ce document destiné à l'inspecteur général à qui il est demandé de diligenter un audit dans les différents ministères depuis l'investiture de Félix Tshisekedi en janvier dernier, d'aucuns s'attellent uniquement sur le fond de la démarche saluée par plus d'un.

L'Inspection générale des finances (IGF) est donc instruite, au terme de cette correspondance, d'auditer « tous les décaissements de fonds du Trésor public en faveur de tous les ministères du gouvernement depuis l'investiture de Félix Tshisekedi ». L'IGF est astreinte également de saisir tous les bons de retrait de fonds émis par les différents ministères, d'exiger d'eux tous les dossiers initiés pour sortir ces fonds et de faire les rapports circonstanciés sur lesdits dossiers. Cette mesure intervient dans un contexte de suspicions des détournements au niveau des ministères dont plusieurs ne constituent pas un modèle de gestion.

Le détournement de 600.000 dollars, décaissés par le ministère des Affaires sociales à une opération humanitaire dans le Sud-Kivu, est sans doute l'élément motivateur de cet audit dont les résultats sont attendus fiévreusement dans l'opinion. En clair, chacune des dépenses engagées par les différents ministères depuis janvier dernier doivent être passées au crible. Car, au-delà des dépenses de fonctionnement et de paiement du personnel auxquelles les ministres étaient autorisées d'effectuer, d'autres ne répondant à aucune urgence auraient été affectés à des charges extra-institutionnelles, révèlent des sources.

Toutefois, certains analystes font observer que l'ANR n'est pas habilitée à instruire l'IGF d'initier cet audit. « L'ANR a-t-elle le pouvoir de demander à l'inspecteur général des Finances de lancer un audit ? Sachant qu'il existe une Cour des comptes et que l'Inspection générale des finances n'a pas besoin d'une demande pour se saisir », réfléchit-on à haute voix. En somme, pour nombre de Congolais, qu'importe la procédure, pourvu que, au bout du compte, on puisse sanctionner le coupable ou ceux qui gèrent mal.

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