Congo-Kinshasa: Regain d'insécurité dans le Sankuru - Une urgence nationale

Jusqu'à quand laisse-t-on pourrir la situation dans le Sankuru ? Alors que toute l'attention est concentrée vers l'Est où persiste l'insécurité dans l'Ituri, couplée à la persistance du virus Ebola dans le Nord-Kivu et son extension dans le Sud-Kivu, dans le Sankuru couve un drame qui pourrait prendre des proportions inquiétantes si on tarde à se pencher dessus.

Les plus hautes autorités du pays doivent s'impliquer pour ramener le calme et la cordialité entre les communautés locales, au moment où des leaders politiques, non autrement identifiés, cherchent à attiser le feu.

Des nouvelles en provenance de la province du Sankuru ne sont pas heureuses. Dans cette partie de la République, apprend-on, insécurité et tueries font bon ménage au grand dam de paisibles habitants qui ne savent plus à quel saint se vouer. Déjà, 9 morts sont à déplorés, dont un chef coutumier, sans compter son enfant qui a été brûlé vif par des inconnus. Il y a péril en la demeure.

Si, ce coin de la République n'est pas encore une poudrière susceptible de prendre feu à la moindre étincelle, il suffit d'un petit moment d'inattention pour que cela devienne réalité. C'est sans doute le moment indiqué pour agir.

Pendant ce temps, non contents de cette situation qui n'a que trop duré, les notables de cette jeune province tirent la sonnette d'alarme. L'espoir, c'est de voir leurs cris remonter rapidement aux oreilles du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de la part de qui, ils attendent une solution durable à l'insécurité qui sévit dans la province.

Etablir les responsabilités

Au Sankuru, il est certes difficile d'établir des responsabilités dans cette espèce de conflits aux allures de lutte politique entre partis et leaders, pourtant d'une même famille politique, le FCC. C'est ce qui étonne encore les esprits. Mais, dans cette guerre fratricide, c'est le nom d'un parti politique bien connu à Lodja, et dont le leader a été battu lors de l'élection du gouverneur de la province du Sankuru, qui revient toujours sur les lèvres de ceux qui relatent les faits.

Me Roger Pole, l'un des notables du Sankuru, également conseiller juridique de l'actuel gouverneur du Sankuru, a, lors d'un reportage diffusé dans un journal télévisé de la place, affirmé que sa province était «victime de l'insécurité et de l'intolérance politique», évoquant plusieurs cas de tueries «en chaînes», dont le double meurtre d'un chef coutumier et d'un fédéral du PPRD.

Sans le citer, ce conseiller du gouverneur déplore le fait que la Convention des Congolais Unis (CCU) cherche toujours à prendre de l'ascendant sur toute une entité. Même si beaucoup n'hésitent pas de faire le lien entre la recrudescence de la violence et la gifle électorale reçue par le leader de cette formation politique.

Nombre d'analystes politiques pensent que cet échec devrait plutôt interpeller les ténors de cette formation politique afin de rectifier les tirs, dans la perspective de prochaines échéances électorales.

A tout prendre, la situation sécuritaire dans ce coin du pays reste préoccupante, alors que la RDC amorce encore sa première transition politique démocratique et civilisée. Ce qui risque de casser ce nouvel élan.

En tant que magistrat suprême de la République, le chef de l'Etat devait se pencher sur le drame qui couve dans le Sankuru. Il s'agit de mettre hors d'état nuire ceux qui veulent faire basculer le Sankuru dans l'horreur. Les filles et fils de cette province ne demandent pas autre chose que la paix et la tranquillité. Rétablir la paix dans le Sankuru est une urgence nationale.

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