Congo-Kinshasa: Sommet de Luanda - Le président rwandais salue la sagesse de Félix Tshisekedi et Joao Lourenço

La quadripartite organisée le mercredi 21 août à Luanda a réuni autour de l'Angolais Joao Lourenço, le Congolais Félix Tshisekedi, le Rwandais Paul Kagame et l'Ougandais Yoweri Kaguta Museveni. Dans les discussions qu'ils ont eues, Paul Kagame a salué la marque de sagesse dont ont fait preuve F. Tshisekedi et Joao Lourenço dans le règlement du conflit Rwanda-Ouganda.

Le président rwandais Paul Kagame a salué les « sages conseils » prodigués par Félix Tshisekedi et Joao Lourenço, grâce auxquels le Rwanda et l'Ouganda ont mis un terme au différend qui les opposait en signant un accord de paix. Le protocole d'accord que les deux parties ont conclu à Luanda en présence des présidents de l'Angola, Joao Lourenço, de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi et du Congo, Denis Sassou Nguesso est un signal fort pour les autres pays de la région.

Après la cérémonie, le président Kagame a dit ne s'attendre à aucun problème dans sa coopération «plus précise avec le président Museveni pour traiter ce que nous nous sommes engagés à traiter ».

Avant la signature de cet accord de paix entre le Rwanda et l'Ouganda, les relations entre les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni se sont détériorées au cours de derniers mois, au point d'amener ces anciens alliés à s'accuser mutuellement d'espionnage, d'assassinat politique et d'ingérence dans les affaires intérieures.

Voilà pourquoi l'initiative de Félix Tshisekedi et Joao Lourenço est à saluer dans la mesure où l'accord signé entre les parties devra contribuer significativement à la stabilisation de la région, étant donné que le Rwanda et l'Ouganda jouent chacun un rôle non négligeable dans la pacification de la région des Grands Lacs.

Il faut noter que le sommet de Luanda est le résultat de l'initiative diplomatique du président Félix Tshisekedi. Initiative lancée le 31 mai 2019 à Kinshasa, dans le cadre du sommet tripartite entre les chefs d'Etats de l'Angola, du Rwanda et de la RDC, à l'issue de laquelle les parties avaient résolu d'œuvrer conjointement pour la sécurité en RDC ainsi que la stabilité dans toute la région.

Pour relever le défi, les experts ont requis l'intégration de l'Ouganda dans ce cadre d'échanges car, ont-ils estimé, les tensions entre Kigali et Kampala ne pouvaient nullement faciliter la paix dans la région de Grands Lacs, encore moins une mobilisation de toute la région pour atteindre les objectifs fixés par la tripartite.

C'est alors que naquit le sommet quadripartite entre les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Angola, de l'Ouganda, du Rwanda et de la RDC, tenue à Luanda (Angola) le 12 juillet dernier dans le souci de favoriser le dialogue entre le Rwanda et l'Ouganda, un préalable à la pacification de l'Est de la RDC et la stabilité régionale.

Félix Tshisekedi a donc intérêt à rapprocher les deux protagonistes pour autant que les tensions entre Kampala et Kigali étaient susceptibles de rallumer le feu à la situation d'insécurité que vit la RDC dans sa partie Est, frontalière avec le Rwanda et l'Ouganda, suite à d'éventuelles batailles entre les deux pays par groupes armés interposés, sur le sol congolais.

Paix durable, un objectif à atteindre

Le Rwanda accusait sans cesse l'Ouganda de soutenir certains groupes armés actifs dans l'Est de la RDC, portant ainsi atteinte au pouvoir de Kinshasa.

Redoutant de subir des effets de marginalisation d'une initiative de la RDC qui met en branle l'Ouganda et le Rwanda, avec l'appui de l'Angola, la République du Congo, qui dirige la poussive CIRGL, a fini par rejoindre ce cadre d'échanges qui devient ainsi élargi cinq chefs d'Etat.

Fondamentalement, la signature de l'accord d'entente entre Paul Kagame et Yoweri Kaguta Museveni ne constitue qu'une étape d'un processus devant donner lieu à la neutralisation des groupes armés et au développement de la coopération sous-régionale. Pour maintenir allumée la flamme de la paix, les présidents Tshisekedi et Lorenço devraient continuer à offrir leurs bons offices à l'Ouganda et au Rwanda, en vue de la mise en œuvre effective de cet accord d'entente.

En mars 2018, Paul Kagame et Yoweri Museveni ont signé en Ouganda, un accord de coopération censé ouvrir la page de la normalisation de leurs relations diplomatiques. Fin 2018 et début 2019, la tension était devenue vive entre les deux pays.

En perspective, la tripartite muée en quadripartite élargi à cinq se projette sur le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays signataires de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région, prévue en octobre prochain à Kinshasa.

L'Accord-cadre d'Addis-Abeba, signé le 24 février 2013, vise à favoriser la résolution des causes profondes des cycles de violences à l'Est de la RDC et la région. Six ans après, le résultat sur le terrain reste mitigé. Il est assorti des engagements nationaux, régionaux et internationaux.

Tout compte fait, l'objectif de l'initiative diplomatique du président Tshisekedi consiste donne un nouvel élan dans la recherche de la paix, la sécurité et la stabilité, en préconisant le dialogue entre les pays de la région. Ce, en redonnant notamment de la pertinence à l'Accord-cadre d'Addis-Abeba.

Des experts attestent que la stratégie du président Félix Tshisekedi pour la restauration et la consolidation de la paix et la sécurité se situe à trois volets. Le renforcement de capacités des forces de sécurité et de défense, la promotion de la réconciliation nationale entre les communautés locales ainsi que la diplomatie régionale.

Somme toute, la nouvelle dynamique dans la coopération entre la RDC et les autres pays du cadre d'échanges à 5 confère un rôle à Kinshasa, en vertu duquel il devrait œuvrer conjointement avec l'Angola pour accompagner l'Ouganda et le Rwanda dans la matérialisation de cette entente, nécessaire à la sécurité dans l'Est de la RDC et à la stabilité régionale.

Kinshasa se prépare

Après le sommet quadripartite Angola-Ouganda-Rwanda-RDC, tenu le 12 juillet à Luanda, une mission conjointe a été initiée par les présidents angolais et congolais auprès des autorités rwandaises et ougandaises, dans la perspective de la réconciliation entre ces dernières.

Pour la RDC, c'est le coordonnateur du Mécanisme national de suivi et Haut représentant du chef de l'Etat près le Mécanisme régional de suivi, Claude Ibalanky Ekolomba, a été dépêché au titre d'envoyé spécial du président Félix Tshisekedi pour mener la facilitation.

Ce fin diplomate, réputé très discret, vient de gagner un pari qui fait l'honneur du président Félix Tshisekedi. Après ce challenge, Claude Ibalanky devra ainsi relever le défi de l'organisation du sommet de chefs d'Etat et de gouvernement de pays signataires de l'Accord-cadre d'Addis-Abeba, prévu en octobre prochain à Kinshasa.

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