Gabon: Demande d'expertise médicale sur la santé d'Ali Bongo - Il ne faut pas rêver

Gabon, Ali Bongo Ondimba candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG) à l'élection présidentielle du 30 Aout.
analyse

La dernière apparition publique du président gabonais, Ali Bongo, lors de la célébration du 59e anniversaire de son pays, le 17 août dernier, n'en finit pas d'alimenter la polémique, au Gabon. Car, on a l'impression qu'il s'agit d'une sortie qui, visiblement, était destinée à émousser les ardeurs du collectif « Appel à agir » et des personnalités de l'opposition qui avaient, courant mars 2019, demandé à la Justice gabonaise, de se pencher sur une requête d'expertise médicale de celui-là même qui se dit apte à présider aux destinées du Gabon.

Cette demande de la société civile et de certains cadres de l'opposition dont des députés, avait, en effet, été rejetée en première instance, début mai, et ce, alors même que le président gabonais, sur les images, apparaît très mal en point. Pourquoi une telle addiction au pouvoir ? Est-on tenté de se demander. A dire vrai, Ali Bongo ne rend service ni à lui-même ni à son peuple qui a droit à la vérité. Mais comme on le sait, ils sont nombreux, ses courtisans qui, dans l'ombre, s'emploient pour que capote cette demande d'expertise médicale qui devrait pourtant couper court à toutes les supputations. Cela dit, les cimetières étant pleins de «gens indispensables », Ali Bongo doit comprendre qu'il est après tout un mortel et s'attacher plutôt à l'image que les Gabonais garderont de lui.Avant que cette bataille judiciaire ne connaisse son épilogue, il faut se féliciter de l'attitude de la Cour d'appel de Libreville.

La controverse sur l'état de santé du fils Bongo doit être clarifiée

En effet, elle a accepté la requête de l'opposition, s'opposant ainsi au verdict de la Cour de cassation qui avait prononcé une mesure suspensive, lui demandant de ne pas se prononcer sur le dossier tant que sa propre décision n'est pas rendue. La Cour d'appel a donc fait fi de cette dernière injonction de la Cour de cassation, en se déclarant, de fait, apte à juger cette affaire. Mais jusqu'où ira-t-elle ? Fera-t-elle preuve d'impartialité ? Rien n'est moins sûr. Car, il est très peu probable qu'elle prononce une demande d'expertise médicale sur l'état de santé d'Ali comme le réclament la société civile et l'opposition. Car, c'est connu, la Justice dans une république bananière comme le Gabon, ne peut pas avoir le culot d'aller contre la volonté du prince régnant. La preuve, pour ceux qui doutaient encore, est que le magistrat qui avait jugé recevable la requête de l'opposition, a été relevé de ses fonctions.

Il ne faut pas rêver, car l'on ne voit pas comment les juges d'appel pourront se montrer à la hauteur de l'Histoire quand on sait qu'il n'y a jamais eu de Zorro de cette espèce au Gabon, contrairement à ce qu'on a vu sous d'autres cieux, où l'on a été séduit par des juges comme au Niger, au Kenya et aux Comores, qui avaient prononcé des décisions en défaveur de leurs dirigeants respectifs. Au Gabon, cela paraît, pour le moins, impensable. En tout cas, cette controverse sur l'état de santé du fils Bongo doit être clarifiée car le peuple gabonais mérite un président normal.

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