Sénégal: Cycles d'enseignement - Les résultantes des échecs aux examens

Les taux de réussite aux examens nationaux très décevants au regard des objectifs fixés et des moyens investis, ne sont-ils pas la résultante d'une inefficacité du système éducatif sénégalais ?

Le taux de redoublement, d'abandon et celui d'achèvement dans les différents cycles d'enseignement, constituent des agrégats explicatifs, in fine, des mauvais résultats des évaluations nationales.

Dans une politique de rentabilité des investissements dans le système éducatif, l'école publique sénégalaise présente, à contrario, un visage hideux : 57,30% pour le Certificat de fin d'études élémentaires (Cfee) et 51,71% pour le Brevet de fin d'études moyennes (Bfem) et enfin le Baccalauréat enregistre un taux de réussite de 37,07%.

A côté de l'instabilité quasi chronique, il va de soi qu'en partie, l'inefficacité du système a fortement impacté la qualité des enseignements-apprentissages.

En atteste ces mauvais résultats des trois évaluations certificatives 2019. Alors que l'école n'a pas connu de perturbations pouvant gruger les 1331 heures retenues dans le décret 2018-1815 relatif aux trimestres et à la durée des congés et vacances dans les établissements scolaires pour l'année 2018/2019, la tendance alarmante des taux d'échec se confirme année après année.

En l'absence de grèves, les résultats décevants paraissent surprenants. Et, pourtant, l'enchainement des échecs est la résultante des déterminants de l'échec scolaire.

En consultant de plus près les rapports annuels sur la situation de l'éducation (Rnse), la communauté éducative ne peut pas avoir mieux que ces taux de réussite très loin d'une offre éducative de qualité.

Les statistiques ressorties des documents rédigés par la direction de la Planification et de la Réforme de l'Education (DPRE), confortent la thèse d'une école à l'agonie.

Dans le Rnse de 2016, il a été mentionné que le système éducatif demeure marqué par le taux encore élevé des abandons (9,8%) à l'élémentaire.

Sur 100 enfants scolarisés en 2016, les statistiques montrent qu'environ 3,9 redoublent et 9,8% sont sortis du système. Pendant que le taux d'achèvement au niveau de l'élémentaire s'établit à 59,9%, contre 59,3% en 2015.

Au niveau du moyen, le rapport indique un taux de redoublement de 22,6% en 2015. S'agissant du taux d'abandon, il s'établit à 11,5% à la même année.

Dans le détail, on remarque que la déperdition est, souligne le rapport, plus importante en classe de troisième, où le taux de redoublement est de 25,7% tandis que celui d'abandon est de 18,4%. Ils dépassent sensiblement les valeurs nationales.

Dans le secondaire général, le taux de redoublement global est de 23,6% à la fin de l'année scolaire 2014-2015.

Le rapport national de l'année 2018 sur la Situation de l'Education (Rnse), indique que le taux de redoublement se situait à 3,68%, alors que l'abandon était de 10,61% au niveau national.

Le taux d'achèvement à l'Elémentaire connaît une évolution, passant de 59,3% en 2015 à 59,80% en 2018.

Les taux de déperdition élevés peuvent s'expliquer par l'existence d'écoles à cycle incomplet, les entrées tardives, la pauvreté des ménages et les mariages précoces, lit-on dans le rapport de 2016.

Ainsi, les mauvais résultats au Cfee, Bfem et Bac découlent des contreperformances scolaires enregistrées depuis quelques années, dans les classes intermédiaires.

Au niveau de l'élémentaire, le système a des difficultés à trouver la bonne formule pour l'atteinte de seuils de performance significatifs dans les disciplines clé que sont la lecture et les mathématiques.

Tout comme il a été mentionné que l'environnement des apprentissages, l'encyclopédisme du programme sénégalais et l'orientation et de guidance scolaire constituent des maillons faibles du système.

In fine, les résultats scolaires, de l'élémentaire au moyen secondaire, n'arrivent pas à dépasser la barre de 60%, loin des objectifs fixés dans le programme d'amélioration de la qualité, de l'équité et de la transparence (Paquet).

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