Burkina Faso: Rentrée incertaine pour les élèves du nord du pays

Près de 2.000 écoles sont toujours fermées. Les enseignants ont déserté les salles de classe en raison de l'insécurité. Des milliers d'élèves resteront probablement chez eux à la rentrée prochaine.

Moumouni Zongo, c'est le nom que nous lui attribuons pour sa sécurité, est un enseignant des lycées et collèges dans la région du centre nord. Il est conscient de son rôle dans l'éducation de ses élèves mais dit être contraint de quitter cette localité pour sa survie et pour celle de ses élèves.

"La nuit tout le monde a peur. On ne veut pas allumer nos torches pour qu'on sache qu'on est là. Mais il faut de la lumière pour pouvoir travailler. On ne peut pas demander à quelqu'un dans cette situation d'aller donner des cours. Tu te caches. La nuit tu vas allumer ta torche pour dire que tu dois donner des cours ? Si on t'abat. C'est toi qui es mort. C'est fini."

"400 000 enfants déscolarisés"

Selon les chiffres du ministère de l'Education nationale de l'alphabétisation et de la promotion des langues nationales près de 400 000 élèves sont déscolarisés du fait des attaques ou des menaces terroristes dans les zones à risques. L'année scolaire a ainsi été invalidée dans de nombreux établissements. Un redéploiement des enseignants dans les écoles fonctionnelles est envisagé au sein du gouvernement.

Le ministre en charge de l'Education nationale Stanislas Ouaro expliqu'"il faut travailler à les redéployer de façon à ce que si la situation sécuritaire le permet, que d'autres puissent aller travailler là-bas."

Certains enseignants courageux voulant faire face au terrorisme se sont retrouvés dans des salles de classe quasi vides.

Même la vaste opération militaire Doofu dans le nord impulsée par le président Roch Marc Christian Kaboré ne rassure pas les plus sceptiques.

"Le président Roch c'est vrai avait de la volonté pour résoudre le problème comme il l'a dit. Les terroristes ont prouvé qu'ils n'ont pas encore baissé les armes."

La décision de fermer les salles dans les régions à risque est relativement bien accueillie par une frange de parents d'élèves qui y voient une démarche responsable.

"C'est une bonne décision dans la mesure où c'est l'éducation qui est en jeu. Cela permet de donner une valeur au système éducatif national. Mon souhait serait que la capacité militaire dans ces zones soit renforcée."

Une capacité militaire renforcée dans le nord à travers l'opération Doofu qui enregistre des pertes considérables de soldats et de civiles burkinabé et qui engrangerait des succès de l'avis de l'armée. "Dans cette guerre nous gagnerons des batailles, nous en perdrons. Ce qui est important, c'est que nous puissions gagner la guerre", a récemment relativisé Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabé.

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