Congo-Brazzaville: Le sport - Une mine d'or dans le bassin du Congo

Le sport en Afrique subsaharienne, plus particulièrement dans le bassin du Congo, donne l'impression d'être une affaire d'exploitation minière et des flibustiers du temps moderne. Le sport est considéré à cet effet comme une mine d'or pour les uns et pour les autres il est une aubaine d'enrichissement illicite en vue de se frayer une voie dans la hiérarchie politique et sociale.

Dans ce secteur de la vie, tous les coups-bas sont permis : la politique de « Ote-toi que je m'y mette », le clientélisme régalent les uns et les autres au détriment des autres. Les dirigeants sportifs et les décideurs de différents gouvernements se comportent des fois en tabac de la même pipe. Le développement du sport ne constitue pas le cadet de leurs soucis. L'argent, les honneurs en « m'as-tu vu, m'as-tu entendu » arborant autant de surnoms et autres pseudonymes, en mots de passe, qui font la fierté et l'orgueil mal placé de ces mégalomanes impressionnistes. L'esprit créatif et d'innovation cède le podium à l'empirisme dans une gestion calamiteuse. Tout se recycle comme dans une tour d'ivoire : aujourd'hui égale à hier et demain à aujourd'hui. Tout le fonctionnement du sport dans cette partie de l'Afrique semble se cabrer au rond-point dans l'irrespect et l'inobservance à dessein des textes régulateurs du sport.

Monsieur le ministre des Sports de la RDC

Ce tableau non luisant du constat de la gestion et du développement du sport pousse les sportifs avertis à mettre la puce à l'oreille du ministre des Sports du gouvernement de la coalition FCC-Cach en République démocratique du Congo (RDC), sous la gestion du changement géostratégique du président Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo et du Premier ministre Sylvestre Ilunga Inkulumba. Ces révélations aideront le ministre à se doter déjà des armes susceptibles de faire de lui un ministre loin des antivaleurs à moins d'accepter d'être de mèche. Les sportifs, agents et cadres du ministère des Sports et Loisirs ont frais à la mémoire de la mégestion avérée, institutionnalisée dans ce secteur d'unité et de rapprochement entre les peuples. Les disparitions répétées des frais déboursés par le Trésor public en vue de doter le pays des installations sportives décentes aux standards internationaux prennent par moment la tangente en toute impunité comme pour d'autres missions sportives sans aucune justification.

« L'opération Ngulu »

Mme Bibiche Mubiayi, dans l'édition n°06 du journal Drapeau blanc de Kinshasa du mardi 5 février 2013, avait dénoncé la pratique communément appelée « opération Ngulu » comme nous n'avons jamais cessé de dénoncer «opération-retour ». L'opération Ngulu consiste à faire voyager des personnes non intéressées à l'objet sportif, en lieu et place des athlètes dans les délégations sportives. Les membres de famille, amis et connaissances en étaient les bénéficiaires au prorata d'un dû et l'opération permettait d'occasionner la poudre d'escampette de ces migrants à devenir clandestins une fois à destination. A cela s'ajoutait le recrutement et l'alignement des athlètes non qualifiés à des jeux multidisciplinaires, continentaux et mondiaux qui faisaient l'affaire de ces prédateurs.

La loi sportive bafouée et foulée aux pieds

Il faut noter aussi que les élections dans les mouvements sportifs, fédérations sportives nationales et le Comité olympique congolais étaient organisées en violation de la loi sportive autrement appelée « la loi Kabongo ». Il s'agit bien sûr de la loi proposée par l'ancien Capitaine des Léopards, Eugene Kabongo Ngoy, adoptée au Parlement et promulguée par décret présidentiel du temps où il avait siégé à l'Assemblée nationale pour le compte du mouvement de libération du Congo. Ces élections n'ont jamais tenu compte des faiblesses de gestion administratives et financières des dirigeants sportifs pour un véritable décollage du sport en RDC. Plusieurs griefs sont à retenir à charge des animateurs du mouvement sportif national, aux agents et cadres de ce ministère pour n'avoir pas organisé les jeux congolais, pourtant les fonds étaient disponibles en son temps. Le mouvement sportif national congolais est dirigé en groupe d'intérêts et non en tenant compte de la probité morale, de la compétence et de la disponibilité des animateurs des organes dirigeants.

L'audit s'impose à l'entrée en fonction

Tous ces dirigeants s'accrochent becs et ongles pour avoir découvert qu'aux sports et loisirs, il y'a une mine d'or cachée à exploiter dans l'intérêt personnel et non par amour patriotique au service du développement du sport qui est un facteur de paix et d'unité nationale. Le nouveau ministre est invité à ouvrir l'œil et le bon. L'impunité et la corruption doivent constituer son cheval de bataille pour assainir ce secteur et déboulonner les dictateurs, imbus d'eux-mêmes, qui s'y refugient sans la moindre inquiétude. A son entrée en fonction, l'audit sans complaisance sera un éclairage de la manière à permettre l'amorce de la coalition avec les dirigeants sportifs, les agents et cadres de son ministère qui en appellent à une cure de jouvence. Ce ministère a besoin d'un nouveau souffle et d'un nouveau sang, car le sport est le socle de l'unité nationale, le thermomètre de la santé du peuple et la caisse de résonance du pouvoir politique à l'extérieur des frontières nationales.

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