Congo-Brazzaville: Hydrocarbures - Mathias Dzon met en doute la découverte du gisement Ngoki

Le premier secrétaire national de l'Union pour le renouveau national (UPRN), Mathias Dzon, a animé, le 21 août à Brazzaville, une conférence de presse pour réagir au message à la nation du chef de l'Etat, délivré la veille des festivités du 59e anniversaire de l'indépendance du Congo. L'opposant refute la découverte du gisement pétrolier Ngoki à Loukolela dans le département de la Cuvette.

Comme à son habitude, le premier secrétaire de l'UPRN est resté rigide dans sa position. Volet par volet, il a contredit tout le contenu du discours du président de la République. Parlant par exemple du gisement pétrolier découvert à Mikoungou, un village du district de Loukolela, Mathias Dzon a affirmé que cette réserve pétrolière n'existe pas. Son annonce "en grande pompe par le chef de l'Etat n'est qu'une stratégie politique visant à détourner l'attention des Congolais des vraies questions d'actualité", pense-t-il.

« En tout état de cause, il ne s'agit que d'indices d'huile identifiés depuis 1980, mais curieusement révélés aujourd'hui, 39 ans après, sans nul doute à des fins de propagande politique et dans le dessein de susciter l'intérêt des bailleurs de fonds. L'annonce tonitruante d'une production de 983 barils par jour, soit le quadruple de la production journalière nationale actuelle, vise à frapper les esprits et tenter de redonner un brin d'espoir aux Congolais », souligne le comité directeur de l'UPRN dans son mot liminaire délivré par Elo Dacy.

Se contredisant parfois, l'opposant soutient que d'après les spécialistes en recherches pétrolières, même si le gisement Ngoki était avéré, il ne serait pas rentable, en raison des difficultés d'accès au site, du coût élevé du transport du brut et de l'impact écologique jugé désastreux.

"L'accord Congo-FMI n'améliorera pas la situation économique"

Abordant le volet de l'accord signé le 11 juillet dernier avec le Fonds monétaire international, que ce cartel politique a longtemps combattu, l'ancien ministre des Finances (1997-2002) et ses amis ont indiqué qu'une analyse pertinente révèle que l'accord paraphé avec l'institution de Bretton Woods ne résoudra jamais la situation économique et financière dans laquelle le Congo est plongé depuis 2014.

Cet accord, ont-ils insisté, n'ira jamais jusqu'à terme, car le gouvernement "ne pourra jamais exécuter les quarante-huit mesures consignées dans ce document".

« Une analyse fine révèle que cet accord ne permettra pas aux autorités congolaises, ni de rétablir la viabilité des finances publiques et de la dette insoutenable, ni de reconstituer les réserves internationales des changes, de résoudre la crise des devises, ni encore moins de payer régulièrement les charges courantes », ont-ils ajouté.

Quant à l'appel à la réflexion lancé par le chef de l'Etat, pour fêter avec faste le 60e anniversaire de l'indépendance du Congo, l'an prochain, l'UPRN estime que le président se projette dans le futur, alors que les vrais problèmes auxquels les Congolais sont confrontés aujourd'hui ne sont pas résolus.

En résumé, Mathias Dzon et ses proches ont conclu que le dysfonctionnement constaté dans le pays est dû à la « grave crise » que traverse le Congo depuis plus d'une décennie. En conséquence, ils ont réitéré la nécessité de convoquer un dialogue national inclusif, "qui ne sera pas sous l'égide du Conseil national du dialogue (CND) que dirige Martin Mbéri". Ils ont aussi appelé à la libération de leurs collègues de l'opposition incarcérés à la suite de procès pour "atteinte à la surêté de l'Etat", qui pour eux sont des prisonniers politiques.

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