Burkina Faso: Boukary Kabore dit le Lion - « Si vous donnez le pouvoir à un voleur, ne soyez pas surpris que demain, les caisses de l'Etat soient vides »

L'homme avait disparu de la scène politique burkinabè depuis plus de 3 ans. Un long silence qu'il dit avoir mis à profit pour soigner un cancer de la prostate qu'il trainait.

Aujourd'hui, Boukary Kaboré dit le Lion du Boulkiemdé, Président du parti pour l'unité nationale et le développement (PUND), a refait surface à la faveur d'une conférence de presse qu'il a animée le 7 juillet dernier à Ouagadougou. Au cours de ladite conférence, il dit se sentir mieux et est prêt à redescendre dans l'arène politique. Dans l'entretien qu'il nous a accordé dans le cadre de notre rubrique « Mardi politique », le 7 août 2019, l'homme aborde sans tabou tous les sujets ayant trait à sa santé, à la situation nationale, au retour de l'ex- président Blaise Compaoré, à la réconciliation, à la crise sécuritaire, etc. Lisez plutôt !

« Le Pays » : On sait que vous étiez souffrant, de quelle maladie souffriez-vous et est-ce cela qui a justifié votre long silence ?

Boukary Kaboré : Je souffrais effectivement d'un mal et j'ai gardé ce mal comme tout bon militaire. Quand j'étais en activité, j'avais qualifié le militaire comme un cadavre ambulant. C'est quelqu'un qui doit être prêt à mourir à n'importe quel moment, parce que c'est cela sa mission dans l'Etat. Pour cela donc, j'ai supporté mon mal. J'avais un problème avec ma prostate. Au regard de ce que j'ai vécu, je sais que le cancer ne pardonne pas parce que j'ai vu des parents en mourir. Je m'étais même dit que ce serait la voie par laquelle j'allais partir. Effectivement, en février 2018, je suis venu à Ouagadougou pour signer les papiers de ma retraite. Je ne pensais même pas que la fin du mois de février, allait me trouver en vie. C'est ce que moi je pensais mais je ne savais pas ce que le Tout- Puissant me réservait. Mais j'étais heureux parce que j'étais déjà El Hadj; donc si je meurs El Hadj, c'est bon.

Les gens voulaient que j'aille me faire soigner dans les hôpitaux mais depuis mon exil, le 15 octobre 1987, je suis quelqu'un qui « se cherche » et je suis très méfiant parce que je pouvais être empoisonné. J'ai vu des grands d'Afrique mourir par empoisonnement ou par assassinat politique. Par conséquent, je me gardais d'aller me faire soigner dans les hôpitaux mais j'ai fait des tests dans certains hôpitaux qui m'ont confirmé que j'avais le cancer de la prostate. C'est à Tanghin, ici, pas à l'extérieur. Quand je suis arrivé à Ouagadougou, le 4 février 2018, à ce moment, ce n'était plus supportable. Ça me faisait très mal ; je n'arrivais plus à dormir ; je n'arrivais plus à manger ; c'était un enfer. Pour moi, je n'allais même pas atteindre la fin du mois de février. Ma famille et tout le monde se demandaient qui pouvait me persuader de partir me soigner à l'hôpital. Mais quelques jours plus tard, j'ai appelé ma femme pour lui annoncer que j'allais enfin aller me faire soigner à l'hôpital.On m'a amené à l'hôpital presque mort mais en bon militaire, je parlais toujours correctement. Dès que je suis arrivé, on m'a demandé : c'est pour de la visite ? Je dis non ! Consultation ? Vous avez rendez-vous avec le docteur ? Non ! J'ai dit que je venais pour un renseignement avec le docteur.

Dès que je suis entré dans le bureau du médecin, je lui ai dit directement : docteur, moi, je suis militaire, nous on ne tourne pas autour du pot. J'ai des problèmes avec ma prostate. Ça me fait excessivement mal. Dès que j'ai fini, il m'a dit, mon Colonel, vous, les militaires, vous avez une maladie. Le militaire connaît la vérité et c'est ce qu'il décide de faire que tout le monde doit suivre. Il m'a ensuite dit que c'était lui le médecin qui devait faire le diagnostic et il m'a dit de dire ce qu'il y a. Quand il m'a dit cela, il m'a carrément remis à l'ordre. Je pensais que j'allais dominer la situation. Après m'avoir consulté, il a dit qu'il fallait forcément m'opérer parce que mon cas était assez sérieux. C'est ainsi qu'il a procédé aux examens complémentaires et fait l'opération à proprement parler.

Alors, peut-on dire que le Lion se porte mieux aujourd'hui ?

Absolument bien ! Je suis allé remercier le docteur et il était étonné de me voir sur pied. Je cultive toujours mon champ.

Les détracteurs des Koglwéogo les incriminent à travers des accusations de toutes sortes.Vous vous réclamez chef des (wibssé) aigles au sein des Koglwéogo, l'êtes-vous toujours ?

Je ne me réclame pas. C'est lors de la grande rencontre à Kombissiri, que El Hadj Saïdou Zongo, président de Koglwéogo de Sapouy, a dit ceci : « Nous avons le Lion avec nous, nous avons gagné » Nous allons lui donner la responsabilité de tous les Wibssé du Burkina. Voilà exactement comment le terme est né. Ce n'est pas moi qui ai demandé à l'être. C'est une mission qu'on me demande de remplir. Et si le président national des Koglwéogo, le Rassam Kandé (chef de Rassam Kandé), me donne cette responsabilité, je ne vois pas pourquoi cela me dérangera. C'est mon domaine, j'en connais un rayon parce que c'est pratiquement du domaine militaire.

Justement, dans l'imagination populaire, on ne comprend pas pourquoi un militaire, de surcroît un Colonel, peut faire l'apologie des Koglwéogo quand on sait qu'ils ne respectent pas toujours les droits humains.

C'est là que je ne suis pas d'accord avec vous. Vous êtes en ville et vous ne savez pas ce qui se passe en campagne. Il faut aller en campagne pour connaître l'importance des Koglwéogo. Le grand banditisme en question, qui a mis fin à cela ? Ce sont les Koglwéogo mais ce n'est pas l'armée. Qui a pu arrêter le phénomène des coupeurs de routes ? Tout ça, c'est le résultat des Koglwéogo. Cependant, il y a de l'intoxication. Comme il y a des gens qui s'opposent aux Koglwéogo, ils les incriminent avec toutes sortes d'accusations. Je me dis que quand quelqu'un est contre les Koglwéogo, c'est que c'est un voleur parce que les Koglwéogo sont mis en place à la suite de l'échec des Forces de défense et de sécurité (FDS) à assurer la sécurité et la protection des personnes et de leurs biens. Et le Koglwéogo, en terme mooré, veut dire « protéger la brousse ».

Lors de votre dernière sortie médiatique, vous avez déclaré que vous serez candidat à la présidentielle de 2020. Avez-vous les moyens pour payer la caution qui est de 25 millions de F CFA ?

Je ne me suis pas déclaré candidat. Le parti sera partant pour les élections de 2020 s'il y a la paix. Si nous décidons d'aller aux élections, il y aura justement les moyens.

Cela suppose que vous serez candidat ou votre parti en choisira un ?

Le parti va choisir un candidat. Si jamais, c'est moi, j'aurai la caution et si c'est quelqu'un d'autre, on aura la caution à déposer pour ce dernier.

Le PUND a donc les moyens.

Non ! On n'a pas les moyens, mais on va les chercher. Et c'est sûr qu'on va les trouver avec tout l'effort qu'on y mettra. Nous voulons sauver notre peuple mais le préalable, c'est la paix. Si ce sont les moyens, je suis sûr que nous les aurons.

Certains affirment aussi que le PUND ne se résume qu'à son président, faute de militants ; est-ce vrai ?

Le PUND n'a pas de militants ? C'est un peu bizarre. Le PUND existe depuis 1991. En 2010, lors des campagnes, je suis sorti. Et quand vous voyiez les populations, on aurait pensé que c'était le président lui-même qui circulait. J'ai fait une caravane en 2010. Personne n'avait jamais pensé à cela. Au lieu d'organiser des meetings à coût de millions de F CFA en louant des stades, moi je sors et le gens se rassemblent. Ce sont mes militants et sympathisants. Le Lion n'a pas de moyens oui, mais dire qu'il n'a pas de militants, c'est faux.

En plus de vous, d'autres opposants ont annoncé leur candidature. Ne pensez-vous pas que la pluralité de candidatures, peut réduire les chances de l'opposition qui aurait dû travailler à présenter un seul candidat ?

Bien sûr, les chances de réussir se compliquent mais nous comptons sur la prise de conscience du peuple pour faire un choix objectif. La création du PUND, c'est pour amener les partis sankaristes à constituer un seul front pour le combat parce que l'idéal sankariste qu'il faut défendre, ne se défend pas sur plusieurs fronts. Le PUND met en avant l'unité nationale et le développement. Nous avons refusé donc d'utiliser le nom de Thomas Sankara à nos propres fins. On n'a pas le droit de se proclamer Sankariste. C'est dans les actes posés que l'observateur verra que tu as emprunté la route de Sankara. Quand on n'arrive pas à s'unir, c'est ça qui crée l'échec. Les Sankaristes sont nombreux et ne se ressemblent pas. Il y a ceux qui veulent servir le peuple, et il y a ceux qui veulent se servir. L'intention du PUND, c'est d'être au service du peuple. Mais si des gens sont là pour se servir, c'est là qu'on ne va jamais s'entendre.

Quels sont les moyens dont dispose l'opposition pour battre le président sortant qui s'est déjà déclaré candidat à l'élection de 2020 ?

Le PUND compte sur la prise de conscience de tous les Burkinabè. Nous devons savoir qui est qui et qui fait quoi. A partir de ce moment, on peut faire un choix objectif pour que la conduite du pays puisse nous mener vers un avenir radieux. C'est pourquoi je lutte pour l'éveil des consciences. Il faut que nous sachions exactement ce que nous voulons, que nous sachions qui nous allons voter pour atteindre un meilleur avenir.

Que doivent faire concrètement les partis de l'opposition pour qu'un des leurs arrive au pouvoir en 2020 ?

Les actes précis à poser sont l'unité et le choix d'un candidat conséquent. Mais vous savez, dans l'opposition, il y a plusieurs options. Il y a ceux de la gauche et ceux de la droite. Pourtant, la conciliation de ces deux fronts pose problème. Ce sont des gens qui sont congénitalement opposés et qui ne s'entendront jamais.

Le seul schéma qu'on pourrait avoir est qu'au sein de l'opposition, ceux de la droite trouvent un candidat et ceux de la gauche un autre.

Dans ce cas de figure, on aura 3 candidats au maximum : le pouvoir, l'opposition de la gauche et celle de la droite. Mais est-ce qu'on arrivera à cela ? Toute la flopée de politiciens que je connais, moi-même y compris, nous sommes tous des inconscients, des gens qui sont là à défendre leurs poches plutôt qu'à servir le pays. C'est pour cela qu'il n'y aura jamais d'entente.

L'opposition, au temps de Blaise Compaoré, était une opposition commandée, téléguidée par Blaise Compaoré jusqu'à ce qu'il y ait dérapage et le peuple a commencé à s'exprimer. Les égarés qui se disent présidents de partis dans une cellule constitutionnalisée qu'on appelle Chef de file de l'opposition politique (CFOP), suivent le diktat du parti au pouvoir.

Au temps de l'insurrection, pendant que le peuple était dehors, réclamant le départ de Blaise Compaoré, au CFOP, on était en train de voir s'il fallait l'amadouer pour qu'on aille aux élections afin que quelqu'un d'entre nous passe. Blaise Compaoré a refusé cela et le peuple a réagi. Malgré tout, on a voulu refuser. C'est personnellement que j'ai récupéré le mouvement pour dire, on en a marre, Blaise Compaoré doit partir, le peuple est fatigué. Le peuple est souverain, on attend sa démission. C'était à la place de la Nation.

Finalement, ç'a pris corps et le combat a commencé le 28 octobre pour continuer jusqu'au coup final et victorieux, le 30 octobre 2014, avec la prise de l'hémicycle par le peuple. Tous les députés sont allés se réfugier à la gendarmerie de Paspanga. Blaise Compaoré a annoncé sa démission vers 13h, j'étais toujours à la Place de la révolution.

Vous avez été plusieurs fois candidat aux présidentielles au sortir desquelles vous aviez eu des scores lamentables. Pourquoi une telle obstination ?

La réponse est simple. Les gens sont affamés. Ceux qui gouvernent ne s'occupent pas du bas peuple. Pendant les élections, ils viennent acheter leurs consciences. L'électorat est acheté. Je compte sur l'éveil des consciences.

Et pensez-vous que c'est demain la veille ?

Oui ! Il y a des prémices. Si Blaise Compaoré est parti alors qu'on pensait que c'était un demi-dieu, c'est l'un des prémices de la prise de conscience. Regardez comment le peuple était sorti et vous comprendrez. Je leur tiens chaque fois ce langage. Réfléchissez avant de choisir votre candidat parce que si vous donnez le pouvoir à un voleur, ne soyez pas surpris que demain, les caisses de l'Etat soient vides. Si vous donnez le pouvoir à un sorcier, ne venez pas me dire que nous sommes en train de souffrir parce que les enfants meurent. C'est vous qui l'aurez cherché avec votre choix.

Cela sous-entend qu'il faut faire confiance à un homme intègre comme vous ?

Oh ! Je ne sais pas si je suis intègre, c'est à l'observateur de le dire. Mais je cherche à être intègre parce que nous vivons dans le pays des Hommes intègres. En principe, si je veux être un dirigeant de mon pays, dans mon combat de tous les jours, il faut que je maîtrise la dimension de l'intégrité.

Comment comptez-vous mobiliser l'électorat pour battre campagne ?

Je vais aller en campagne comme les autres, s'il y a la paix. Lors de ma campagne, le mot d'ordre que je lance est celui-ci : je ne viens pas pour vous dire de me voter mais je viens vous dire de réfléchir avant de faire le choix. C'est ce mot d'ordre que je lance pour l'éveil des consciences.

Que reprochez-vous à la gouvernance du président Roch ?

Il n'y a pas de fumée sans feu. Moi, je suis en brousse et je suis l'actualité. De toutes ces grèves, on peut dire que ce sont des mouvements d'humeur mais est-ce que dans ces mouvements d'humeur, il n'y a pas du sérieux ? Oui, il y en a et ce n'est pas moi qui le dis, la Justice a un problème. Quand je prends le discours d'investiture du président Roch Kaboré que j'ai ici, je me rends compte que ça été bien dit mais dans l'application, on ne voit rien. Pourquoi y a-t-il de l'incivisme ? Si c'est un mécontentement qui justifie que les gens s'offusquent, il faut corriger. Le problème du charbon fin, ce n'est pas le Lion qui est allé trouver cela à Bobo.

La Justice a fait son travail parce que très récemment, elle a révélé dans cette affaire l'implication de personnes et de sociétés qui ont inculpées ?

Inculpation, ce n'est pas ça qu'on veut, nous voulons que des gens partent en prison non ? Nous avons vu ici Guiro, l'ancien Directeur général des douanes qu'on a inculpé mais qui est sorti par la porte dérobée pour se faire même élire conseiller municipal.

Il y a une partie de la population qui dit que le président Roch n'a pas eu le temps de dérouler son programme de gouvernement au regard justement des attaques terroristes qui sont très récurrentes.

Je cite le président (un extrait de son discours d'investiture) : « La réconciliation nationale sera le socle, la paix le moteur,

la vérité, la justice et la transparence les adjuvants essentiels pour construire ensemble dans la durée, une nation forte, fière, prospère et intègre ». C'est un programme qu'il avait écrit. C'est pourquoi je dis que le président doit le relire et l'appliquer.

Le président lui-même était au courant de l'insécurité parce qu'il en a parlé dans son discours d'investiture. Il fallait prendre des mesures par anticipation parce que c'est ça aussi le commandement.

Le terrorisme ne vient pas de loin, c'est entre nous et il ne faut pas avoir peur de dire qu'un chat est un chat ». Cela a commencé ainsi et maintenant, les ennemis extérieurs ne font que le financer pour l'amplifier.

En tant que stratège militaire, que proposez-vous pour venir à bout des attaques terroristes ?

A l'avènement de Blaise Compaoré au pouvoir, il y a eu une volonté manifeste de détruire l'armée. Ainsi, de 6 régions militaires, nous sommes passés à 3.

Avec une réorganisation de l'armée en 6 régions militaires, l'ennemi ne pourra rien faire sur le territoire du Burkina parce que tout le territoire sera à ce moment quadrillé. En matière de sécurité, si tu quittes Ouagadougou jusqu'à la frontière du Mali, du Niger et du Bénin, il n'y a pas d'armée. Les gens ont préféré détruire l'armée parce qu'ils se disent que si l'armée est forte et opérationnelle, ils ne pourront plus faire de bêtises sans qu'ils ne soient tapés dessus.

Blaise Compaoré, pour sa propre sécurité, a créé le Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Or, ce régiment, c'est une troupe composée de 1200 hommes tous grades confondus.

Quel est votre avis sur une certaine opinion qui pense que le retour de l'ex-président Blaise Compaoré, pourrait contribuer à une véritable réconciliation des Burkinabè ?

Ce sont eux qui le pensent ainsi. Mais il n'a qu'à revenir. S'il ne se reproche rien, il n'y a pas de problème, nous serons là ensemble. Moi, je suis revenu de mon exil. Lui, s'il se reproche quelque chose, tant qu'il n'y aura pas justice, on ne sera pas d'accord parce que le peuple va sortir encore. Ceux qui sont en train de chanter le retour de Blaise, ont oublié que le peuple est là.

Pourtant, c'est le même peuple qui réclame son retour à travers les divers sondages réalisés à ce sujet.

Ils ont juste fait des comparaisons en disant que si c'est comme cela qu'on va gérer, Blaise Compaoré est mieux. Moi-même, j'entends ça mais ils racontent des histoires. De toute façon, si Blaise Compaoré revient, il faut que la Justice fasse son travail. S'il n'est pas fautif, ça va, mais s'il l'est, on l'enferme.

L'ancien président, Blaise Compaoré, a même proposé son expertise dans la résolution de la crise sécuritaire. Qu'en dites-vous ?

Non ! il ne peut rien faire. Sa formation militaire n'est pas complète, contrairement à la mienne. Blaise Compaoré ne connaît rien, il ne peut pas. Il a de l'argent, plutôt. Mais parler de s'occuper de la sécurité ici, il n'a qu'à aller dormir ailleurs parce qu'au Burkina Faso, on a des hommes qui peuvent bien s'en occuper.

Pensez-vous ôter un jour votre barbe ?

C'est la barbe qui fait le Lion. Est-ce que le lion peut enlever sa crinière ? S'il enlève sa crinière, c'est pour devenir quoi ? Je ne comprends pas (rires).

Pour l'histoire de ma barbe, alors tout jeune, quand je me rasais, j'avais des boutons. J'ai alors demandé une autorisation de porter la barbe quand j'étais élève-soldat. Et la demande a été motivée par l'avis d'un médecin. Aussi au BIA où j'ai servi, le symbole du BIA était le lion qui est l'incarnation de la force et de l'honneur. Tous les collègues au BIA m'appelaient le Lion. Depuis, je n'ai plus touché à ma barbe pour associer le nom à l'image. Alors, sans barbe, le Lion ne serait plus Lion.

Propos recueillis et transcrits par Ben Issa TRAORE et Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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