Congo-Brazzaville: Nature-environnement - Alerte rouge !

Tandis que les Grands de ce monde se lancent dans une nouvelle course aux armements qui ne peut que rendre encore plus instable la gouvernance mondiale, le gigantesque embrasement des forêts amazoniennes auquel nous assistons médusés, pour ne pas dire terrifiés, confirme le fait que la Terre, notre Terre, se trouve aujourd'hui confrontée à une menace globale dont le pire sortira à très court terme si rien n'est fait pour la combattre.

Il démontre ce que les experts du monde entier, relayés désormais par les intellectuels de tout bord et entendus par les opinions publiques sur les cinq continents, prédisaient depuis longtemps : au train où vont les choses et si rien de sérieux n'est fait pour freiner le dérèglement climatique engendré par la suractivité humaine, le vingt-et-unième siècle dont nous vivons les deux premières décennies verra s'éteindre purement et simplement notre espèce.

Dès lors, en effet, que le premier poumon de la planète se trouve asphyxié par le feu, par la déforestation, par la dégradation accélérée du plus vaste bassin fluvial du globe, par l'exploitation anarchique des ressources minérales que celui-ci détient, l'on peut être certain que le réchauffement climatique provoquera une série de catastrophes contre lesquelles l'humanité sera incapable de lutter. De la fonte des glaces sur les deux pôles à la montée des eaux qui submergera très vite la plupart des côtes sur les cinq continents en passant par la désertification qui résulte de la hausse des températures et par la multiplication des catastrophes naturelles à laquelle nous assisterons sans pouvoir rien faire, la liste est longue, très longue des drames que nous allons vivre tout au long de ce siècle.

Face à l'alerte rouge que lancent les experts et que relaie désormais avec force la société civile, la passivité des Etats, des gouvernements, des dirigeants de la planète s'avère proprement effrayante : effrayante car elle témoigne d'une incapacité mortelle à anticiper l'avenir, effrayante car elle confirme le fait que les intérêts nationaux l'emportent plus que jamais sur la préservation collective de notre espèce, effrayante car elle démontre que l'instinct belliciste de l'homme n'est en rien diminué par le progrès technologique et scientifique. Pour dire les choses de façon encore plus brutale, elle prouve que la gouvernance mondiale héritée du siècle précédent n'est pas autre chose qu'un leurre, une illusion, un jeu de marionnettes.

Conclusion, provisoire bien sûr, de ce qui précède : rien de sérieux ni de concret ne sortira jamais des grand-messes que célèbrent à intervalles réguliers les G7, G8, G20, autrement dit les puissants de ce monde. N'ayant pour objet que de permettre aux dirigeants des Etats les plus riches de s'afficher devant les caméras du monde entier, ces "sommets" aggravent le mal au lieu de le combattre. Et comme on l'a vu en France, tout autour de Biarritz ce week-end, ils nourrissent une hargne de la société civile qui ne cesse de croître. Avec très probablement, si rien de sérieux n'est fait rapidement au niveau des Etats pour lutter contre le dérèglement climatique, une montée de la violence collective semblable, mais à l'échelle cette fois de la planète et non plus des nations, aux révolutions qui ont accompagné la naissance de l'ère industrielle il y a un peu plus de deux siècles.

Mieux vaudrait donc prendre dès à présent au sérieux l'alerte rouge qui nous est lancée et que concrétisent les incendies en cours dans le Bassin de l'Amazone.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Congo-Brazzaville

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.