Ile Maurice: Crime à Vallée-des-Prêtres - «Je ne pourrai pas pardonner à mon fils», dit la mère d'Ashish Runomally

La drogue a une fois de plus détruit une famille. Cette femme a perdu sa mère et son fils a avoué avoir commis ce meurtre. Comment se remet-on d'un tel drame...

Cette habitante de Vallée-des-Prêtres, âgée de 42 ans, est une femme meurtrie après le drame qui a secoué sa famille. Sa mère, Mohinee Devi Mohorun, 61 ans, a été tuée et son fils, Ashish Runomally, 18 ans, a été arrêté après être passé aux aveux. Le drame a eu lieu dans l'après-midi du jeudi 22 août. Une dispute a éclaté lorsque Mohinee Devi Mohorun aurait surpris son petit-fils en train de la voler et l'aurait réprimandé. Ce dernier, en colère, l'a alors tabassée avant de l'agresser avec une arme tranchante. Il a ensuite mis le feu dans une pièce de la maison et il a appelé les pompiers pour faire croire à un incendie.

Les pompiers, la police d'Abercrombie et la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord, menée par l'inspecteur Lullith, sous la supervision du surintendant de police Frichot, se sont rendus sur les lieux. L'hypothèse de foul play a été privilégiée quand les officiers ont découvert qu'une machine à laver avait pris feu et que le cadavre de la sexagénaire gisait dans une mare de sang. Cela leur a semblé louche car le corps n'était pas dans la pièce où l'incendie avait éclaté.

La police a alors procédé à l'arrestation d'Ashish Runomally, qui était déjà en liberté conditionnelle pour vol. En janvier dernier, il avait été arrêté pour avoir cambriolé le garage où il travaillait à Vallée-des-Prêtres. Lors de son interrogatoire, il avait expliqué qu'il avait commis ce vol car il était tombé dans la drogue et avait besoin d'argent. Mohinee Devi Mohorun, une fermière dont l'époux est décédé, s'était plainte plusieurs fois de vols auprès de ses proches. Ashish Runomally faisait le va-et-vient entre Vallée-des-Prêtres et Bois-Rouge depuis la séparation de ses parents. C'est ainsi qu'il habitait parfois chez sa mère à Vallée-des-Prêtres dans la même cour que sa grand-mère.

«Je suis fatiguée. Je ne veux plus le voir. Je ne pourrai jamais lui pardonner pour ce qu'il a fait», confie la mère d'Ashish Runomally. Idem pour l'autre fille de Mohinee Devi Mohorun. «Linn touy nu mama. Nou pas pou kapav pardonn sa. Linn tir la vi nou mama. Ti pé criye ar li pou so bien pou li pa al dan mové simé», confie la femme de 32 ans. Toutefois la famille dit ne pas être au courant qu'Ashish Runomally était tombé dans la drogue. Le suspect, qui est passé aux aveux, a comparu devant le tribunal de Port-Louis, hier, où une accusation provisoire de meurtre a été logée contre lui. Il a ensuite participé à une reconstitution du drame avant d'être reconduit en cellule. La Major Crime Investigation Team, dirigée par les inspecteurs Ramjheetun et Jugoo sous la houlette de l'assistant surintendant de police Seebaruth, a pris le relais dans cette enquête.

L'autopsie pratiquée par le chef du service médico-légal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, et le Dr Maxwell Monvoisin a attribué le décès de Mohinee Devi Mohorun à une «stab wound to the chest». Ses funérailles sont prévues demain en attendant que son fils qui se trouve à l'étranger dans le cadre de son travail ne rentre au pays.

L'ex-caporal Lindsay Lapeyre tué par son fils toxicomane

En mai dernier, un autre drame familial sur fond de drogue avait eu lieu à Flic-en-Flac. Louis Christophe Ernest Lapeyre, 22 ans, avait tué son père, Lindsay Lapeyre, un policier à la retraite, après une dispute, à coups de marteau. Son père l'avait réprimandé lorsqu'il l'avait surpris fumant de la drogue synthétique.

«N'ayez pas peur de demander de l'aide»

L'histoire d'Ashish Runomally, qui souffre de dépendance à la drogue, pourrait amener à réaliser qu'il est difficile aux parents de savoir comment réagir face à un enfant toxicomane. Ayant peur de le perdre ou de le froisser, certains ont du mal à prendre des actions. Devant cette situation, les travailleurs sociaux tels que José Ah-Choon (photo), responsable du Centre d'accueil de Terre Rouge, encadrent les jeunes durant leur réhabilitation mais aussi accompagnent les parents. «N'ayez pas honte de demander de l'aide», prône José Ah-Choon. Il assure que les divers centres communautaires sont à la disposition de ces jeunes pour qu'ils se remettent de leur addiction à la drogue. «Informez-vous et n'hésitez pas à vous renseigner auprès des centres communautaires qui sont là pour prendre en charge ces personnes dépendantes», souligne-t-il. «Oubliez les on-dit, et focalisez-vous seulement sur votre enfant!» ajoute José Ah-Choon. Surtout, le travailleur social demande à la famille du dépendant de ne pas tarder à agir lors des premiers signes.

«Des signes avant-coureurs apparaissent»

Pour Imran Dhanoo, président du centre Idrice Goomany, il existe des signes multiples qui démontrent qu'un jeune consomme de la drogue. Chaque parent devrait les connaître afin d'agir. «Premièrement, il est fort probable que des signes avant-coureurs apparaissent lorsqu'un jeune consomme de la drogue. Par exemple, ses notes à l'école chutent alors qu'il est un enfant studieux. Il a des sautes d'humeur et est irritable fréquemment alors qu'il est de nature calme ou il ne pratique plus de sport comme avant, ou encore il commence à voler des objets dans la maison», avance-t-il.

Sur le plan affectif, le travailleur social indique que les multiples émotions qu'un parent puisse ressentir lorsqu'il découvre la dépendance de son enfant sont tout à fait normales. «Vous serez animé par le déni, la colère, la peur et plein d'autres émotions, mais tout cela est compréhensible.»

La solution serait de dédramatiser et d'aborder le sujet d'une manière sobre sans critiquer ou rabaisser l'enfant afin qu'une relation de confiance et qu'une communication soient instaurées. Ensuite, un traitement dans un centre de réhabilitation serait la solution. «S'il se comporte d'une manière violente et commence à vous frapper, emmenez-le à l'hôpital psychiatrique pour se faire soigner.»

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