Madagascar: Elections communales - Début des hostilités

Chaque bavure et chaque faux pas des agents de la CUA sont scrutés à la loupe pour en faire des attaques.

Le 27 novembre. C'est la date qui a été fixée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et par le Gouvernement pour la tenue des élections communales et municipales. Si l'on se réfère au chronogramme prévu, la campagne électorale ne débute que le 5 novembre.

Pourtant sur le terrain, les hostilités commencent déjà. Certains candidats annoncés multiplient les interventions médiatiques pour dresser le bilan du premier quinquennat de l'actuel Maire Lalao Ravalomanana. Chaque bavure et chaque faux pas des agents de la CUA sont scrutés à la loupe pour en faire des attaques.

L'abus commis samedi dernier par un policier municipal contre un chauffeur de taxi s'est aussitôt viré en un véritable lynchage contre la Maire Lalao Ravalomanana à travers les réseaux sociaux. Suite à cet évènement, l'association des chauffeurs de taxi s'est manifestée devant l'hôtel de ville d'Analakely.

Certains observateurs font un raccourci et accusent Clémence Raharinirina, leader de l'association, d'être derrière cette manif. Faut-il rappeler que cette dernière est, elle aussi candidate à la prochaine course pour la Mairie de Tana.

L'agissement de ce jeune policier municipal qui a déchiré les papiers d'un chauffeur de taxi à Behoririka risque de provoquer la reprise des hostilités entre l'actuelle Administration communale et les « taximans ». Un bras de fer a déjà eu lieu en 2017 entre le « Fikambanan'ny Taxi Antananarivo Renivohitra » (FTAR) et la CUA, suite à l'octroi des services de contre-visite des véhicules de transport public à la Société OMAVET.

Promesses. Quoiqu'il en soit, ce genre de comportement de la part des agents de la CUA ne fera qu'attiser le mécontentement des tananariviens contre la Maire Lalao Ravalomanana et son équipe qui est déjà très critiquée en cette période de fin de mandat, notamment de par la vente de terrains et la gestion inappropriée des marchands ambulants.

En effet, bon nombre d'observateurs estiment que le bilan du premier mandat de l'épouse du numéro de l'Empire Tiko est négatif. Si l'on se réfère au dernier classement mondial, Antananarivo occupe la première place en Afrique et le troisième rang mondial des villes les moins propres.

Ses promesses durant la campagne électorale de changer Antananarivo, de lancer une véritable réforme dans l'assainissement de la ville et de construire plusieurs marchés pour lutter contre les « mpivarotra amoron-dalana » semblent loin d'être réalisées.

Par ailleurs, son époux, l'ancien président Marc Ravalomanana qu'elle a nommé Conseiller, semble lui aussi n'avoir pas pu apporter grand chose. Pour l'heure, son fameux « sioka tokana » ne s'est pas produit. Et ce, bien malgré les nombreux lobbyings effectués à l'international. La CUA est toujours confrontée à un problème budgétaire.

C'est pourquoi l'initiative d'installer des box sur les parkings pour favoriser les petits commerces, mais aussi la location, voire la vente des trottoirs aux marchands ambulants. Pas plus tard que la semaine dernière, la Maire Lalao Ravalomanana a essuyé de fortes critiques sur les réseaux sociaux suite aux marquages au sol que la CUA a installé sur les trottoirs de la route nouvellement remise à neuf à Besarety.

Nouveau souffle. A l'allure où vont les choses, le « Tiako i Madagasikara », ayant toujours été réputé avoir la main mise sur l'électorat tananarivien risque une mauvaise surprise lors des prochaines élections communales.

En tout cas, obtenir un second mandat ne sera pas facile pour Neny. Il convient d'ailleurs de rappeler que le TIM et le MAPAR se sont partagé les voix au niveau des six arrondissements de la capitale lors de l'élection présidentielle, mais aussi durant les dernières législatives.

Vu le bilan de ce quinquennat, Dada et les siens doivent trouver un moyen pour redorer leur image et regagner la confiance de la population. Ce qui n'est pas une mince affaire vu la montée en puissance de jeunes politiciens qui souhaitent briguer la Mairie de Tana, à l'exemple des Clémence Raharinirina et Faniry Alban Rakotoarisoa.

Pour le moment, le régime entretient le suspens en ce qui concerne son candidat. Bon nombre d'observateurs estiment que pour donner un nouveau souffle à la Ville des Mille et aux tananariviens, l'on devait songer à élire une nouvelle tête sans casserole et sans histoire dans le domaine de la politique, au poste de Premier Magistrat de la ville des Mille.

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