Ile Maurice: Excursion - Des enfants de six-sept ans vont au cimetière...

«Enn gaspiyaz», «ridikil». Anita (prénom modifié) parent d'une élève en Grade II d'une école primaire de Curepipe est dans l'incompréhension. Pourquoi l'école a-t- elle organisé une excursion pour les enfants au cimetière de Bigara, le jeudi 22 août dernier ? «On ne nous a pas donnés d'explications», affirme-t-elle.

Pour Marina (prénom modifié), comme ses enfants l'ont déjà accompagnée aux veillées mortuaires ou au cimetière, elle les a autorisés à y participer. «Zot abitié. Ena zanfan zot maman zamé amenn zot dan sa bann plas-la.»

Cette excursion fait partie du programme pédagogique international Les Amis de Zippy. À Maurice, il est mis en place par l'équipe psychologie et counseling du Service Diocésain de l'Education Catholique (Sedec). La responsable, Emilie Duval, psychologue clinicienne, précise que cette sortie n'est pas obligatoire, mais sujette au consentement des parents.

L'objectif est d'aider les enfants à «gérer les émotions, apprendre à écouter les autres, communiquer». L'excursion au cimetière leur donne des outils pour faire face aux «changements et pertes. Cela va d'un changement d'école à la perte d'un être cher ou d'un animal de compagnie. Nous abordons le thème de la mort avec les enfants, un sujet souvent douloureux au sein des familles, quand il n'est pas tabou»

Durant la visite pédagogique, le cimetière est présenté comme un «des seuls lieux où l'on peut comprendre que dans certaines cultures et croyances, c'est là que l'on peut se recueillir et se souvenir». L'expérience a montré que c'est souvent la première visite des enfants dans un cimetière.

«Souvent ce sont les adultes qui ont des appréhensions», indique-t-elle. Des adultes pour qui «si l'enfant va au cimetière, les esprits vont rester avec lui». Ou alors, «la terre du cimetière va lui rester dans les chaussures. Il fera des cauchemars». La psychologue affirme que dans de nombreux cas, au retour de l'excursion, «ce sont les enfants qui ont rassuré les parents. Cela permet de libérer la parole».

Emilie Duval affirme qu'à l'âge de six, sept ans, les enfants «se rendent compte que la mort est incontournable. Quand quelqu'un meurt, il ne revient pas». La responsable de Les Amis de Zippy précise qu'il s'agit d'un programme international «longuement évalué» de l'ONG Partnerships for Children. Depuis 2001, elle fait la promotion de la santé mentale et du bien-être émotionnel des jeunes enfants. Il est appliqué dans une trentaine de pays. À Maurice, Les Amis de Zippy existe dans les écoles primaires gérées par le Sedec depuis dix ans. Il est présent à Rodrigues depuis huit ans et est entré dans les écoles primaires publiques il y a trois ans.

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