Bénin: Le pays accroit la pression sur ses fonctionnaires

Plus de 18.000 enseignants vont être évalués. Il s'agit d'agents contractuels de l'Etat intégrés dans la fonction publique depuis 2008. Certains professeurs boycottent cet examen.

L'opération d'évaluation commence ce samedi 24 août. Eric Fernand Sènou enseigne dans le public depuis une vingtaine d'années.

Aujourd'hui secrétaire général du Syndicat des enseignants du secondaire unis pour l'éthique dans l'éducation nationale au Bénin, il trouve illégal cette mesure du gouvernement visant à procéder à l'évaluation des agents contractuels de l'Etat :

"Tel que le gouvernement l'a prévu, il ne se base sur aucun texte de la République. La vraie raison est que le gouvernement a un plan de licenciement massif et abusif. Les gens ont été recrutés et sont liés à l'Etat par un contrat de travail administratif. On ne peut pas du jour au lendemain stigmatiser l'ensemble des enseignants du Bénin." dit Fernand Sènou.

Un autre enseignant, également concerné par cette évaluation, considère cette réforme différemment. Marcel Dossou a choisi pour sa part d'y participer. Il s'en explique :

"J'ai décidé de composer parce que je veux vaincre la peur. Nous n'allons pas vivre sous la hantise de cette peur qu'utilisent les gouvernants pour nous dominer. Nous voulons également utiliser cette évaluation pour enlever cet habit de 'reversés'. Pour dire, je suis de l'administration publique, j'ai fait l'évaluation, je suis compétent."

Les syndicats inquiets

Certaines centrales syndicales estiment que cette réforme pourra contribuer à améliorer le système éducatif. Mais, les acteurs du secteur ont tout de même une inquiétude commune.

Clarisse Reine Fandy est la secrétaire générale de la Centrale syndicale des secteurs privé, parapublic et informel du Bénin. Elle croit en la promesse du chef de l'Etat selont laquelle, il n'y aura pas de licenciement : " Notre seule inquiétude est qu'il ne faudrait pas que par l'évaluation, des gens soient licenciés comme dans les autres cas. Mais, il nous a rassuré qu'il ne le fera pas. Donc nous comptons sur sa bonne foi, pour dire aux enseignants d'y aller."

La Confédération syndicale des travailleurs du Bénin reste très catégorique. Optant pour le boycott, Kassa Mampo, secrétaire général, s'inquiète surtout pour la rentrée scolaire qui est dans moins d'un mois.

" Le gouvernement lui-même programme la rentrée pour le 16 septembre. Comment peut-il se lever en août pour rompre le contrat des fonctionnaires ou pour faire composer des fonctionnaires ? Et quand est-ce qu'il veut faire composer ceux qu'il veut recruter ? " s'interroge Kassa Mampo.

Les candidats inscrits sont attendus ce samedi 24 août. 23 centres de composition sont retenus sur toute l'étendue du territoire.

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