Afrique de l'Ouest: Berlin et Paris appellent à élargir le G5 à d'autres pays

5e sommet du G5 Sahel

Lors du G7, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont appelé à élargir le G5 Sahel et à renforcer financièrement la coalition internationale contre le terrorisme dans la région sahélienne.

Les pays qui ont promis des contributions à ce G5 n'ont pas donné grand-chose à ce jour. Les actuelles armées des cinq pays (Tchad, Mauritanie, Niger, Mali et Niger) ne sont pas à la hauteur de la tâche et manquent de moyens. Dans le même temps, les populations ne collaborent plus avec franchise, par peur qu'elles deviennent la cible des forces terroristes qui se trouvent parmi elles.

L'annonce d'un renforcement du G5 est donc a priori une bonne nouvelle pour Nouhoum Keita de la société civile malienne :

"Dès le départ, nous avons senti que ça allait être un échec. Comment vous pouvez engager la lutte contre le terrorisme alors qu'un des facteurs clés, l'Algérie en l'occurrence, est exclu de ce dispositif du G5 Sahel. Pour nous, c'était une sphère d'influence que Paris s'était aménagée pour pouvoir avoir le contrôle politique de cette lutte contre le terrorisme, alors que pour nous il faut dépasser cette dimension étriquée et ouvrir de véritable perspective."

Inclure les pays frontaliers

L'annonce de la création d'un nouveau partenariat contre le terrorisme au Sahel réconforte ainsi les habitants dans les zones touchés par le djihadisme. Kalil Touré, le maire de Diré à 100 km de Tombouctou au centre du Mali, estime que la lutte ne doit pas être seulement militaire :

"Si l'on arrive à élargir (le G5) aux autres pays frontaliers qui n'en font pas partie, ça va être une bonne chose. Cela va empêcher que les djihadistes se replient dans ces pays-là. Ce qui accentue le problème de l'insécurité est la pauvreté et l'injustice. Ce n'est pas simplement un problème militaire. Le problème militaire représente peut-être 25%."

Pour Nouhoum Keita et Kalil Touré, le choix des nouveaux pays membres de la coalition doit tenir compte du fait que le terrorisme à une dimension transfrontalière. En saluant l'appel de Biarritz, les deux hommes proposent que la bataille soit structurée en intégrant l'Algérie, le Maroc, et la Tunisie. Pour eux, aucun pays du Sahel n'est épargné par le terrorisme.

L'ONG Oxfam soutient également que cette crise sécuritaire prend racine dans les inégalités et le sentiment d'injustice profondément ancré, en particulier chez les jeunes. Elle appelle ainsi à agir sur ce point-là. Seulement 1% de l'aide publique au développement des pays du G7 va au Sahel selon Oxfam. Plus d'argent dans la lutte contre la pauvreté et les injustices que dans les actions militaires pourrait alors faire reculer plus vite le terrorisme au Sahel.

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